VOYAGE VAGABONDAGE Jasmine ZEMOULI
PREAMBULE Les récits ou histoires rapportés sont souvent le fait direct d’une réaction à chaud, relatant une situation qui a provoqué un émoi, une contraction du cœur. Lorsque le cœur réagit, l’âme le suit, revêt son manteau noir et pleure. Cette combinaison de sensations fait naître une vision. L’expression voit le jour sans maquillage ni embellie, sous forme d’écrits, des propos jetés sur du papier. Un être sensible est un poète qui peint avec des mots. Il ne s’agit pas d’embellir, d’y mettre de la couleur ni d’effacer la noirceur d’une situation, mais de relater les faits tels qu’ils ont été reçus, perçus, vus ou ressentis. Ces diverses images projetées sont le reflet de ce que l’âme et le cœur ont partagé à un moment précis. Tout est authentique. Il n’y a pas de rêve où l’imagination joue un rôle, ni de mise en scène créée pour faire rêver. La réalité est le fruit reçu, une gifle, un réveil. La sincérité est le moteur de chaque histoire. Lorsque l’âme pleure, le corps en souffrance se tord, se meurt de douleur. Un nettoyage est nécessaire, faire peau neuve en évacuant toute la laideur, débarrasser l’âme de sa noirceur. A présent, je vous invite dans la galerie où les tableaux dépeints représentent des situations de conjonctures diverses… Des idées tracées sur le papier, telles qu’elles ont été perçues, reçues. Des pensées crues, nues. A vous, mes amis … Bonne lecture… Jasmine ZEMOULI
La MER Le bleu limite l’horizon de la mer, Invite au respect, déforme sa couleur. Ses rumeurs excentriques, extatiques, Son bouillonnement constant, court ou long, Le va-et-vient incessant de ses vagues, Cette activité symbolique, pacifique, Rend à la mer sa force magique, unique. Souvent, pour accomplir ses désirs, se définir, Sans prévenir, elle se retire pour s’endormir Dans les abysses, aux profondeurs de son âme. Lorsqu’elle s’éveille, sort de son repos, de sa torpeur, Sous ses formes onduleuses, elle ondoie ; Les baisers de vagues incessantes qu’elle envoie, Ses flots intrépides écument, ruminent, lucides, Se brisent contre les récifs, résistants et solides. Les algues vertes, des profondeurs ramenées, Forment un tapis de verdure poisseuse, engluée. Ce magma de rejets confère sa grandeur. Lorsque bien calme et non boudeuse, Elle est sensuelle, elle est majestueuse. Lorsqu’amoureuse, elle épouse le soleil, rêveuse. Le vent, son flirt, son amant, toujours là, présent. Elle nourrit, elle lave, cette mer bien brave. Elle fait aussi le bonheur des pêcheurs en offrant, Sous diverses formes et grandeurs, des poissons.1
La lune s’invite aussi, quelques soirées par mois, Allume ses lanternes, rehausse son émoi. La mer, toujours belle, rebelle, sempiternelle, Pour notre allégresse, notre joie, Et pour les milliers d’années à venir, nous survivra.2
Le CORMORAN Ses ailes caressent La mer azur bleutée, Surfant sur les vagues et Leurs écumes dorées. Le cormoran, œil d’aigle, Cherchant une proie. Lorsqu’enfin détectée, Un claquement de bec, Cris d’allégresse, ivresse, Planifie son repas en vision. Ajustant son plongeon, Il se rassure, se déploie. D’un geste rapide, Agile et convulsif, Attrape sa victime promptement, S’envole presque immédiatement. Dans les airs, disparaît, Sa proie en son bec, Prisonnière, se tortillant, Un dîner certain, alléchant. Lorsqu’enfin le ventre, Bien plein, il revient, Esquisse des danses, Prouesses en série. Des envolées, des rondes, Des cercles à l’infini. Le cormoran heureux, Son ventre bien gros, Sa mission accomplie.3
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LOINTAIN Un cri lointain Réveille le marin. Appel au secours Ou joie de l’amour ? Orque ou baleine ? Strident, cri perçant. Le marin se lève, titube, Sommeil rempli de vin, Pensées crispées, Âme de noir habillée. Les yeux grands ouverts Scrutent le sombre décor. Dehors, la baleine se répand. Un plouf, bruit puissant, Secoue la fragile embarcation. Inquiet, le marin L’inévitable s’inscrit Par le choc produit. La baleine montre ses dents, Nargue le marin impuissant. L’exaspération grandissante se ressent. « Ah, si j’étais un géant ! » S’écrie-t-il, plein de ressentiment. « Je lui tordrais le cou, La découperais par petits bouts, Exhiberais ses restes, puis Les jetterais aux quatre vents ! » Réminiscence d’un rêve lointain D’enfant que fit le marin… Quelques décennies auparavant.5
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VOYAGE, PAQUEBOT Seule, songeuse, debout face à la mer, Mon esprit excédé énumère ses chimères, Médite, louvoie avec ses pensées amères. Privilège, une ivresse en moi s’engage, Des idées latentes, exotiques, de voyage. Ce calme silence réveille ma démence. Emportée dans le ventre de ce paquebot, Mon destin, scénario, se joue sur l’eau en solo. L’esprit trempe sa plume dans la mer bleue, Écrire une page du voyage, de son histoire. Banale idée péremptoire ou désespoir ? Doucement, affrontant les rouleaux, Le bateau, docile, sa coque fendant les flots, Ses balancements, ses mouvements ajustés, Épousent le bruit cadencé de son avancée, Berçant mes rêves excentriques, démesurés. Mon esprit, fécond d’ennui, s’habille à nouveau, Un calme intense habite mon âme aussitôt. Sur ce tapis bleu immense de la mer, Le bateau avance, laissant derrière Une cascade argentée de desseins perlés. Je rêve d’explorer les abysses profondes, Découvrir de la mer ses richesses fécondes, M’immiscer dans ses recoins les plus intimes, Épouser sa grandeur et explorer ses abîmes, Me lover entre les nageoires d’un dauphin, Dormir paisible sur le dos d’une baleine, Voyager incognito, seule, heureuse sirène.7
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ERRANCE VAGABONDE Le périple de cette Errance vagabonde, Libère mes pensées Profondément ancrées. Perspective, au soir, De mon âme désorientée. Je rêve de visiter Des pays lointains, Découvrir des Paysages levantins, Plonger dans des grottes Aquatiques, marines, M’immiscer dans le mystère De la nature et ses origines. Mes futures évasions ? Projets en rêves, visions A concrétiser… ultérieurement.9
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SAC A DOS, BALUCHON Prélude d’un départ imminent Vacances, liberté, errances, Dans ce sombre pays du Nord où Le froid habille tout le décor. Le soleil… le rêve d’une trêve. Ce long train qui me transporte Régénère mes idées mortes. Il avance, à la même cadence, Siffle, stoppe dans des gares avec aisance. Certains taciturnes, d’autres bavards, Les gens montent et descendent, Souriants ou grincheux, sans égard, Arborant un triste teint blafard. Le soleil décroît lentement, en silence, Une paisible nuit de repos s’annonce. A chaque étape, je fais le point du jour, De mes randonnées je pose les contours. Mon sac à dos, prêt, à portée de la main, Ni trop léger ni trop lourd, mais bien plein. Tout est soigneusement programmé, Nager dans la mer bleue, prendre des photos, Visiter certains lieux historiques ou prestigieux. J’évite de penser au retour, à la vie morne de routine. Pourtant, dans quelques jours, « l’heure ultime » Des vacances, cette errance achevée, Je rangerai mon sac et enfilerai mon costume.11
En rêve, je vois les prochaines échappées, J’énumère les détails de mes futures épopées. L’an prochain, c’est certain, J’irai encore plus loin…12
La ROUTE des VACANCES Il est des voyages que l’on n’oublie jamais, Un enchaînement de circonstances, Une rencontre, le début d’une romance. Tout commence par un sac à dos, Rempli du nécessaire et, aussitôt, Au bord de la route un matin, le pouce levé, La direction vers la mer, le soleil, l’été, Souvent un endroit où il ne pleut jamais. Les villes traversées revêtent la nouveauté. Dans ce sac, plein à craquer, Tout est minutieusement rangé, L’espace bien calculé, Chaque objet à sa place, étiqueté. La joie et la gaieté imposent leur loi, Tout photographier comme il se doit. Au gré des rencontres fortuites, L’histoire se construit ou s’invite. Intéressante traversée, j’écoute, on raconte, Toujours prête à partager une anecdote, Une parcelle de vie enfouie, oubliée. Fin de journée, je me sens fatiguée D’avoir tant marché, mais heureuse De toute cette audacieuse virée. Je salive en pensant au dîner copieux, Précieux moments, presque religieux. Les soirées, je les passe à préparer Les détails de ma prochaine journée.13
L’air pur matinal réveille ma fringale, D’abord me restaurer, soif et faim estomper, Puis reprendre le chemin des routes goudronnées. Il n’y a ni limite ni endroit spécifique. Parfois, la nature généreuse m’invite, je médite. L’approche de la fin des vacances s’annonce. De la vie, la réalité dénonce ce bonheur de courte durée. Pour tout cadeau de retour, des images engrangées, Dans mon cerveau classées, par étape, par randonnée. Je les ressortirai, si besoin est, lorsque la solitude me gagne, Ou lorsque la déprime, pesante, s’invite dans mes soirées.14
SOUS un SOLEIL ARDENT Je marche, progresse dans des lieux enchantés, Splendides, mes nuitées sous le dais du ciel étoilé. Sur ma couche allongée, je revois la journée, Du vent je reçois son souffle apaisant. L’absence d’idées nourrit ce silence. Le chant d’un oiseau, le cri d’un corbeau, Remettent mes idées en place illico. Le ciel et sa myriade d’étoiles enjouées, La lune et ses clins d’œil éloignés, Farandole d’un bonheur consommé. Les journées sous ce soleil torride, Ces plongées dans la mer bleutée… Fin des vacances, tristesse assurée. La joie et son symbole engrangés, Référencés en images, en photos, Archivés dans un coin de mon cerveau. Je ressortirai tout cela si besoin est, Les soirs de pluie ou de bourrasque, lorsque L’anxiété se joue de mon âme fantasque. Ces images seront la bouée, Projetées à l’instantané, et La joie des vacances passées « renaît ». Le sac à dos vide et en latence Attend une nouvelle partance, Une direction vers d’autres errances.15
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SAINT-MALO, VILLE des CORSAIRES Il y a tant de choses à décrire sur la noblesse, Et la richesse de cette ville malouine, déesse. Devenue mon terrain de jeu, ma plage, mon jardin, De ma vie l’enjeu quotidien, du moral un soutien. Saint-Malo, terre des grands marins, cité corsaire, pas ordinaire. Les remparts ceinturent ta cité, la protégeant des loups, des jaloux, Des vandales et de tous ceux qui veulent un morceau de ton étal capital. Les grandes figures historiques qui t’ont défendue ont laissé Leur nom gravé sur tes portiques, juste pour rappeler L’histoire que leur vie de marins gardiens a scellé au tien. Leurs noms claquent au vent comme un fanion, René Duguay-Trouin, Surcouf, ainsi que Jacques Cartier, Plus une longue liste de noms prestigieux, étonnants. Saint-Malo, je vis au rythme de tes vagues, de tes marées. Des frissons me parcourent chaque fois que de toi éloignée. Un dialogue entre nous s’instaure, deux âmes en parfait accord. J’écoute les lamentations de tes vagues, les soirs d’hiver où tu divagues. Le tonnerre, les éclairs, tes vagues géantes pendant l’orage, Tes marées, tes mille facettes agrémentées, rehaussent ta beauté.17
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SAINT-MALO Ne touche à aucune pierre de la ville dont on est fier. De sa mer émeraude, ce spectacle envahissant, changeant Selon le temps, les saisons, dessinées par les vagues… L’air doux, le ciel lumineux des matinées ensoleillées. Les bateaux amarrés au port, son visage, son décor, Les plages mouillées, les coquillages laissés après la marée, L’air frais et sain du matin, porteur d’oxygène marin. Attentive à l’écoute des choses, le ballet des goélands. La tour Solidor, toujours debout, veille sur le port. Je revois l’histoire des sirènes qui ont séduit les marins, Leurs appels, leurs chants, leurs rires cristalins, Le plaisir, faire échouer leurs bateaux dans un coin.19
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La BRETAGNE La Bretagne m’a adopté Hasard ou fin d’un chemin, D’une destinée. Il y a tellement de choses à décrire Sur l’âme, la richesse De la Bretagne. Ses origines celtiques Et ses menhirs, Ses multiples facettes arborées. La mer, les bateaux, Le temps changeant, ses forêts, Ses divers secrets enfouis… Ses mille facettes, Sa dédicace prend place Devant notre amour sagace Et le quotidien de nos face-à-face.21
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La FORÊT BRETONNE Au gré des parcours menés aux alentours, Je pénètre au centre, au cœur même de la forêt. Le ciel paraît loin, caché par les cimes des arbres. Les branches entrelacées forment un parasol enchâssé, Protégeant les allées, ces chemins intérieurs. J’entends un murmure incompréhensible, Sifflant à mes oreilles, un message paisible. Certains matins, la terre encore humide Efface mes exotiques pensées stupides. Quel que soit mon chemin de randonnée, Dinard, La Richardais, passagère Quelmer, la cité d’Aleph, Lancieux, Taden, Saint-Cast ou Saint-Jouan-les-Guérets, Cette forêt magique me transmet ses secrets. Mon esprit perçoit une musique divinement susurrée. Les saisons, printemps, été, automne, hiver se succèdent Dans l’ordre naturel, simple cycle solaire, monotone. Cette solitude incontestable n’altère rien de sa beauté indéniable. Le retour spontané de chaque saison habille les arbres De diverses façons, vert clair au printemps, vert jaune foncé en été, Orange et or à l’automne, l’hiver, les branches dénudées. La forêt, dans son originelle beauté, vêtue de sensualité, Une vision d’amour, de paix embrasse mon âme en entier. Mon attachement, à jamais ancré à cette forêt, Quel que soit le jour ou l’endroit de mes randonnées.23
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BALLADE en FORÊT J’avance les yeux grand ouverts. Parfois, je bute sur les ronces, Je m’égare dans les écarts, les sous-bois. Quelques branches me griffent la peau, Les dangers de la nature, ces blessures, Ces incidents pernicieux, parfois dangereux, A éviter si l’on ouvre mieux ses yeux. Je voudrais rester là, dans cette forêt, Avec les arbres, communier, dialoguer. Derrière chaque branche, un son étrange, La forêt murmure, impose sa loi. Tout s’inscrit en pensées, sans mot dicté. Elle me rassure, en prose elle me susurre. Des idées infiltrent mon cerveau, s’imposent, Chassent, classent mes vieilles émotions. Le cerveau plein d’énergie, fortifié, heureux, s’épanouit. A chaque visite, je repars ragaillardi, De l’intérieur affirmé, solidement consolidé. Pas besoin d’aller voir un psy… La forêt est là pour faire renaître l’envie de la vie. Ma forêt bien-aimée, Notre lien à l’infini inscrit.25
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TEMPETE en FORÊT (Bretonne) Lorsque le vent en tempête se lève, La forêt tourmentée gémit de rage. Sa mélancolie finit juste après l’orage. Elle pleure, toutes ses branches cassées. Dans le sous-bois humide, embrumé, Les arbres, toujours debout et vaillants, Forment une famille à l’unisson Contre cette bourrasque qu’est l’orage, Ce tourbillon envahissant, menaçant. Le vent s’époumone, hurlant férocement. Résiliente, impassible, la forêt se maintient, Arborant un visage paisible et serein, Révélant son caractère unique, Sa fière hérédité celtique, authentique. La sève paisible, dans ses veines circule, La ragaillardit, la nourrit, donne force à sa survie. Lorsqu’enfin l’orage dompte ses ardeurs infinies, Le calme naturellement revient, sursoit démuni. Le piaillement des oiseaux alentours Accentue cette intense mélancolie du jour. Mon âme apaisée demeure à jamais connectée A cette mystérieuse celtique forêt …27
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Un SOIR d’ORAGE La tempête se prépare à entrer Dans mon jardin, illico. L’effroi me fait froid dans le dos, De peur je me raidis aussitôt. La nature en fureur laisse Éclater sa rage, sa colère. Le ciel s’est assombri subitement, Annonçant ce dangereux événement. L’apocalypse arrive, me dis-je, Ne pouvant rien, juste témoin De cette furie toute surnaturelle, Accompagnée de pluie diluvienne. Le vent, rageant, tourbillonnant, Ce vertige me donne des frissons…29
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ORAGE & TEMPÊTE En ce matin de novembre, un bruit assourdissant Me tire d’un sommeil douillet et apaisant. Par la fenêtre, je vois les arbres se tordre de douleur, Malmenés par un vent violent, hurlant de terreur. Je vois la nature sauvagement se transformer, En démon tout ébouriffé, yeux exorbité, donnant de la voix, Au-dessus des toits, des maisons, des montagnes, Recomposant l’image paisible d’un village somnolent. Le tonnerre gronde, d’abord faiblement, puis rageusement. Une fine zébrure apparaît, signalant un orage grandissant, Sinistre zigzag vibrant de couleurs, Objet létal de destruction annonciateur. Les tuiles, les volets, emportés, une avalanche de débris Envahit les rues, les chemins, les allées, tout est encombré. Une inquiétude grandissante amplifiée, s’empare de moi Et si ma maison partait, emportée par le vent, avec moi dedans ? Ces éléments déchaînés annoncent un chaos Par la nature elle-même organisé. D’un revers de main, l’univers redessine les contours, les recoins. La puissance des éléments, cette force de la nature, Démontre sa capacité à tout anéantir en un instant. Mes idées remises en place immédiatement me rappellent Que l’homme est tout petit face à la nature en furie. Il n’est rien qu’une infime particule de l’univers, Habitée par une âme de géant, incapable de rivaliser Avec Dieu et ses divinités au commandement.31
Devant cette grandiose démonstration, je m’incline humblement, Rendant hommage à la grandeur et à la splendeur universelle Du cosmos ou simplement de Dieu, Lui, le Créateur, assurément.32
Le CHÂTEAU FORT du TAUREAU Au centre de ce spectacle envahissant, Semble flotter sur un tapis bleu océan, Posé au milieu, sur un rocher, de la mer immergeant. Le Château du Taureau, majestueux, s’étale, se répand. Entre la mer et le ciel, presqu’artificiellement posé, Le silence est de mise dans l’enceinte de cette remise. Le piaillement des cormorans, seule musique unique, Emboîte le pas à cette vision magique, utopique. Sur les flancs du château viennent s’émousser les vagues, Alternant, brossant la roche de leurs organiques algues. Successivement déposant, déversant une écume blanche, De dentelle, artistiquement sur la roche déposée. Pénétrant, s’engouffrant lentement par les fentes, Cette bouche ouverte, béante, qu’offrent les rochers. Au loin, quelques navires naviguent toutes voiles dehors, Glissant sur l’eau en silence, sans altérer le décor. Ce spectacle enivrant voyage au gré du temps. Ce murmure incompréhensible louvoie fidèlement. Le soleil sur la mer flotte, des formes émergent, De desseins projetés, mystérieuses figures baroques. Moi, le Château du Taureau, son histoire notoire, D’édifice protecteur de la ville de Morlaix. Érigé en défense contre l’ennemi anglais, Des siècles passés, il garde sa renommée. Mes pieds sur la roche, solidement ancrés, Pour des générations à venir, il sert de souvenir.33
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Les NUITES du CHÂTEAU Moi, le Château du Taureau, je vis au rythme Des saisons, été comme hiver et printemps. Quel que soit le soleil, la pluie ou le vent, Bercé par leurs rires ou sanglots ensorcelants. Je m’endors chaque soir presque heureux, Oublieux des longues et ténébreuses veillées, Où chaque souffle d’air iodé, poisseux, S’incruste, se colle sur ma roche, ma peau. Ma vieille roche, de symboles de la mer tatouée, Ajoute une touche poétique A ma durée de vie historique. Le rythme des saisons, des orages, Des tempêtes, de la pluie ou du vent. Souffle d’air froid ou chaud, Je m’ajuste aux éléments, au renouveau. J’écoute le printemps, l’été me ragaillardit, J’épouse les hivers froids et grisonnants. Le soleil m’enivre, me fortifie, Redonne la vie à mes racines endormies. Dans mes rêves, chaque nuit, Je me vois, moi, l’éternel gardien, La sentinelle qui veille assurément Au bon sommeil des Morlaisiens. Je suis aussi le phare qui guide Le retour des bateaux Au port, destination finale Des marins en escale, territoriale.35
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PRISONNIER du CHÂTEAU Je viens d’arriver, mains et pieds liés, Dans le château fort du Taureau, Déguisé, des vêtements empruntés. Mes habits, mes brodequins, Ici ne me servent à rien, Dans la remise du gardien. Dans cette étrange misère, Je fouille les abîmes de mes pensées, Et médite sur mes erreurs du passé. Il me faut beaucoup de courage, Pour réprimer, étouffer ma rage, Et dompter cet esprit morose. Périr sur un champ de bataille Vaut mieux que d’être enfermé, Enchaîné dans le ventre de ces murailles. Je veux revoir la terre de mes parents, Quitter ce château humide, Où se trame mon destin sordide. Marcher dans la forêt de Brocéliande, Rêver des heures de gloire Du roi Arthur et des Chevaliers de la Table ronde. Est-ce que le dernier chapitre de ma vie, A l’encre rouge, dans les registres s’inscrit ? Ou est-ce la fin d’une existence finie ?37
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L’ALGÉRIE Pays des braves, d’intrépides guerriers, Ton histoire impressionne le monde entier. Ton nom claque comme une rafale au vent. Tes martyrs, par milliers, sont tombés Pour avoir défendu leur droit, leur dignité. Ces hommes et ces femmes se sont levés Face à un ennemi fort et redouté. La peur au ventre, d’un pied ferme ils ont avancé. C’est au prix du sang qui a coulé Que tu existes, ô Algérie, ta liberté gagnée. La qualité motrice de l’esprit de tes enfants, filles et fils, L’insurrection de l’esprit algérien, l’orgueil d’une race, Peuple entier aux racines tissées mais coriaces, Arabes, Berbères, main dans la main, frères, Défiant l’équivoque et l’horreur de la guerre. Plébisciter ton peuple, redéfinir ta narration, Ne craignant ni le mauvais sort ni la misère. Immense était ta souffrance, ô peuple algérien : Les massacres de Sétif, de Guelma, de Kherrata, Le sang versé pour la patrie, plusieurs dynasties, Marquées à jamais par ces combats acharnés. Les complotistes, OAS et harkis réunis, hardis, Des nuits bain de sang, marquées par la terreur, Années folles, maudites, guerre empreinte de douleur. Souffrance et silence du pouvoir et son insolence. La renaissance exige une destruction, une élimination, Puis, de nouveau, la vie se crée, renaît, Lentement grandit.39
Les contours de ta nation redéfinis, L’esprit de ta patrie affermi. Les grandes nations envient ta détermination, ton acquis, Convoitent tes secrets d’un regard fallacieux de stratégie. A genoux tu les as soumis, au génie de ton énergie. Sous ton ciel azur, paysages, verdure, climat idyllique… La mer Méditerranée et ses reflets atypiques. Grandis, vis, Algérie, et montre au monde ton embellie, Arborant le visage fier et rayonnant de ton peuple, Artisans, partisans des fondations de ta nation.40
ALGÉRIE (La haine) La haine d’une nation est dans l’air. Les hallucinés dressent le bilan De leurs méfaits, de leurs erreurs, De colonisateurs, gouverneurs, dictateurs. Cent trente années de colonisation, d’idéologie, Cloisonnement racial, force d’un arbitraire colonial. De manœuvres en prouesses déguisées, Se nourrissant de ressentiments et de regrets, Masquant toutes les abominations du passé Contre un peuple qu’ils voulaient assujetti Et qui s’est relevé comme par magie, grandi. Des mots interdits s’effacent sans bruit. Sept années de guerre, de souffrance, de misère. La liberté brise les chaînes de la haine quotidienne. Érigé en rempart, bouclier, le pouvoir d’un espoir, Puissante volonté d’exister, libre et déterminée. Des milliers de plans échafaudés sont nés Pour se reconstruire, rebâtir ce qui fut détruit, anéanti. De sa mémoire, on sculpte, on extrait son histoire. Des chaînes brisées, une trajectoire tracée est née. L’Algérie tisse le blason de sa victoire, Brise du passé le portefaix de son désespoir.41
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Les ENFANTS de GAZA Serait-ce parce qu’ils sont nés du mauvais côté, Que ces enfants de liberté privée vont grandir, Mouvements restreints, contraints, au risque de périr. Déjà dans le ventre de leur mère, le comble de leur misère, La musique au quotidien, le bruit des bombes qui tombent, Le claquement de fusils, au son des voix de l’ennemi, Jusqu’au pied de la couche qui leur sert de lit. Qu’ont-ils de si différent, comparés à d’autres enfants, Pour qu’ils soient classés criminels avant même en naissant ? Bébés assassins, bébés chagrins, bébés sans lendemain. Occasionnellement, ils arborent un sourire aux couleurs de la joie, Infimes moments de bonheur où ils écartent la peur, quelquefois. Leurs jouets ? Fabrication maison, créés par leurs parents, Juste pour donner l’illusion, détourner leurs attentions, Du bruit incessant des avions, porteurs de danger imminent. Ils sont accrochés à cette terre-mère et de cela sont très fiers, On veut les déposséder du peu de choses que Dieu leur a données. Ils ont accepté leur sort de parias durant des années. Avaient-ils réellement le choix d’être nés en cet endroit ? Palestiniens, entre quelques kilomètres carrés, prisonniers, Avant même d’avoir prononcé le mot « MAMAN », Ces enfants n’ont jamais dormi dans un vrai lit douillet, Un matelas moelleux entre des draps doux, fraîchement lavés.43
Leur maison ? Une toile-tente, ni fenêtre, ni volet, ni toit étanche, Rien pour les séparer des bombes qui tombent en avalanche. Le Père Noël n’a jamais visité cette cité à ciel ouvert-prison, Où vivent deux millions de Palestiniens, sous pression et perfusion. Comment exister, s’inventer un futur à venir ? Vision ou dérision ? Survivre au lendemain, un défi quotidien, sans élan de reddition. Voici l’image à retenir de la vie d’un enfant de GAZA Vivant aujourd’hui, prêt à mourir demain, pour un futur incertain.44
JIHADISTES Une vie factice de l’avenir, aucun indice de repentance, ni de justice. Les flaques de sang vivaces montrent des traces qui jamais ne s’effacent. Du dernier tué à coups de baïonnette, ou snippé à son tour, carcasse. Enfants de Gaza, enfants condamnés à subir ou à mourir. Dès la naissance, ils passent à l’âge mûr sans transition. Sans protection ni armure de l’enfance, d’enfant à homme, La rude vie les instruit, leur endurance doucement se construit. Hommes avant l’âge, dès la naissance, pris en otage. A force d’obliger un enfant à subir, la haine en lui ne fait que grandir. Un seul mot s’inscrit dans ses gènes, un désir, un cri fort, «Vengeance». Hue à l’outrance et à l’ennemi qui vous réduit au silence. Laver le sang des martyrs est inscrit au calendrier à venir. La faim, la soif, les privations, les brimades, l’injustice Contraignent à la rébellion, projection d’un avenir sans horizon. Combattants coriaces, imprimés dans la génétique de leur race. Gravée dans leur esprit, cette dédicace vivace prend place. Tel est leur sort, leur passeport de futurs terroristes. Façonnés propagandistes, un jour deviendront «JIHADISTES». Ont-ils vraiment le pouvoir du défi ? Ils n’ont pas choisi cette vie ! Ils commettent des attentats dès qu’adultes et en état. Pour les enfants de Gaza, vivre, grandir ou mourir. Une détermination, affronter la mort en face, en martyrs. Leur déshumanisation est le portefaix de leur nation. Leur choix, leur destin se jouent ici, aujourd’hui ou demain. Contraints, debout, survivants, luttant contre la soif et la faim, Leur résilience en dit long sur leur caractère de champions. Guerriers jihadistes, défenseurs d’une nation, «soldats-enfants».45
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Palestiniens " PEUPLE DE GAZA " Je ne peux plus fermer les yeux, détourner mon regard Sur l’horreur que vit un peuple dans une prison à ciel ouvert. Assoiffés, affamés, massacrés, peuple de Palestine, de dignité habillés. Le bruit incessant des bombes, la détresse quotidienne causée. Il n’y a aucun endroit où se cacher ; ils sont un nombre aujourd’hui, Demain réduit, tel est leur sort quotidien, pour être nés Palestiniens. Ils pleurent en abondance, espèrent un écho à leur souffrance. Enterrent leurs morts sans trop de soin ; demain, c’est certain, Encore plus suivront la détresse habille leur quotidien. Les nations détournent leurs yeux, contre richesses ou contrats juteux, Débitant de longs discours qui nous assourdissent chaque jour. Tant d’audace, de hardiesse, sous un amas de fausses promesses… Les barbares ne peuvent plus jouer aux victimes à longueur d’année. À la lumière, leurs intentions confirmées : « génocidaires patentés ». Leurs crimes mis à nu, sous une lumière crue, plus rien à occulter. Le monde observateur comptabilise, accusateur, un doigt pointé Vers le sionisme, créateur de ce désarroi humain. Ce génocide s’inscrit Au nombre de vies en sursis, de morts sous les décombres ensevelis. Comment peut-on être si démuni, dépourvu d’humanité, Pour priver femmes et enfants de nourriture, de soins, de charité ? Comment exister lorsque l’ennemi a décidé de vous annihiler, D’effacer votre existence de cette terre, de vous exterminer ? La Palestine, terre d’Abraham, berceau de l’humanité, Devenue un champ de bataille incidemment provoqué Un chaos organisé sous couvert d’un édit hébraïque non vérifié.47
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Gazaouis " PEUPLE en SOUFFRANCE " Quel avenir pour tous ces gens dont la loi est née de leur foi ? Ils brandissent un drapeau flottant au vent, tout taché de sang. Ils bravent l’ennemi avec courage, leur foi en Allah les engage. Mais le doute vient s’implanter, lorsque tout ne fait qu’empirer. Leur quotidien ? Un cauchemar certain, une existence sans lendemain. Qu’ont-ils fait de si infâme pour que le monde les condamne ? Portant leur foi en porte-drapeau, ils prient chaque jour le Très-Haut. Le malheur d’être né Palestinien, revanchard et coriace. Dans leur génétique, une éthique de guerrier authentique. Peuple oppressé mais courageux, ils se défendent au prix De leur vie, pour leur liberté, par des actes souvent audacieux. Que font tous ces dirigeants alentours, qui lâchent de temps à autre Un bon discours, pour endormir, anesthésier la population ? Ces infâmes barbares tuent leurs animaux, leurs troupeaux, Brûlent des oliviers centenaires, et de ces méfaits sont très fiers. Convaincus d’être le peuple élu, terre promise en cadeau reçue. Infâmes barbares de cruauté, devenus les maîtres, lâches, pleutres. Tuer femmes et enfants, plus facile qu’affronter l’ennemi en combattant ? Leur spécialité : éliminer, assassiner tout ce qui peut les gêner. Un jour, la vérité jaillira, aveuglera tous ceux qui ont fermé œil et oreille, Tous ceux que les bombes qui tombent ont rempli de joie, Tous ceux restés aveugles et sourds à la détresse d’une nation. Des voix qui chaque jour hurlent, pleurent, se noient dans le pourquoi. Le désespoir d’une maman ne pouvant plus nourrir son enfant, Serrant dans ses bras un autre, déjà mort de soif et de faim.49
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Le VERTIGE Le vertige… une dose d’adrénaline en soi. Un mélange complexe de crainte et de joie, Annihilant, masquant toute peur intérieure. Je dévalais, en skis, une piste noire sans le savoir. La vitesse, les slaloms, cette liberté arborée, Larges mouvements ajustés, synchronisés. L’on se sent fort, dans la maîtrise de son corps. La piste prend fin, le remonte-pente enfin. Soudain, les contours du ravin me font face, Une chute abrupte qui n’en finit pas hélas. La peur m’a investie immédiatement, Le stress intérieur s’est érigé en barrière. La joie éprouvée s’est vite envolée. La crainte de tomber dans ce ravin, L’idée de mourir m’a fait réfléchir. Question? … tourment ou confusion… Après un chocolat chaud et un peu de repos, Je redescendis la piste de nouveau. Chaque courbe est abordée avec appréhension, Une peur grandissante, crispant mes mouvements. Les yeux rivés sur le ravin, cet espace, ce vide, Habitée par des idées sombres, sordides. Aux premiers virages, mon corps a assuré. L’inévitable arriva plus loin : une chute subite. Perdu la flexibilité, muscles soudain contractés, Le corps décréta, signa le refus d’aller plus loin.51
Je suis tombée de tout mon corps comme un âne mort. Un coup de genou sous le menton signifia l’accident. Des gouttes de sang, perles rouges sur du blanc. Les spasmes de la peur, le vertige de la douleur, La paralysie immédiate a investi mon corps endolori. L’aisance affirmée, la joyeuse liberté démontrée, Le tout déconstruit par la peur qui a tout détruit. Reste posée la question de ces deux vertiges-sensations : Lequel des deux est le plus signifiant ? La peur ou la joie ?52
Le JEU de TAROT Le tarot, parent pauvre du Bridge et du Poker Un jeu très intéressant, bien que populaire, Cependant assez cérébral, pas une jouerie banale. Des annonces, des enchères, avec peu de mystère, L’alchimie de ce jeu thérapeutique est unique. Une technique de main de fer pour résister et gagner, D’abord démontrer sa supériorité de mémoire et d’analyse, Face à une défense de trois gars, prêts à disputer le bout de gras. Ces trois voraces d’en face feront tout Pour vous voir nager dans la mélasse. Faire chuter le preneur, c’est leur dédicace, leur affaire. Tout est dans le comptage des atouts et des cartes maîtresses. Relever le défi, c’est démontrer sa force tranquille, Avec un jeu réfléchi et subtil. Si la poignée a été vue, mieux vaut miser sur les plus-values. Tout est une question de caractère, fonceur, tapageur, Ou prudent, tout en douceur, un refoulé mais gagneur ! Orchestrer, programmer son esprit pour gagner les parties. Initiative ou liberté, les cartes suivent un tracé bien défini. Compter les atouts tombés, les cartes maîtresses masquées, Un mental de fer est nécessaire pour être un bon joueur. Savoir quelle carte poser pour appâter ou tromper la rivalité. Au final, un beau score garanti si toutes les chances sont réunies. Préserver le petit, le mener jusqu’à la sortie, encore un autre défi, Malgré les pièges tendus par des adversaires tenaces, Dont le seul objectif est de vous voir dans l’impasse. Bien garder en main ses cartes maîtresses, faire fi de sa détresse.53
Beau score garanti, si la stratégie et le calme investi sont établis. La hardiesse ou la faiblesse sont exclues, il faut un esprit pointu, De la rigueur, de la retenue, une sagesse soutenue, du moral une vertu. Tricher est proscrit dans la charte du joueur de tarot et de son académie.54
Le JOUEUR de TAROT - MATADOR Le joueur de tarot vit ses parties de jeu tel un toréador, matador. Tout est méthodiquement calculé, organisé, conditionné. 18 cartes, 18 plis, aborder la partie selon le contrat choisi. Utiliser son expérience pour affaiblir et contrer la défense. Bien sûr, il y a le chien, bien garni ou mesquin 6 cartes, avec des atouts et des honneurs, que du bonheur ! Un chien blanc ? Pas de points, le preneur est sur les dents. Montrer sa poignée, c’est mystifier l’assemblée. L’enchère prolifère, ces atouts exhibés ne sont plus un mystère. Les trois bouts réunis, le jeu se renforce, le preneur bombe le torse. Le contrat d’une prise, quelques risques calculés avec maîtrise. Une garde réussie ? Rois, dames, un mariage, deux bouts et huit atouts, Et la victoire s’annonce bel et bien au rendez-vous. Annoncer une garde sans ? Un risque élevé, avantage ou sanction ? Car le chien dormira sous le tapis jusqu’à la fin de la partie. Et lorsqu’enfin dévoilé, la surprise ? Quelques points, ou rien. Ah, la garde contre ! Relever le défi, un gros risque, une gageure. Beau score garanti, si le jeu est bien construit, le pari est acquis. Le chelem, le Graal, le rêve de tous les joueurs avertis Aucun pli n’ira dans le camp adverse, c’était déjà défini. Prendre leurs rois de carreau, trèfle, pique et cœur, Les dames timides aussi finiront entre les mains du preneur. Avec ruse, envoyer l’excuse pour protéger une dame ou un roi, Menacés d’aller grossir le butin de la défense qui est en souffrance. Tous les coups sont permis pour gagner la partie, c’est le défi promis. User les cavaliers et valets pour sécuriser les dernières levées. Si besoin est, aller à la chasse au petit avec force et énergie, Le cueillir avec audace, et à l’adversaire lui faire boire la tasse. Mener le petit au bout ! Un challenge et plus d’angoisse.55
Ces derniers points sont nécessaires pour assurer une sortie austère. Porter un coup puissant pour achever un adversaire agonisant. Fin de l’extraordinaire marathon, la fierté exalte le vainqueur, évidemment. Le challenge ? Réussi ! Si la partie hasardeuse est intelligemment résolue, L’heureux gagnant, l’élu, est très fier de son jeu et du résultat obtenu. Conseil à tous les joueurs de tarot, à tous les mordus Jouez avec équité, restez dignes, même dans l’adversité.56
L’AMITIE L’amitié, un cadeau chaleureux, spontané, sans vanité, Reçue en échange, sans calcul, ni de poids, ni de mesure, Une réaction, un élan intérieur, incontrôlé, instantané. Un geste fraternel, un baiser d’une tendresse amicale, Sans attendre en retour d’abyssales démonstrations, De preuves d’amour nominales, devanture - étal. Un échange de vibrations de l’âme et du cœur, Passion fraternelle empreinte de joie, de douceur, L’amitié dans tout son éclat, sa splendeur.57
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La FEMME La Femme pétulante que je décris, Est celle côtoyée chaque jour, Depuis la nuit des temps, Depuis des décennies. Attrayante, ou simplement naturelle, C’est elle, la femelle, la Déesse éternelle. D’un caractère impétueux, indomptable, De ses actes, toujours comptable. Fonceuse, fougueuse, parfois ingérable, Guidée par une force intérieure indéfinissable, Elle confronte quiconque veut la dompter, L’asservir, la briser, abattre ou contrer ses idées. Les épreuves de la vie qu’elle a traversées, Forgent sa conviction, sa force d’exister. Parfois sage, docile, douce-amère, fragile, Ou rebelle, médisante, mégère, ou cruelle. Elle s’adapte aux défis quotidiens avec entrain, Avec grâce, courage et harmonie, sans dédain. Chaque épreuve traversée l’instruit, la construit, La rend plus forte, sa carapace extérieure s’endurcit. Sans la moindre frayeur des difficultés extérieures, Ses combats intérieurs sont souvent incompris. Lorsque son regard, feu ardent, lance des flammes, Il défie tous ceux qui la jugent, la condamnent. Elle inspire, elle dérange, elle paraît étrange, Elle porte sa dignité en guise de caleçon bien ajusté. Elle mesure sa valeur aux épreuves extérieures, Son amour, sa passion, son dévouement,59
Sa force résiliente, ses profondes réflexions, Lui confèrent une sagacité de sagesse innée. Elle est l’épouse, l’amante, la mère, la sœur, Le médecin, l’arbitre, le juge, l’avocat. Elle est tout ce monde à la fois, Pour survivre et protéger les siens. Calme, silencieuse ou rageuse, le verbe haut, Elle arbore parfois un caractère lisse, sans défaut. En elle brûle le feu de la passion, de la folie, De l’insoumission, peut-être aussi de la raison. Comment décrire en un mot cet être unique, Doté d’une magnanimité idyllique Cette femelle, cette femme atypique.60
Elle, FEMME ÉTERNELLE Elle est belle, angélique, sensuelle. Ses lois, sincérité, courage, loyauté. D’un caractère calme, mais pas docile, Autour d’elle, tout paraît simple et facile. Reine de la patience et de l’endurance, Son amour-propre toujours à l’affût, Elle refuse les combats, les malentendus, Se projette dans l’avenir, sereine et détendue. D’une conviction puissante et déterminée, Elle arbore sa féminité en diadème bien ajusté. Debout, tel un phénix, sans être lombrics, Prête à répondre de ses actes avec loyauté. Sa manière d’aborder, de s’ajuster aux difficultés, Aux événements bons ou mauvais, sans sourciller, Lui confère l’image d’une guerrière intrépide, Calme, sereine, lucide, pas farouche mais solide. Elle devient furie lorsqu’elle se sent trahie, Défend ses idées avec force et acharnement, Avec passion, mais sans regain d’émotions. Elle est le rêve, le bouclier de l’homme, Qui mérite de grandir, de vieillir à ses côtés.61
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La SOLITUDE … d’un SOIR Cela devient pesant lorsque, Seule, de retour à la raison, La solitude projette son ombre chagrin, Enfouie dans l’âme et ses tréfonds. Ces mille petits riens ressuscitent Des pensées sombres, noirs desseins. Le cœur se resserre, l’angoisse, La peur du noir, désespoir d’un soir. Le besoin de l’autre, une nécessité, Asseoir ses idées, illusion retrouvée Face aux pensées intenses, réprouvées, Paroles enfouies enfin libérées, projetées. L’existence revêt un habit de fête orné Au travers de son miroir, son psyché.63
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CHEMIN de VIE La destinée, chemin de vie, Beau voyage ou parodie. On tombe, on se relève, On avance, on recommence. Périodes de vie, longues ou éphémères, Extraire de l’âme son nectar fragmenté, Épisodes de bonheur, d’indolence, ou De tristesse, de larmes, de souffrance. Les années de bonheur, de chagrin, Se mêlant, s’entrelaçant sans fin. La conscience corrige l’asymétrie, Puis vient l’âge que la sagesse présage. On revoit son parcours, mesure les détours, Arrivé au bout de son chemin, sa destinée. Un bilan édifiant, sombre ou éblouissant, Impossibilité de refaire le chemin à l’envers. Les souvenirs, miroir des images roses ou noires d’hier. On se pose et l’on attend sereinement la fin, Le dernier voyage solitaire vers le seul endroit Vers lequel on part… et d’où l’on ne revient pas.65
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L’ANGE de L’AMOUR Si l’Ange de l’Amour se pose, Sur vos épaules un jour, C’est que c’est votre tour, Vous êtes l’élu du jour. Vivez, savourez ce cadeau, Présentement tendu. Chassez la solitude, la monotonie, L’Amour, nourriture de l’âme et du corps, Le bonheur, de la vie, son meilleur support …67
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MYSTERE de l’AMOUR Lorsqu’enfin les mystères de l’amour Ouvrent grand leurs portes, sans discours, Le bouleversement est total, tout paraît irréel. L’univers magistral crée l’événement inédit, Orchestré, scellé, inscrit dans notre charte de naissance Bien avant de faire son entrée dans ce monde, la vie. Tout devient létal, la passion attisée, fatale. Le moment déjà choisi, excitation, amour, envie, Concrétiser ce qu’avant la naissance a été écrit. Une page d’amour dédiée s’ouvrira Lorsque l’autre, au bon moment, surgira. Devant ce face-à-face, la réalité prend place. Une histoire banale ou insolite s’établit, audace. L’origine, une ardente étincelle, flash allumé, Embrasant ces deux âmes, piégées, touchées. Ensemble, leur destinée peut commencer, Deux différentes entités réunies à l’instantané. Événement attendu, de longue date prévu. Dorénavant, ces deux âmes ne font qu’une… érigée. Devant cette évidence, l’amour s’incline, obéissance, Promesse d’un futur préétabli, engagement de vie garanti. Authenticité du couple uni, la page UN s’inscrit. Ainsi commence cette histoire d’amour, Pour un temps indéterminé, long ou court.69
Des moments de bonheur ou d’amertume posthume, Sauvegarder une parcelle de son âme d’enfant infime, Regarder ensemble dans la même direction, évolution. Le secret d’une longévité de l’amour au long cours, propice, Une complicité construite, de joies, de peines, solide de granit. Le ciel, l’univers, coopérateurs, confirment ces auspices, Ouvrant grand leur parasol protecteur, consolidant l’édifice.70
CLIN d’ŒIL sur l’AMOUR Je ne voulais pas tomber amoureuse, Je voulais juste une aventure heureuse. Je ne voulais pas être prisonnière, gardée, Je voulais juste me lover dans tes bras musclés. Je ne voulais pas de longs discours sur l’amour, Je voulais juste écouter ton humour glamour. Je ne voulais pas souffrir, te voir loin de moi partir, L’exil n’était pas programmé dans notre devenir. Lorsque j’ai plongé mon regard dans tes yeux de braise, Envoûtée, j’ai capitulé, t’ai aimé, folie, faiblesse, fadaise. Arrêtons tous les discours de sourds sur l’Amour, Faisons donc cette brève trêve, sans concours. S’affronter d’un air narquois, sur un terrain froid, N’est ni un jeu, ni de l’Amour un match, un tournoi.71
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ÉTOILE – DESTINÉE Observer l’étoile, banale de sa destinée, universalité unifiée. Intemporel voyage éternel de la vie à deux, des moments déterminés. Puis arrivent les adieux, moments forts de blessures et de souffrances. Demander à l’univers de recevoir l’alignement salutaire, Renaissance fondamentale de la conscience, Et de l’âme, l’insouciance. Dieu et l’univers, ce sont eux les maîtres créateurs de ce bonheur, Ils l’ont fait naître, le feront grandir, vous l’offriront, cadeau d’avenir-futur. A vous de finir d’écrire la suite, en souvenirs, Ou en futile plaisir, délire D’une vie à deux ? Ou choisir l’asile en d’autres lieux, sous d’autres cieux ? L’amour, ce médicament rare, cette potion magique bénéfique, Ce besoin vital, bien-être pour la santé physique et morale. Un conseil, mes amis, vivez cet amour, ce bonheur, pleinement, Croquez dedans à pleines dents, savourez ce cadeau énergisant, Avancez sereinement, sans vous poser trop de questions.73
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D’AMOUR et d’EAU FRAICHE A partir d’aujourd’hui, Je suivrai tes pas, c’est promis. Je t’offre mon cœur Avec mes deux mains réunies. Ce cœur qui respire et qui palpite N’est plus le mien seulement. Tu en es le propriétaire, le gardien, Le seul locataire qui l’habite. Dorénavant, je serai à tes côtés, Vaillante, passionnément consumée. T’aimer, mon seul souci vital incarné, Cette passion, ma grande faiblesse. Si ta destinée est de partir en exil, Je parcourrai les chemins difficiles Pour te retrouver à la maison, Te ramener, tenu par un fil. Si un jour de moi tu t’éloignais, Inconsolable je serais, perdue, désorientée. Je fouillerais tous les coins de la Terre, Affligée par la douleur de te savoir ailleurs. Sans ta présence, les jours sont longs, Les nuits monotones, l’air atone, rance. Mon âme, mon être sont en souffrance, Tout est sens dessus dessous, à l’envers, Seule, perdue dans ce vaste monde égoïste. Ce vide de toi me remplit d’effroi. Souvent réunis dans mes rêves la nuit. Nous ne formons plus qu’un, toi et moi, Deux âmes unies dansant en harmonie.75
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RUPTURE d’AMOUR Rien n’altérera la beauté de cette flamme qui m’habite, Le bateau de cet amour, qui peine à avancer, Préoccupe mes pensées, cette frayeur m’attriste, Galvanise mes idées sur ton amour égoïste. Je ne voulais pas écouter ma raison, malchance. Je t’ai offert ma confiance, innocence, souffrance, Installée dans l’inconsciente résilience d’un amour rance. Dans les abysses de ton âme, j’ai vu l’autre toi, l’infâme. J’ai croisé le fer avec le diable en personne, oui, toi, Mammon. Sous un habit de douceur, ta bestiale hostilité en filigrane. De cet amour-poison, j’ai reçu, avec frisson, ta rançon. Mon cœur, en mille morceaux, emblème, écusson, Je l’ai ranimé, ragaillardi, lui ai redonné une seconde vie, En dressant le diagramme de ce mélodrame épique. Cette aventure, oriflamme, condamne et revendique L’altération distillée, concentrée, sortie de l’alambic, Je me sens faible et émotionnellement handicapée, Propriétaire d’un mental et d’un corps inanimés. Je traîne ce boulet mort, rempli d’angoisse, carcasse figée. Mes yeux déverseront des torrents de larmes dans ce calice Que je boirai seule, amertume de ce drame, de l’amour préjudice. Seuls mes rêves factices estomperont, dans le futur, ce sacrifice. Tourner la page de ce cauchemar, de ce mariage… Fin de l’aventure, fin du voyage, atterrissage. A mort cet amour, à caractère anthropophage.77
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Un ESPRIT en RÉBELLION Toujours taquin, toujours en action-réaction, Remettant en question les idées, les opinions. Couleur unie, noir ou blanc réunis, De la pensée bannie. Un esprit qui n’accepte aucune compromission C’est cela, la rébellion, faire face par opposition Au rejet d’un raisonnement construit hâtivement, Aux idées toutes faites de nos grands-parents. La contradiction, un cache-misère, une barrière. On dit non, même si l’on pense différemment. C’est le caractère bien défini d’un rebelle averti Sauvegarder sa liberté de penser, au risque de choquer. Maîtriser sa logique, façonnée aux normes de ses convictions, Rehausser son expression en mots habillés d’arguments, Mettre en lumière, soumettre son raisonnement à découvert. Un simple silence crée ou amplifie la relance. Juste un programme, une description, un agenda. L’esprit dicte, avec impertinence Les paroles susurrées avancent D’une vision érigée en mots, Prononcés clairement, projetée. Refuser d’épouser d’autres idées, Extérieures à sa cuvée-pensée.79
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Le CERVEAU HUMAIN – DÉBAT Partager une soirée à batailler de futiles pensées. Le cerveau et ses bizarres envolées lyriques, Épancher une soif démesurée d’échanges d’idées. L’esprit se plaint, ses tourments sont bel et bien un frein. Un besoin de débattre, un remède controversé. Paroles en l’air lancées, flèches agitées envoyées. D'abord créer un sujet, une interférence, une divergence. Le cerveau excité avance des arguments en conséquence, Des visions élaborées sur des sujets sans importance, Ni qualités, ni ressources, juste des moments de convenance. La continuité du projet se prolonge, se poursuit, se définit. Objet ? Les choses utiles ou futiles, récurrentes de la vie. Un défrichement du cerveau, un réveil, une renaissance. Réflexions parfois occasionnées, prouesses accumulées, Heureux d’avoir eu sa nourriture, son offrande souvenir, Sa liberté de se créer un dialogue, source à ne pas tarir. Le cerveau, toujours prêt à recomposer, à construire, à bouillir, A échafauder de nouveaux projets, avancer des théories, des idéologies, A exister par le mouvement de ses neurones, toujours bien activés.81
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MURISSEMENT, "FIN de VIE" Sans ses neurones moteurs, le cerveau de l’homme n’est rien. Affaibli, vieilli, il confesse, en s’agenouillant avec noblesse. Moment sacré de sa vie, que le vieillissement agresse. Réfléchir, ce plaisir s’abrège à l’orée du soir de sa jeunesse. Image universelle, l’appel à une fin de vie, triste nouvelle. La mort intercède avec soin, attend placidement ce déclin. Une nouvelle promesse, le monde des profondeurs sursoit. Le silence, l’indifférence, la sécheresse de la conscience. La fin de vie d’un cerveau accompli, chagrin, amnésie, aphasie. Un dessèchement se produit, l’obsolescence des neurones. Usés d’avoir trop servi, détruits par des années de prestation. La mort clôt ce chapitre-vie, destinée humaine annihilée, scellée. Des sujets à l’emporte-pièce reviennent, touffus, confus. Amour, poésie, cette âme de jeunesse qui a prévalu toute la vie. Contentement unique, richesse, importance de l’âme, noblesse. La mort détruit tout, c’est le dernier enjeu, puis les adieux D’un cerveau qui pleure, insensible à sa propre douleur intérieure.83
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FEUX d’ARTIFICE Le ciel offre sa robe velours noire pour décor. A des fusées scintillantes partant de la terre, Animant la sombre voûte stellaire, Formant des dessins, des arabesques en lumière. Orange, rouge ou jaune, une vraie splendeur, Des gerbes de fleurs, pétales, corolles égayant la noirceur. Émerveillement, fascination, devant ce jaillissement de couleurs, Hommes, femmes, enfants, tous, Les yeux rivés vers le ciel flamboyant, Guettant le rouge vermillon de l’explosion. Mille petites branches et feuilles multicolores Naissent et se disloquent dans l’atmosphère. Cette vision magique embellit cette nuit atypique. Chaque salve tirée donne une illusion de beauté. La foule d’abord retient son souffle, ensuite Laisse exploser sa joie à chaque nouvel éclat. L’enchantement et la brièveté de l’événement, Le rêve s’achève après le dernier lancement. Empourprant le ciel étoilé, un même cri de joie Secoue la foule, heureuse mais aussi frustrée par La fin de ce spectacle grandiose dans le ciel étoilé. Bouquet final, l’indice de la clôture des festivités. Fin de la soirée, les derniers feux se consument. La foule heureuse doucement redescend sur terre, En même temps que s’éteignent les lumières.85
Enfin le calme revient, seule une fine poussière, Accrochée aux cheveux, à la peau, aux vêtements, Souvenir de cette soirée en feu, Scrutée par mille paires d’yeux. L’an prochain, c’est certain, une autre soirée nous réunira. De nouveau, ce feu d’artifice, avec ses bouquets, nous éblouira. Parmi cette foule en liesse, j’y serai, j’engage ma promesse.86
Les POINTS de SUSPENSION (1) Ce soir, mon esprit illuminé frétille. Des idées désordonnées, bousculées, Se fraient un chemin vers la sortie, avec entrain. Le cerveau grésille : il a ouvert grand Son sas, ses écoutilles. Déclamer un discours sans personne autour ? Ou écrire une prose n’est pas une simple chose. Il faut habiller les mots de douceur, Embellir les non-dits, y mettre de la couleur, Assembler en bouquet Cette cascade de mots fleuris. Il me faut calmer mes émotions, Soumettre mes ressentis au diapason. Une pause s’impose ! Une nuit de sommeil portera conseil… Sans hésitation, mettre Ces écrits en suspension Jusqu’à l’achèvement De ce récit ambivalent…87
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Les POINTS de SUSPENSION (2) Le discours est suspendu, Problème non résolu. La surprise ou le choc, Un monologue intérieur, bloque, Convoque, exige une pause Avant que le secret ne s’expose. Un désir agréé, consenti, Ces trois petits points réunis. Un geste passif, non agressif, d’arrêt, Une invite à plus de réflexion, de précision. Ces trois petits points ne Sont investis d’aucune illusion. Au début d’un mot ou A la fin d’une phrase, Ces trois petites choses Marquent l’arrêt, imposent la pause. La surprise du choc à venir, Révélant des non-dits, ou Achevant l’inaccompli… Ces trois petits points Sont et font le lien.89
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PARENTHÈSE (1) Je suis un oiseau de nuit, Je chante pour tromper l’ennui, Métamorphoser mes chagrins, Mes ennuis en divine féerie. Les ailes largement déployées, Parapluie ouvert, protecteur, Je défie le monde extérieur, Vibrant d’hostilité, de fureur. Des mots, j’en fais des croquis, Une passerelle entre le jour et la nuit. Il n’y a aucun message austère, Juste un simple langage, sans emphase, Ouvrir une fenêtre, une parenthèse sur la vie. Frénétiques, intenses vibrations d’un amour passion, Perpétuer l’enchantement de cet espoir naissant… Sur cette hypothèse, Je ferme la parenthèse.91
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PARENTHÈSE (2) Deux bras ouverts invitent au mystère, Enserrés, lovés, protégés, cajolés. Des mots, des dates, des phrases Revêtent une importance annoncée. Leur présence signale, indique, amplifie Ou modifie le sens d’une narration, d’un écrit. Introspection, réflexion intérieure Ou entracte d’une situation annoncée. Elles ne sont ni une figure ni un style, mais Utiles dans la construction, la précision D’un langage, d’un discours, d’une phrase. Ouvrir une parenthèse, dans une période donnée, Vous ramène à l’envers de l’endroit où S’est révélé l’acte, avec des détails exacts, Une réelle vision, sans omission. Cet arc-en-ciel atteste, confirme la situation. Ici s’arrête mon discours, ma narration, Et se ferme la parenthèse de cette synthèse.93
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Plan du recueil La Mer Page 1 Le Cormoran Page 3 Lointain Page 5 Voyage, Paquebot Page 7 Errance Vagabonde Page 9 Sac à dos, Baluchon Page 11 La Route des Vacances Page 13 Sous un Soleil ardent Page 15 Saint-Malo, ville des Corsaires Page 17 Saint-Malo Page 19 La Bretagne Page 21 La Forêt Bretonne Page 23 Ballade en Forêt Page 25 Tempête en Forêt Page 27 Un Soir d’Orage Page 29 Orage & Tempête Page 31 Le Château Fort du Taureau Page 33 Les Nuitées du Château Page 35 Prisonnier de Château Page 37 L’Algérie Page 39 L’Algérie (La Haine) Page 41 Les Enfants de Gaza Page 43 Jihadiste Page 4595
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Palestiniens « Peuple de Gaza » Page 47 Gazaouis « Peuple en Souffrance » Page 49 Le Vertige Page 51 Le Jeu de Tarot Page 53 Le Joueur de Tarot - Matador Page 55 L’Amitié Page 57 La Femme Page 59 Elle, Femme Eternelle Page 61 La Solitude ... d’un soir Page 63 Chemin de vie Page 65 L’Ange de l’Amour Page 67 Mystère de l’Amour Page 69 Clin d’Œil sur l’Amour Page 71 Etoile - Destinée Page 73 D’Amour et d’Eau Fraîche Page 75 Rupture d’Amour Page 77 Un Esprit en Rébellion Page 79 Le Cerveau Humain - Débat Page 81 Mûrissement, « Fin de Vie » Page 83 Feux d’Artifice Page 85 Les Points de Suspension (1) Page 87 Les Points de Suspension (2) Page 89 Parenthèse (1) Page 91 Parenthèse (2) Page 9397
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Jasmine Zemouli Née en Algérie, j’ai grandi à Paris, entre deux lumières, deux souffles, deux mondes. Artiste dans l’âme, j’ai d’abord exprimé la beauté à travers mon regard d’esthéticienne-visagiste, avant que la toile ne devienne une métaphore. Peintre passionnée, trois de mes œuvres ont été distinguées aux États-Unis, où j’ai résidé pendant plus de vingt années. J’ai toujours cherché à sauvegarder l’éclat vivant d’une image substitutive, garante d’une pensée férue. Mais c’est le verbe, la poésie, qui demeure la colonne vertébrale de l’esprit, la respiration profonde, l’oxygène nécessaire de survie. Après plus d’une décennie en Afrique et deux en Amérique, la Bretagne m’offre l’amerrissage, le dernier chapitre d’une vie où l’ancre et l’encre se confondent désormais dans les profondeurs de la mer émeraude. Ma devise, mon credo : « La poésie est un souffle, un murmure, elle est l’essence de la passion et des émotions humaines. »
