CALENDRIER BUSH HIGH DEF

Ce calendrier quotidien propose une immersion dans l’univers du peuple Bushi Nenge à l’époque du marronnage (Lowe ten). À travers récits, poèmes et portraits de figures emblématiques, il célèbre leur sagesse ancestrale, leur lien profond avec la nature et leurs traditions transmises de génération en génération. Chaque jour met en lumière un aspect unique de leur culture, offrant une réflexion sur leur histoire, leur spiritualité et leur vision du monde. Plus qu’un simple calendrier, c’est une invitation à s’imprégner de la richesse culturelle et spirituelle des Bushi Nenge. Calendrier culturel

L’aube de la liberté Poème : Sous la canopée, nos voix s’élèvent, En hommage aux terres que nos mains ont façonnées, À nos ancêtres qui dans la nuit, ont marché, Brisant les chaînes, sculptant l’horizon de liberté. Ô Aluku, Saramaka, Ndjuka fiers, Vous qui portez la flamme, vous qui gardez la terre, Vos noms résonnent dans la danse du tambour, Dans chaque coup, le battement du cœur qui endure Nous dansons pour ceux qui ne sont plus, Pour les âmes qui veillent, loin des abus, Le ciel les appelle, mais nous sommes ici, Gardiens des rivières, enfants de l’infini. 01Janvier

Nana-Masa Gadu Spiritualité : Il s’agit du Dieu créateur de l’univers, des étoiles, de la lune ou du soleil, de la pluie, de l’air, des plantes, de tous les animaux, des esprits et des hommes. Massa Gadu est appelé aussi Bassi Nana (ce qui signifie lit- téralement chef Nana) par les Boni, ou encore Nana chez les mêmes Boni, les Djuka et les Paramaka. Chez les Saramaka en langage ésotérique, il est appelé Zambia-Pongu. 02Janvier

Les héritiers de la résistance Le terme Bushinenge vient du néerlandais, “bosnegers”qui signifie “Nègres des bois” Dès les années 1690, ces esclaves fugitifs, en quête de liber- té, se sont regroupés pour former des sociétés autonomes dans des zones reculées et difficilement accessibles de la forêt. Malgré l’arrachement brutal à leurs terres natales d’Afrique, les Bushinenge ont su préserver de nombreux aspects de leur culture d’origine, notamment les croyances spirituelles : Leurs systèmes religieux, souvent basés sur le culte des an- cêtres et des forces naturelles, mêlent des éléments africains et amérindiens. Le folklore : Les contes, chants et danses transmettent des va- leurs de résilience, de communauté et de connexion avec la nature. 03Janvier

Odun-Sweli Spiritualité: Divinité, maitre du ciel envoyé par le tout puissant Nana ou Masa Gadu pour incarner la justice et combattre la violence, la sorcellerie, la vengeance et l’injustice. Odun régule la loi mo- rale et religieuse, objet d’un culte secret et constituant la clé de voûte de l’édifice social et religieux boni. Son nom varie en fonction des groupes. À titre d’exemple : Odun-swéli pour les Boni, Avocato-swéli (Piika nengue en pays djuka), Da Lébi Coochi/ Tebu (village Gaan Boli en pays djuka), Ma-valu (village Tabiki en pays djuka). Le Gran Man est le prêtre du culte d’Odun . 04Janvier

La Naissance d’un peuple Histoire : 1651 en provenance de la Barbade, débarquent les premiers esclaves importés des colonies anglaises au Surinam pour le développement de la canne à sucre. En 1667, la colonie tombe aux mains des Hollandais . L’an 1710 marque le début d’une fuite massive d’esclaves que leurs maîtres avaient cachés dans les bois pour échapper à un impôt exigé par les Français. Les esclaves fuyaient les plantations de colons situés autour d’Albina et de Moengo sur la rive surinamienne du Maroni. Ils descendaient le long du Tapanahony un affluent du Maroni et s’installent ensuite sur les 2 rives du Maroni. La communauté Ndjuka est née. 05Janvier

Le peuple Saramaka Histoire : En 1664/1665, environ 200 Juifs portugais, fuyant le Brésil, s’installent le long de la rivière Surinam, accompagnés de leurs esclaves africains. C’est de cette présence que proviennent plusieurs mots portugais intégrés dans le dialecte Saramaka. Les plantations juives, occupant près d’un tiers des terres culti- vables le long de la rivière, deviennent des foyers d’exploitation brutale. Face aux atrocités infligées par leurs maîtres, de nom- breux esclaves s’enfuient vers la forêt, un environnement à la fois rude et hostile. Traqués , ils doivent non seulement survivre, mais aussi bâtir une nouvelle société, adaptée aux réalités du monde marron. Riches d’un héritage culturel puissant, ces fu- gitifs rencontrent les esprits de la forêt et les esprits serpents locaux. Pour s’intégrer à cet univers spirituel, ils apprennent à commu- niquer avec ces forces invisibles, à les apaiser et à les honorer dans leurs pratiques rituelles. 06Janvier

ADJAGBO Chef Rebelle Personnalité : Né de Seei et neveu de Lanu et Ayako, esclaves de la planta- tion Waterland, Adjagbo est issu d’une fratrie à l’origine de l’une des plus grandes révoltes d’esclaves. Après leur fuite de la plantation, Lanu, Ayako et Seei organisent un soulèvement pour libérer leurs compagnons. Profitant de l’obscurité, ils assassinent leur maître, incendient et pillent plu- sieurs plantations afin de rallier davantage d’esclaves à leur cause. Dans ce chaos, ils s’emparent de vivres et d’armes, ren- forçant leur combat pour la liberté. Adjagbo, devenu chef de la révolte, est un leader charismatique mais malheureux, réputé pour séduire toutes les femmes qu’il croise. Cette attitude suscite des tensions au sein du groupe, menaçant l’équilibre de leur communauté. Craignant un soulèvement contre sa famille, son oncle Ayako et le conseil des anciens le convoquent pour lui ordonner de mettre fin à son comportement. Adjagbo accepte, mais à une condition : qu’on lui ramène celle qu’il aime. 07Janvier

Paanza Personnalité : Née d’une esclave et d’un planteur blanc, Paanza voit son destin brisé dès l’enfance. À seulement dix ans, son propre père la vend, elle et sa famille,comme esclaves sexuelles à la plantation Kasitu. C’est là qu’elle rencontre Adjagbo, esclave d’une plantation voisine. Mais lorsque ce dernier et sa famille s’enfuient, Paanza est abandonnée, rejetée à cause de sa peau métissée. Aux yeux des hommes noirs, elle n’est plus totale- ment des leurs, son identité flottant entre deux mondes qui la repoussent. Entre 1730 et 1740, son destin bascule à nouveau. En pleine nuit, elle est réveillée par Ayako, oncle d’Adjagbo, qui lui murmure ces mots : « Je suis l’oncle d’Adjagbo, je suis venu te chercher. Prépare-toi à partir. » Avant de quitter la plantation, Paanza cache des graines de riz dans ses cheveux, qu’elle at- tache avec son angisa, symbole de son héritage et de sa rési- lience. Elle rejoint alors Adjagbo, partageant sa vie et lui don- nant plusieurs enfants. Elle s’éteint entre 1775 et 1780 dans le village de Pikilio. 08Janvier

Kofi Tjapanda Personnalité : Frère de Paanza ,durant l’expédition pour libérer sa sœur, ce qu’il entend ce jour-là change à jamais son destin. Face à lui, Ayako, homme libre, lui lance ces mots empreints de vérité et d’espoir : « Comment pouvez-vous être ici après tout ce temps ? Vous avez été vendus il y a longtemps et vous êtes toujours là. Homme noir, mon fils, viens avec moi dans la forêt. Là, nous avons tout ce que ton cœur peut désirer. » Touché en plein cœur par ces paroles, il comprend qu’un autre monde l’attend, loin des chaînes et du joug des maîtres. Il prend la fuite, accompagné de son autre sœur, et trouve refuge chez les Ndjuka. C’est dans le village de Fisiti qu’il commence une nouvelle vie 09Janvier

La lune des légendes Poème : Sous la lumière de la lune ronde, Les histoires de nos ancêtres abondent. Leurs voix nous guident, dans le noir, Leur sagesse éclaire notre espoir Elle veille, gardienne des récits anciens, Ses rayons touchent les cœurs humains. Dans chaque étoile, un fragment de passé, Un murmure doux, un chemin tracé. Lune des légendes, toi qui brilles, Rappelle-nous nos racines subtiles. Dans ton reflet, le courage renaît, Et nos âmes chantent ce qui jamais ne s’efface. 10Janvier

Le tambour Apinti Spiritualité : Début des années 1700 première utilisation des tambours comme outil de communication entre les villages marrons . Cet instrument n’est pas qu’un simple outil musical : il joue un rôle essentiel dans la transmission de messages codés com- préhensible uniquement par les initiés, dans les rituels spiri- tuels et l’expression culturelle. Le tambour Apinti est généralement fabriqué à partir d’un tronc d’arbre évidé, souvent recouvert d’une peau animale tendue . Il produit un son puissant et résonant qui peut porter sur de longues distances. Alertes : Les rythmes pouvaient signaler un danger imminent, comme l’arrivée de colons . Rassemblements : Ils invitaient les membres de la communauté à se réunir pour des cérémonies, des conseils ou des festivités. Informations quotidiennes : Le tambour relayait des annonces importantes comme des naissances, des décès ou des événe- ments marquants. 11Janvier

Labi, Chef Djuka et Artisan de la Révolte de 1758 Histoire : En 1758, Labi, leader charismatique et Gran-Man des Djuka, mène une révolte emblématique, marquant un tournant dé- cisif dans la lutte des Bushinenge pour la liberté. Avec une armée de résistants, il fonde le groupe Okanisi-Djuka, menant des raids audacieux qui libèrent des villages entiers et sèment la panique parmi les colons. Face à cette résistance fa- rouche, les colons sont contraints de reconnaître la force du soulèvement. Labi joue un rôle clé dans les négociations du traité de paix, en tant que négociateur assermenté. Devenu Gran-Man de 1760 à 1762,Il s’établit ensuite le long du fleuve Ndjuka, au pied du massif de Lely, où il continue à influencer l’histoire et l’organisation des Marrons. 12Janvier

Les rivières sacrées Poème : La rivière chante, elle guide nos pas, Les ancêtres ont tracé ce chemin pour nous. Dans l’eau claire, je vois leur reflet, Eux, qui ont lutté pour notre liberté. Le courant murmure des contes anciens, Des récits de courage, de peines et de liens. Chaque éclat d’eau porte leur mémoire, Des âmes vaillantes gravées dans l’histoire. Les rivières, nos mères, nos protectrices, Elles portent nos espoirs, nos sacrifices. Sur leurs rives, nous dansons et prions, Honorant les esprits, leur bénédiction. 13Janvier

Affiba la libératrice Personnalité : Affiba, femme marronne Ndyuka, est une figure embléma- tique de la résistance et de la liberté. Reconnue pour son rôle dans l’évasion des esclaves, elle guide de nombreuses personnes à travers la forêt, les menant loin des plantations vers les villages marrons cachés. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Affiba est aussi une prêtresse spirituelle, pratiquant des rituels de purification pour les nouveaux arrivants. À travers ces cérémonies, elle les libère des influences néfastes de l’esclavage, leur permettant de retrouver force, dignité et enracinement dans leur nouvelle communauté. 14Janvier

L’esprit de Kumanti Spiritualité : Le Kumanti est une figure centrale dans les croyances des Bushinenge, reconnu comme un esprit protecteur et un allié puissant dans les batailles. Esprit guerrier, il est invoqué pour accorder force et courage à ceux qui le sollicitent. Considéré comme une divinité bienveillante, le Kumanti apporte son aide aux hommes et se manifeste souvent sous l’apparence du jaguar, symbole de puissance et de vigilance. Il peut également posséder un être humain qu’il affectionne, s’exprimant à travers lui. Le culte des esprits de la forêt, dont fait partie le Kumanti, occupe une place essentielle dans la spiritualité des Noirs Marrons. Lors des cérémonies, des offrandes alimentaires sont déposées afin d’honorer ces forces invisibles et d’assurer leur bienveil- lance dans la vie des hommes. 15Janvier

Les chants de la forêt Poème : Dans la forêt, le silence parle, Les feuilles murmurent des histoires cachées. Chaque arbre garde des souvenirs, Des batailles et des triomphes passés. Les esprits des anciens dansent en secret, Guidant nos pas sur ce chemin sacré. Sous le ciel étoilé, la forêt respire, Son âme profonde jamais ne s’efface. Écoutons ses chants, ses récits infinis, Car dans ses racines vivent nos vies. 16Janvier

Les premiers villages reconnus Histoire : Des esclaves en fuite fondèrent plusieurs villages et hameaux habités. En 1717, un arrêté colonial recense les principales tribus formées par ces communautés marronnes. •Dans la zone sud-ouest des plantations, entre les fleuves Suriname et Saamaka, les clans de Pedro et de Claes s’unissent pour former la tribu des Saamaka. •À l’est du fleuve Commewijne, plusieurs clans marrons, dont celui du Nègre Will, donnent naissance au groupe Okanisi Ndyuka. •Au nord-est de la rivière Cottica, vivent les premiers Aluku, bien qu’ils ne portent pas encore ce nom. •Le long de la rivière Saamaka, de l’amont jusqu’à la côte atlantique,se développent les tribus Matawai et Kwinti. Cette organisation marque les premiers regroupements des Marrons en tribus distinctes, façonnant l’histoire des peuples Bushinenge 17Janvier

Kunu (ou Kunu Kuntii) Spiritualité : Esprit d’une personne tuée volontairement par un membre d’une famille cherchant à se venger, mais qui a été domestiqué par des bains. Méchant au départ, il devient un esprit bienfaisant, c’est-à-dire qu’il ne tue plus les membres de la famille qui a été à l’origine de sa mort, mais il peut les rendre malade s’ils ne respectent pas ses règles 18Janvier

Tongo, le messager Personalité : Tongo, jeune guerrier, fut choisi pour porter des messages secrets entre les différents clans marrons. Sa rapidité et sa discrétion en ont fait une figure mythique, capable de traverser les territoires ennemis sans jamais être vu. 19Janvier

La danse des esprits Poème : Dans la brume du matin, ils dansent, Les esprits qui veillent sur nos terres. Leur pas léger caresse le sol, Nous rappelant que nous ne sommes jamais seuls. Leur souffle habite le vent discret, Chantant des prières dans les forêts. Leurs ombres dansent autour des feux, Portant nos espoirs jusqu’aux cieux. Oh, danse des esprits, rythme sacré, Héritage vivant des temps passés. Dans vos pas, nous trouvons la force, De marcher fiers, guidés par vos torches. 20Janvier

Le traité de référence pour les peuples Bushinenge Histoire : En 1739-40 le gouverneur britannique Edward TRELAWNY a signé un traité avec les nègres marrons de la Jamaïque, leur promettant des terres et l’autonomie, en échange de leur enga- gement à ne plus aider les esclaves en fuite, mais à les ramener (contre deux dollars par esclave). Les Marrons avaient le droit de conserver leurs terres dans les zones montagneuses, leur autonomie étant officiellement re- connue.Ils s‘engageaient à ne plus attaquer les plantations ni encourager les fuites d’esclaves et devaient aider les Britan- niques à capturer et envoyer les esclaves en fuite. Ce point, controversé, créa des tensions internes parmi les Marrons. 21Janvier

Mama Fali, la guérisseuse spirituelle Personnalité : Mama Fali utilisait des chants et des danses pour guérir les maux spirituels et physiques. Elle croyait que les maladies étaient souvent le résultat de déséquilibres entre le corps et les esprits, et elle était réputée pour sa sagesse dans l’art de la guérison. 22Janvier

Le peuple Boni en quête de liberté Histoire : Au fur et à mesure des brassages entre les différentes popula- tions en fuite ils formèrent une nouvelle ethnie. Boni-Aluku constitué du groupe d’Asikan Sylvester révolté en 1712, de celui des Tesisi nenge dirigé par Suku et Sambokwasi qui les rejoignit en 1750 et le groupe de Kormantin Kodjo en 1770. Asikan Sylvester passa le pouvoir à Boni et Aluku en 1765. Une guerre d’autonomie va opposer la communauté des Boni à la puissance néerlandaise, puis à d’autres communautés noires ayant signé des accords de paix. Les boni-Aluku réussissent malgré les persécutions a devenir un grand peuple inscrit dans l’histoire. 23Janvier

Le chant des ancêtres Poème : Écoute, le vent murmure des histoires, Celles de nos ancêtres, Des leçons qu’ils ont apprises, Et des chemins qu’ils ont parcourus. Leur souffle habite les rivières sacrées, Leur force résonne dans les arbres sculptés. Ils veillent en silence, présents dans nos vies, Des étoiles dans l’ombre, éclairant nos nuits. Oh, chant des ancêtres, mélodie éternelle, Rappelle-nous d’où vient notre élan. Dans ton harmonie, nous trouvons la paix, Et dans ta mémoire, nous marchons fièrement. 24Janvier

La Première tentative de paix l ’occasion manquée Histoire : En 1749,à l’issue de plusieurs attaques contre les plantations, le gouverneur Mauricius à voulut prendre les devant et ouvrit les négociations avec le peuple Saramaka pour un traité semblable à celui de la Jamaïque. Il rencontra le capitaine Adoe, chef de village. Les négociations furent un échec à cause de la colère des colons et d’une mauvaise stratégie du gouverneur. Le chef Adoe et les siens reprirent les attaques. 25Janvier

Capitaine(Kapiten) Boko, le chef des alliances Personnalité : Kapiten Boko était connu pour sa force, mais aussi pour sa ruse et son lien avec les esprits. Boko était le chef d’un petit village marron. Son charisme et son sens de la diplomatie en faisaient un leader naturel dans les négociations entre les clans. 26Janvier

Le village de Tesisi Histoire : Ce village était la base de nombreuses attaques lancés contre les plantations de la haute Commewyne. Dirigé par trois figures de la résistance marronne qui opérait entre le Maroni et la crique Patamaca. Juan : il coordonnait les raids sur les plantations pour libérer des esclaves et récupérer des ressources essentielles. Mafungo :il aurait combattu aux côtés de chefs célèbres comme Boni ou, contribuant à la défense des villages marrons contre les expéditions militaires néerlandaises. Également connu pour sa capacité à naviguer dans les forêts denses. Paay présenté comme un guérisseur ou un conseiller spirituel. 27Janvier

Kwaku Personnalité: Chef d’un groupe de marrons, il était acteur des pourparlers du traité de paix. Il promit au colons d’annuler l’attaque prévue sur les plantations près de Jodensavanne pendant le cours des négociations et Labi promit de convaincre les saramaka de participer à la paix. 28Janvier

Les Kwinti Histoire : Les Kwinti sont un peuple issu du marronnage : ils sont l’ethnie la plus petite et la moins connue des peuples marrons d’Amérique du Sud, environ 35 000 personnes descendantes d’esclaves rebelles qui se sont enfuis et cachés au Suriname. 29Janvier

Les ombres du passé Poème : Les ombres dansent sous la lune, Elles portent les secrets d’autrefois. Elles murmurent des vérités communes, Des leçons gravées en éclats de voix. Dans leur ballet silencieux, Elles rappellent des rêves brisés, Des luttes, des peines, mais aussi des feux, Qui ont forgé notre humanité. Elles nous enseignent à marcher droit, À éviter les pièges des erreurs passées. Leur souffle guide nos pas avec émoi, Vers des chemins d’espoir et de liberté. 30Janvier

Obeah (Obi,Obeya ou Obia) Spiritualité : Obia est un ensemble de pratiques spirituelles, médicales et judiciaires occultes né dans les sociétés esclaves ouest-afri- caines des Antilles utilisé le plus souvent pour désigner un remède auxquels des esprits confèrent son pouvoir. Car l’obia est tout à la fois le remède et l’esprit. S’il a pu servir dans la résistance à l’esclavage et contre les Européens, les administrateurs coloniaux ont eu tendance à exagérer ses aspects antisociaux et à passer sous silence son rôle bénéfique. Il est aussi destiné à traiter la maladie, à attirer la bonne fortune et à réparer les torts. 31Janvier

Hurlements dans la foret Poème : Dans l’ombre des arbres, sous le ciel enchaîné, S’élèvent les cris d’un peuple traqué. La forêt murmure, témoin silencieux, Des larmes de sang qui coulent dans les creux. Les bottes lourdes écrasent la terre, Cherchant les ombres, les âmes en prière. Mais la liberté, brûlant comme un feu, Habite les cœurs, défiant les dieux. Fusils et fouets dans les mains des puissants, Tentent d’éteindre les rêves vivants. Mais chaque racine, chaque tronc debout, Rappelle que l’espoir ne plie pas le genou. Les tambours se taisent, mais les esprits chantent, Les ancêtres veillent, leur mémoire est vivante. Même dans la chasse, même dans l’effroi, Les Marrons portaient l’éclat de leur foi. 01Février

Aluku-Février 1792 Personnalité : Askaan de Marceille ,connu sous le nom de Aluku, était un esclave fugitif de la plantation de Marceille. Il était considérablement plus âgé que Boni et est souvent ap- pelé son « père » il était le beau-père de Boni, le compagnon de sa mère. Lorsque Sylvester lui transféra à lui et à Boni le pouvoir, Aluku avait pour devoir de s’occuper des femmes, des enfants et de l’approvisionnement en nourriture. Dans la tradition orale des Boni, c’est Aluku qui aurait permis d’éviter l’anéantissement du groupe, grâce à sa fuite en amont du Maroni. C’est pourquoi les Aluku ne se désignent plus eux-mêmes Boni mais Aluku nenge 02Février

Winti Spiritualité : Les Winti sont des esprits ou des divinités associés aux éléments (terre, eau, feu, air). Ils jouent un rôle central dans la protection et l’équilibre spirituel. Les wenti sont des esprits intermédiaires entre les hommes et Nana : Masa Gadu. Ils sont représentés par les divinités de la terre (goon-wenti), de la forêt (bushi-wenti), des rivières (liba-wenti), des airs (tapu- wenti) et l’esprit des Ancêtres (yooka-wenti). 03Février

La société des marrons Histoire : Une société hiérarchisée basé sur le fonctionnement matrilinéaire :tout individu appartientau clan de la mère et est placé sous l’autorité des oncles maternels, les héritages s’opèrent d’oncle maternel à neveu utérin, il y a un village par lo, eux-mêmes organisés en matrilignages (bee). L’ensemble est dirigé par le Gran Man, autorité suprême, détenteur du pouvoir civil et spirituel, garant de l’unité du groupe et gardien des connaissances les plus sacrées. Sa fonction, à vie, se transmet essentiellement par héritage en ligne ma- ternelle, ou de frère ainé à frère cadet. Le Gaanman ou Gran Man est à la fois chef politique et prêtre suprême. Ce gaanman est assisté d’un fiskali, qui veille à la bonne observation des règles de justice, et de divers Kapiten (au moins un par lo) qui le repré- sentent dans les grands villages (konde) et sont eux-mêmes assistés par des basia. Les kapiten entourent le Gran Man dans toutes les décisions importantes. Ensemble, ils composent le noyau principal du kuutu (conseil), auquel participent tous les hommes d’un certain âge, les «grandes personnes» que l’on respecte. Ce conseil est un lieu de gestion des affaires publiques mais il est surtout chargé de rendre la justice : on y juge les vivants, mais aussi les morts. 04Février

Kapiten Bayo Personnalité : Kapiten Bayo était l’un des leaders Saramaka . Il a dirigé plu- sieurs expéditions contre les colons et a joué un rôle central dans la stratégie militaire des Saramaka. Son leadership a contribué à la signature du traité de paix, garantissant ainsi la liberté des Marrons Saramaka et la reconnaissance de leur territoire autonome. 05Février

Les forêts sacrées Spiritualité : Certaines zones de la forêt sont considérées comme des lieux où des esprits puissants résident. Ces lieux sont donc interdit aux étrangers et seuls les chefs spirituels sont autorisés à y pénétrer. Amanfu esprit de la foret et du feu : la danse du feu exécutée lors des rituels lui est consacré 06Février

La danse de la pluie Poème : Sous le ciel lourd, nos pieds frappent la terre, Les tambours résonnent, portés par l’éclair. Nos mains s’élèvent, appelant la pluie bienfaitrice, Murmurant aux nuages nos chants de supplice. Chaque goutte qui tombe est une bénédiction, Chaque éclat de foudre, une divine connexion. Les rivières renaissent, et la forêt s’éveille, La danse unit nos cœurs sous l’ombre vermeille. 07Février

Les lettres de Boston de Tempatie alias ADYAKA Personnalité : Boston de Tempatie était un esclave fugitif lettré originaire de la Jamaïque. Il trouva refuge chez les Ndjuka sous le commandement de Labi. Lors des attaques contre les plantations, les Ndjuka laissèrent derrière eux des notes en anglais, ou ils proposent un traité de paix semblable à celui de la Jamaïque. Ces lettres sont rédigées par Boston de Tempatie alias Adyaka ,il connaissait les accords signés entre les colons et les marrons de la Jamaïque. A la suite de 4 attaques de plantations, les colons acceptent un pourparlers . 08Février

L’art du tissage, une Histoire et une Identité Histoire : Les femmes Bushi Nenge sont connues pour leurs talents dans le tissage et la création de tissus colorés. Hérité des traditions afri- caines et enrichie par l’ expérience du marronnage, cette pratique est à la fois utilitaire, artistique et symbolique. Chaque motif raconte une histoire ou porte un symbole particulier, représentant la liberté, la solidarité et la connexion aux ancêtres. Les pagnes tissés, connus sous le nom de pangi, sont parmi les créations les plus emblématiques des Bushi Nenge. Les pagnes sont portés lors de cérémonies ou dans la vie quotidienne, adaptés à chaque occasion. 09Février

Les animaux Totems Spiritualité : Chaque famille ou clan peut avoir un animal totem qui les pro- tège et représente des qualités spécifiques comme la force, la sagesse ou l’agilité. Telle famille respecte le singe rouge, telle autre la tortue, telle autre le caïman, etc… Les animaux totems sont dotés d’une fonction :Par exemple, l’Ajija (porc-épic) et le pika (un oiseau) sont considérés comme les animaux véhicules d’Odun, lorsqu’il se déplace . Le caïman qui a le pouvoir d’infliger la maladie, et l’aigrette qui est l’oiseau annonciateur de malheur. 10Février

La lumière des ancêtres Poème : La pleine lune brille, Éclairant les chemins secrets. Elle nous montre le sentier des anciens, Un pont invisible entre hier et demain. Chaque étoile scintille d’une mémoire sacrée, Chaque rayon éclaire des âmes bien-aimées. Ô lune, flambeau des récits éternels, Guide nos pas vers les feux spirituels. Dans ton éclat, nous lisons leurs leçons, Et dans nos chants, nous portons leur nom. 11Février

Mama Deka, la protectrice des enfants Personnalité : Mama Deka était connue pour sa dévotion envers les enfants du village. Elle organisait des rituels de protection et leur apprenait les his- toires des ancêtres pour qu’ils se souviennent toujours d’où ils viennent. 12Février

Le Futuboy Histoire : Le terme futuboy désigne un valet , Jeune garçon qui servait d’ouvrier, d’éclaireur ou encore de messager. Le Futuboy est considéré comme l’homme a tout faire du chef de clan. Celui du Gaanman Boni s’appelait Jonas van haagenbosch, il se livra lui-même aux colons en 1776. 13Février

Secrets dans la clairière Poème : Dans la moiteur d’une nuit sans étoile, Ombres furtives sous la canopée voilent. Là où la forêt murmure des confessions, Des cœurs s’égarent dans l’interdiction. Le camp dort, bercé par le souffle du vent, Mais dans l’ombre, un désir brûlant. Des mains se croisent, des lèvres osent, Sous le couvert d’un amour morose. Pour quelques instants volés à la nuit, Ils oublient la fuite, le fouet, l’ennui. Leurs corps se trouvent, s’emmêlent, se consument, Dans la forêt, leur passion s’illumine. Mais les murmures sont des flèches dans l’air, Les yeux jaloux percent les clairières. Dans ce monde de survie et de douleur, Un amour interdit sème la rancœur. La forêt a vu, et garde ses secrets, Les arbres murmurent les fautes oubliées. Car même en fuite, sous le joug oppressant, Les cœurs s’égarent dans leurs tourments. 14Février

Les liaisons furtives au cœur du marronnage Histoire : Les communauté manquait souvent de femmes, il n’était donc pas rare d’avoir des histoires de batifolage. Finlander était un marron Ndjuka, qui a dû quitter son village de Miafiya dans la région du Tapanahoni car avait eu une relation avec la femme de Kwaku. De même que Dido femme de Kadeti chef de clan des Pinas et kapiten du village de Miafiya le trompa avec un certain Pierrot. Dido fit chassé avec ses deux enfants et Titus le futuboy de Kadeti Pinas, à qui il reprochait de ne pas avoir bien surveiller sa femme Le petit groupe trouva refuge au village de Tesisi. 15Février

Kapiten Kena, le guerrier spirituel Personnalité : Kapiten Kena était un guerrier renommé qui croyait que sa force provenait de ses connexions avec les esprits. Avant chaque bataille, il offrait des prières et des chants pour obtenir la protection et la bénédiction des ancêtres. 16Février

Le Crépitement du Feu Sacré Poème : Le feu danse, vibrant de vie, Gardien des nuits, flamme infinie. Son crépitement, une mélodie ancienne, Un chant d’ancêtres, une prière lointaine. Autour de lui, des histoires se tissent, Des âmes perdues, des rêves complices. Dans chaque étincelle, un souffle d’espoir, Un lien sacré entre présent et mémoire. Les esprits murmurent au cœur des flammes, Secrets oubliés, noms et âmes. Ils nous parlent des temps révolus, De luttes, d’amour et de cœurs résolus. Le feu sacré, un témoin vivant, D’un peuple libre, toujours résistant. Il brûle en nous, il ne s’éteindra jamais, Écho des cimes, souffle des forêts. 17Février

L’attaque de la gloire Février 1793 Histoire : En février 1793, la tête de Boni fut mise à prix par les Hollan- dais, incitant les Aukaners (Ndjuka) à traquer le chef marron jusqu’à ses retranchements sur le Maroni. Lors de l’assaut, les Djuka surprirent Pinki et Yanu, deux guet- teurs placés en aval. Pinki, refusant de se rendre, fut tué. Yanu, en échange de sa vie, accepta de guider les assaillants jusqu’au village de Boni. Les attaquants passèrent un second poste de garde, comman- dé par Atopa, qui dormait et ne vit pas leur arrivée. Pénétrant par surprise dans le village de Boni, ils déclenchèrent un combat acharné. Un autre poste de guet, sous le commandement d’Akese, tenta d’intervenir, mais les Boni, à court de munitions, furent presque tous tués ou capturés. Cependant, les Djuka subirent aussi de lourdes pertes. La traque s’acheva dans la nuit, lorsque Bambi, profitant du sommeil de Boni, l’attaqua brutalement. Il le déca- pita et lui coupa la main droite espérant une prime des colons. 18Février

Okilifuu BONI-Combattant de la liberté, chef de la guérilla 1730/ 19-02-1793 Personnalité : Serait né dans la forêt d’une mère fugitive. Plusieurs versions coexistent sur l’identité de son père. Boni serait le fils du maître de la plantation dont s’était échappée sa mère, maltrai- tée et violentée. D’autres sources indiquent un père Amérindien. En fait, son origine est encore très discutée. Combattant de la liberté, chef rebelle de la guérilla au Suriname, stratège, il menait des raids contre les plantations hollandaises le long de la côte pour libérer d’autres esclaves, récupérant armes et provisions pour les siens. Sous sa direction, la com- munauté Marron a construit des villages fortifiés dans la jungle, rendant difficile leur capture par les troupes. Il a formé son peuple pour qu’il devienne de redoutables enne- mis des colons. En 1765 il devient chef Bushinenge du peuple Boni (plus tard Aluku). 19Février

Le respect des anciens Spiritualité : Dans la culture Bushi Nenge, les anciens sont considérés comme des trésors vivants. Ils détiennent les histoires et les traditions du passé, et leur pa- role est sacrée. Ils sont honorés et respectés, et leur sagesse est toujours écou- tée. 20Février

Mama Tika, la protectrice des rituels Personnalité : Mama Tika était la gardienne des rituels sacrés dans son vil- lage. Elle veillait à ce que chaque cérémonie soit effectuée correctement, avec le respect dû aux esprits, pour garantir la bénédiction et la protection du peuple. 21Février

Wamba, l’esprit compatissant Spiritualité : En 1685, Wamba, un esprit bienveillant de la forêt, guida Lanu, considéré comme le père fondateur de la tribu Saramaka dans la foret. Grâce à l’intervention de cet esprit compatissant, Lanu trouva refuge dans un village indigène. 22Février

La revolte des esclaves de Berbice et jour de la république au Guyana Histoire : Le 23 février 1763, un soulèvement majeur éclate dans la co- lonie néerlandaise de Berbice, mené par Cuffy, Cosala, Ac- cabre, Atta, Akara et Goussari. Environ 3 000 esclaves révoltés se dressent contre la domina- tion coloniale, menaçant sérieusement le contrôle européen sur les Guyanes. Dans cette rébellion, Cuffy est désigné chef politique, tandis qu’Akara prend la tête des forces militaires. Soucieux d’éviter la famine, Cuffy tente de maintenir les plan- tations capturées en activité, mais les tensions internes fragi- lisent le mouvement. Après plusieurs mois de lutte, un conflit éclate entre Cuffy et Akara, aboutissant à une guerre. Akara prend le dessus, et Cuffy, vaincu, met fin à ses jours. 23Février

Afu AKOMFO : La Prophétesse des Ndyuka Personnalité : Afu Akomfo n‘était pas seulement une cheffe spirituelle. Elle était considérée comme une intermédiaire entre les ancêtres et les vivants, capable de recevoir des visions et des messages divins pour guider la communauté. Afu Akomfo était également une experte en plantes médicinales, utilisant les ressources de la forêt pour soigner les maladies et renforcer les guerriers avant les batailles. Elle dirigeait des cérémonies d’invocation des Winti (esprits) pour bénir les guerriers avant les raids ou pour assurer une ré- colte abondante. Ces cérémonies incluaient des chants, des danses et des sa- crifices symboliques, souvent près des rivières ou des arbres sacrés. 24Février

Les cérémonies de l’eau Spiritualité : Dans la spiritualité des Bushinenge, l’eau occupe une place sacrée et essentielle. Elle est bien plus qu’un simple élément naturel : elle est vue comme une entité vivante, une source de vie, un espace de pu- rification, et le domicile de nombreux esprits . Elément de purification, des cérémonies sont souvent organi- sées au bord des rivières pour purifier le corps et l’esprit, ainsi que pour honorer les esprits qui habitent dans les profondeurs. Les cérémonies de l’eau varient en fonction de leur objectif : purification, remerciement, initiation, ou apaisement d’un es- prit. L’esprit de l’eau s’appelle Busunki. 25Février

La danse des eaux et des pirogues Poème : Sous l’ombre dense de la canopée, La rivière serpente, douce et sacrée. Elle chante aux cœurs des Bushinenge, Un murmure ancien, une histoire à garder. Les pirogues glissent, fendant l’onde, Comme des flèches dans un monde qui gronde. Guidées par les bras, fortes et fières, Elles portent des âmes, des rêves, des prières. Le bois des pirogues, sculpté avec soin, Raconte des récits gravés de main en main. Chaque rame plonge, chaque goutte scintille, Comme un écho d’ancêtres, fragile et tranquille. Les Bushinengue naviguent, forts et sereins, Leurs pirogues dansent au gré des embruns. Chaque rive est une promesse, un demain, Dans l’immensité verte, où rien ne prend fin. 26Février

Kormantin Kodjo-27 Février 1793 Personnalité : Né en Afrique, Kodjo Kormantin est réduit en esclavage sur la planta- tion Sainte Barbara en 1757. Il ne s’exprime pas en Sranantongo, mais dans sa langue maternelle, le Kumanti, porteuse de spiritualité et de résistance. En 1758, son village est découvert et détruit par une patrouille mili- taire. Ce lieu de refuge était un centre agricole où l’on cultivait ma- nioc, maïs, bananes, napi, ignames (jamsi) et taja. Après la chute du fort de Buku, il rejoint le groupe de Boni, leur four- nissant vivres et provisions. Rapidement, il devient son second, coordonnant les opérations mi- litaires et l’organisation des camps marrons. Ensemble, ils fondent Alesikondre, mais quittent rapidement ce site pour établir de nouvelles bases. Entre 1776 et 1790, Boni, Aluku et Kodjo créent plusieurs villages le long de la crique Sparouine et du Maroni, jusqu’à l’île Langa Tabiki, où Kodjo fonde le village de Langa Tabiki. Le 26 février 1793, alors qu’il séjourne au village du Kapiten Koki, Ka- piten Bambi et ses troupes débarquent dans les environs. Attaquant à la tombée de la nuit, les Okanisi, alliés des Hollandais, prennent d’as- saut le village et massacrent ceux qui tentent de fuir, marquant une tragédie dans l’histoire des Marrons en quête de liberté. Kodjo mourut durant la nuit du 27 février 1793. 27Février

Le pacte du Sweli-Dringi Sweli Histoire : Pour sceller un accord les bushinenge mette en pratique une tradition de leurs origine africaine. Boire le serment : Chaque partie fait offrande d’un peu de son sang en s’entaillant légèrement le doigt .Le sang est mélangé dans une calebasse avec un peu de rhum et parfois de la terre, terre qui fait office de témoin. Une fois l’absorption du breuvage les différentes parties sont liés et celui qui viendrait à trahir ce pacte le pairait de sa vie . Les bushinenge firent ce pacte a chaque rencontre importante que se soit entre clans ,avec les amérindiens, les colons… 28Février

La Flamme Éternelle des Bushinenge Poème : Flamme vive, esprit jamais dompté, Symbole sacré de leur liberté. Il brûle au centre de chaque veillée, Portant les récits, les âmes éveillées. Le feu purifie, protège et éclaire, Sous son ombre chaude, aucun mystère. Il chasse les ombres, il forge les armes, Il apaise les cœurs et consume les larmes. Il parle aux esprits, gardiens de la terre, Aux ancêtres perdus, aux voix millénaires. Chaque étincelle porte une mémoire, Un cri de lutte, un fragment d’histoire. Flamme sacrée, témoin de leur essence, Tu brûles encore, malgré les absences. Sous la voûte étoilée, en cendres ou en braise, Le feu des Bushinengue jamais ne s’apaise. 01Mars

La victoire des Yonkuman Ndjuka et de Bambi Kukudyaki Histoire : Le 02 mars 1793,les guerriers Okanisi Ndyuka mené par Bam- bi arrivent au poste de Lawa, sur l’ile de Stedman . Les guerriers remettes 38 prisonniers, les mains droites cou- pées de ceux qui avaient été tué. Bambi déclara avoir rayé de la carte onze villages nouvellement crée par les Boni . Les villages de Basa, Boni, Kodjo, Koki, Jakje, Puja, Kaardinal, Leander, Ajaka, Ajombo et Aferi. 02Mars

Mama CATO- la prêtresse Personnalité : Sœur du Gran-Man Pamu et mère de Bambi Kukudyaku, Mama Cato joua un rôle essentiel en préparant des obias et des feti obias spécifiques pour les Ndjuka lorsque ces derniers décidèrent de partir en guerre contre les Aluku en 1792, à la demande des colons. Pour soutenir ces préparatifs spirituels et la création des amu- lettes, l’officier Stedman leur fournit le rhum nécessaire. 03Mars

Brokodi/Brokoda : l’appel du tambour Poème : Que ce soit sous la pluie ou le soleil, on est là Les voix des anciens résonnent en nous. Chaque battement est une promesse, De liberté, de courage, de vérité. Brokodi, Brokoda, l’appel résonne, Dans chaque poitrine, la force résonne. Le tambour n’est pas qu’un simple instrument, Il est mémoire, lien, souffle battant. Quand il parle, les corps se meuvent, Les esprits s’élèvent, les cœurs s’émeuvent. Un cri de liberté emplit les cieux, Le tambour bat pour nous, pour eux. Ainsi, nous dansons, nous vibrons, Avec le tambour, notre éternel compagnon. Brokodi, Brokoda, qu’il continue de chanter, L’âme des Bushinenge jamais ne sera brisée. 04Mars

Les animaux mythiques Spiritualité : Le popoke. Cet animal à tête de tigre avec de longues dents et un corps de tigre / singe araignée est carnivore. Semblable à un tigre d’eau, il vit principalement dans le fleuve, mais il aurait déjà été aperçu en forêt par certains habitants. Le wataabubu. C’est l’un des animaux mythiques les plus craints du Maroni. Son habitat se trouve généralement dans les cavernes immergées au fond du fleuve. Les anciens disent qu’il possède des points de ressemblance avec l’hippopotame. Il évolue généralement en eaux assez profondes, profitant ain- si d’un camouflage idéal pour attaquer ses proies qu’il dévore avant d’en recracher les boyaux. La wataamama. La « Mère de l’eau » ressemble aux sirènes de la mythologie occidentale. La wataamama vit dans les profon- deurs du fleuve, d’où elle essaie d’attirer les piroguiers pour qu’ils lui tiennent compagnie. Elle peut tuer des hommes en les entraînant sous les eaux, mais elle ne les mange pas. 05Mars

Sika Lawa , l’éclaireuse des marais Personnalité : En 1774, Sika Lawa, une éclaireuse marronne, mène un groupe d’esclaves vers la liberté à travers les marécages dangereux. Grâce à sa connaissance approfondie des plantes et des che- mins cachés, elle guide son peuple à travers les eaux sombres et les racines entrelacées de la forêt tropicale. Sa détermination et son courage illuminent leur périlleux voyage vers un avenir libre. 06Mars

ASIKAN Sylvester (1690-07mars1769) Personnalité : lI s’enfuit peu après son arrivé dans la colonie en 1712. Asikan-Silvester constitue un groupe de marrons qui vivront cachés dans les marais proches des plantations de la rivière Cottica pendant 60 ans. Le créole Baron fait partie de ce groupe. Jusque vers 1760, ils demeurent relativement calmes, provoquant peu de confrontations. En 1765 devenu vieux, Il transféra le pouvoir à Boni et Askaan (Aluku).Boni devint alors le chef de la force armée et Aluku de- vait lui veiller sur les femmes, les enfants ainsi que de l’approvi- sionnement en nourriture. 07Mars

Matawà : Guerrier et stratège Personnalité : Matawa aurait été actif dans les années 1740-1760, période où les Ndyuka étaient en conflit constant avec les colons hollandais. Il est décrit comme un homme robuste, agile, et doté d’une connaissance approfondie de la forêt , qu’il utilisait comme ter- rain stratégique pour résister aux attaques des esclavagistes. Matawa est connu pour avoir sauvé un village entier en organi- sant une fuite massive à travers un réseau de tunnels naturels sous les racines des arbres. Les récits racontent qu’il aurait aus- si utilisé un tambour apinti pour envoyer des messages codés aux villages voisins, leur demandant de l’aide. 08Mars

Kofi BOSUMAN Personnalité : Chef Saramaka, il refusa lors des premiers pourparlers avec les colons en 1760 d’honorer l’une des clauses qui est de trahir et de remettre ses frères « esclaves fugitifs » aux colons car il avait bu le sweli avec le clan de Pasop afin de prendre le clan sous son aile et de garantir leur sécurité. Ce refus créa des crises internes à la tribu et provoqua son évic- tion. Il devient Gran-man Saramaka 1822-1835 09Mars

Fraka-Tiki Spiritualité : L’importance du culte des Ancêtres chez les Bushinenge se traduit, dans tous les grands villages par la présence des fra- ka-tiki (autels des Ancêtres). Il s’agit d’un lieu de prières instal- lé sur un espace rectangulaire, au milieu duquel est planté un poteau parfois en forme de croix ou de buste dont la branche horizontale porte le plus souvent une étoffe blanche. Aux pieds de ce monuments se trouvent le plus souvent un ka- niki (bouteille ancienne en poterie), mais on peut voir aussi des bouteilles de rhum vides, témoins des libations. 10Mars

Boni et Kodjo : La Rencontre Histoire : Après l’attaque dévastatrice de Buku, le peuple de Boni souffrait de famine. Parallèlement, le groupe de Kodjo, lui aussi attaqué par les Rangers, se dispersa, une partie allant s’installer le long de la rivière Cottica. C’est dans ce contexte difficile que le groupe de Ko- djo découvrit le clan de Boni. Reconnaissant de nombreuses simi- litudes dans leurs luttes et aspirations, Boni et Kodjo unissent leurs forces pour se soutenir mutuellement sur le plan matériel et straté- gique. Le groupe de Kodjo, bénéficiant de riches abattis et d’une agriculture prospère, offrit une base solide à cette nouvelle alliance. Ensemble, ils s’établirent dans la région de Patamacca et fondèrent Alesikondre, «le village de riz». Boni, toujours soucieux de maintenir des liens avec Aluku, l’informa des événements et de l’alliance avec Kodjo. Aluku résidait avec un autre groupe à Locusboom. Malgré la peur d’être découvert par les colons, il décida de rejoindre Boni et Kodjo à Alesikondre avec son groupe, renforçant ainsi cette nou- velle communauté unifiée 11Mars

Quassi de Timotibo (1692-12 mars 1787) Personnalité : Quassi (ou Kwasi) était un Marron célèbre du Suriname, connu pour ses compétences exceptionnelles en botanique et en mé- decine traditionnelle. Bien qu’il ait été esclave, il gagna sa liberté grâce à ses talents de guérisseur et de conseiller, devenant une figure respectée tant par les colons que par les Marrons. Considéré comme un traitre doué de talent de sorcellerie, il vendait des Obias aux marrons comme aux colons. Il est aussi l’un des seul à avoir pu s’enrichir durant cette période. Grace à son expertise dans l’utilisation des plantes médicinales, Il trouva le remède contre la malaria, on donna son nom à la plante quassia Amara aussi appelé Couachi en Guyane 12Mars

Les Kina ou Tabou : Interdits et protections Spiritualité : Chez les Bushinenge, le kina représente un ensemble d’interdits liés à une situation particulière, une allergie ou une demande de protection. Une personne ayant sollicité les esprits, notamment pour se soigner ou se protéger, peut recevoir des kina dictés par l’obiaman. Ces interdictions peuvent inclure des restrictions telles que ne pas toucher au citron, au savon ou éviter tout contact avec une femme menstruée. Ces règles sont imposées pour garantir que l’aide spirituelle appor- tée reste effective. Le kina peut également être instauré dans d’autres contextes, comme pour gérer des allergies alimentaires, encadrer l’utilisation d’un lieu sacré, ou encore à la suite d’un événement marquant ayant conduit à une interdiction familiale. Dans les récits bushinenge ,le Gaanman Boni était indestructible, le seul moyens de l’atteindre était de connaitre son Kina. 13Mars

Ma Susana, la Prêtresse Djuka et l’Envoûtement de Boni Personnalité : Ma Susana, grande prêtresse et chamane du peuple Djuka, cher- cha un moyen de découvrir le Baka Koni (point faible) de Boni, redoutable chef marron. Inspirée par la magie et les traditions spi- rituelles, elle conçut un stratagème ingénieux : elle réalisa des ri- tuels et amulettes pour tromper Boni et le pousser à révéler son Kina. Elle eut alors l’idée d’utiliser un singe, qu’elle nomma Ma Mutombé. Grâce à un puissant rituel obiatique, l’animal fut ensorcelé et trans- formé en une belle femme, sachant que Boni avait une faiblesse pour les femmes séduisantes. Le piège fonctionna à merveille. Ma Mutombé, sous sa forme humaine, parvint à soutirer à Boni les se- crets de son Kina et les transmit à son peuple. Pour finaliser l’envoûtement, un autre Obiaman, nommé Da Baai, entra en scène. Installé à Mainsi, il prépara un puissant rituel : il fit bouillir les affaires personnelles de Boni avec diverses herbes mys- tiques, lançant ainsi un sort destiné à affaiblir et vaincre le chef marron. 14Mars

La corde d’unité Poème : Invisible mais forte, tissée de mains, Elle relie nos âmes, traverse les chemins. Un fil ancestral, chargé de mémoire, Un pont vivant entre hier et l’histoire. De génération en génération, elle s’étend, Unissant nos cœurs, nos esprits, nos sangs. Elle traverse le temps, défie les éclats, Un lien éternel que rien ne brisera. Invisible mais forte, gravée dans nos vies, Elle est la promesse que jamais elle ne plie. La corde d’unité nous guide sans fin, Unissant nos espoirs sous un même destin.. 15Mars

Mama Zulu, la guérisseuse des âmes Personnalité : Mama Zulu était connue pour sa capacité à guérir les âmes bri- sées. Grâce à des chants sacrés et des rituels ancestraux, elle aidait les membres de son village à surmonter les traumatismes et les épreuves de la vie. 16Mars

L’Installation des Nduyka sur le Tapanahony Histoire : Àpartir de 1761, face aux menaces des colons, certains Nduyka se déplacent vers le sud du district de Marowijne afin de se mettre à l’abri. Ils établissent des camps le long de la rivière Tapanahony, repous- sant les indigènes Tiriyó pour s’y installer durablement. En 1790, le Tapanahony prend le nom de Nduyka River, appellation donnée par les Bakaa (Blancs) en référence à la présence de ce groupe sur ses rives. 17Mars

Les paroles des sages Poème : Les anciens parlent, leur voix murmure, Douce mélodie, sagesse qui dure. Portée par le vent, teintée d’histoire, Leurs mots éclairent nos trajectoires. Chaque phrase est un pont vers hier, Un écho vibrant dans l’air sincère. Ils racontent des luttes, des rêves enfouis, Des leçons gravées dans le silence de la nuit. Leur savoir est un trésor sans fin, Un guide précieux sur tous les chemins. Respectons leurs voix, leurs mémoires si sages, Elles sculptent nos vies, elles traversent les âges. 18Mars

Kapiten Seko, le stratège respecté Personnalité : Kapiten Seko chargé de protéger les frontières du territoire était reconnu pour son sens aigu de la stratégie. Il a mené plusieurs campagnes de défense pour protéger son peuple contre les envahisseurs. Sa ruse et sa patience faisaient de lui un adversaire redoutable. 19Mars

Les Kina du Gran-Man BONI Spiritualité : Boni, chef puissant et redouté, s’assurait de pratiquer plusieurs rituels avant chaque attaque, veillant à respecter scrupuleuse- ment les kina (tabous et interdits) pour garantir l’efficacité des obias. Parmi ces interdits, il lui était formellement défendu de porter un nouveau-né, car cela aurait affaibli sa force spirituelle. Son kamisa, pièce d’étoffe portée autour de la taille constituait la source de sa protection et de son invulnérabilité. Selon la légende, pour vaincre Boni, son ennemi devait disposer d’une balle spéciale, soigneusement gardée dans son pakiba (un petit sac porté en pendentif autour du cou), ainsi que de son kamisa. Ces deux éléments devaient ensuite être plongés dans un bain d’herbes pour neutraliser son pouvoir mystique. 20Mars

La crainte d’une Unification Histoire : Mars 1782,la cour de police du Suriname s’inquiète de la relation des Okanisi (pacifiés) et des Boni-Aluku (révoltés) .On envoya le chef des bérets rouges, le Major de Friederici chez les Djuka. Celui-ci accosta au village du capitaine Ando Busiman sur la cri- que Sara. Les autres chefs le rejoignent deux jours après. Lors du conseil, les chefs accepta de ne plus coopérer, ni commercer avec les boni. Ces derniers rendaient souvent visite (des séjours de plu- sieurs semaine) à leurs frères Aukan . Les clans étaient liés par le sang, par le mariage ou encore par le Sweli. L’un des chefs de clan refusa ,Kwamina Adyubi du clan DIKAN ,qui se disait lié a Boni par le ventre. 21Mars

Mama Deka, la tisseuse de rêves Personnalité : Mama Deka était connue pour ses talents dans l’art du tissage. Chaque motif qu’elle créait dans ses étoffes racontait une his- toire, souvent inspirée des rêves et des visions qu’elle recevait des esprits. 22Mars

Le Lukuman, guide spirituel et protecteur Spiritualité : Le Lukuman est un Obiaman doté de la capacité de recevoir des visions en interrogeant les ancêtres ou les divinités. Il a le pouvoir de diagnostiquer les maux spirituels ou physiques et de donner des directives à ceux qui sollicitent son aide. Boni, en plus d’être un chef charismatique, était lui-même un Lukuman. Ce don particulier lui permettait d’anticiper certaines attaques ennemies et de prendre des décisions stratégiques pour mettre à l’abri les Marrons de son groupe, assurant ainsi leur sécurité et leur survie. 23Mars

Les visions du sommeil Poème : Dans le silence profond de la nuit, Les rêves s’élèvent, légers comme un souffle. Tissés d’ombres et d’éclats de lumière, Ils portent les murmures d’un autre univers. Les esprits chuchotent des vérités cachées, Des avertissements, des routes à tracer. Chaque image, un écho venu de loin, Un fil sacré guidant nos destins. Les bénédictions glissent, douces et subtiles, Comme des étoiles dans un ciel immobile. Chaque vision, un message à déchiffrer, Un fragment de sagesse pour avancer. Quand l’aube se lève et dissipe la nuit, Les réponses s’accrochent à l’éveil qui luit. Dans le sommeil, l’infini nous appelle, Et les rêves deviennent nos guides éternels. 24Mars

Kapiten Fola, le guide des songes Personnalité : Kapiten Fola était connu pour ses talents dans l’interprétation des rêves. Les rêves souvent perçus comme des messages des ancêtres ou des esprits, apportant des avertissements, des bénédictions ou des conseils. Il pouvait déchiffrer les messages cachés dans les visions noc- turnes et guider son peuple en fonction des avertissements reçus dans les rêves. 25Mars

Les Malengri, les exclus Histoire : Dans les plantations esclavagistes, les esclaves incapables d’ac- complir leurs tâches quotidiennes étaient appelés Malengri. Ce terme désignait les vieillards, les malades, les enfants trop jeunes, ainsi que les Marrons en situation de handicap. Considérés comme inaptes au travail forcé, ils représentaient une catégorie marginalisée au sein des communautés esclaves. 26Mars

Aba Liba : Le Guerrier Invaincu Personnalité : Aba Liba ce guerrier marron, actif au XVIIIᵉ siècle, est célébré pour n’avoir jamais perdu une bataille, selon les récits oraux des Saramaka. Il plaçait des pièges dans les sentiers forestiers, utilisant des connaissances approfondies des terrains pour déjouer les attaques des colons. Un récit raconte qu’ Aba Liba a repoussé une attaque hollandaise en 1768 en utilisant des marécages comme défense naturelle 27Mars

Mama Kala, la prêtresse des songes Personnalité : Mama Kala était une prêtresse respectée pour sa capacité à en- trer en transe et à recevoir des visions prophétiques. Elle était régulièrement consultée pour des conseils sur les déci- sions importantes à prendre pour le village 28Mars

Les rituels de transe Spiritualité : Ces rituels permettent de se connecter aux esprits , d’entrer en contact avec les ancêtres. La transe est un état où le participant, souvent guidé par des chants, des tambours et des danses, transcende sa réalité physique pour entrer dans un espace sacré. Les esprits sont consultés pour résoudre des problèmes, guérir des maladies ou protéger la communauté. Pour les individus en transe, l’état de conscience est modifié, ils perdent le contrôle de leur corps et permettent aux esprits de s’ex- primer à travers eux. Les esprits possèdent temporairement le corps des participants . Ils transmettent des messages, donnent des conseils ou offrent des bénédictions. Le bonuman (guérisseur ou prêtre) guide les interactions avec les esprits et interprète leurs paroles. 29Mars

Les chants de la transe Poème : Les chants s’élèvent, vibrants et profonds, Portant nos âmes au-delà de l’horizon. Ils résonnent dans la nuit, écho sacré, Un pont fragile entre ciel et forêt. Les esprits murmurent au creux des refrains, Leurs voix se mêlent au vent, au lointain. Dans ce tourbillon d’énergies croisées, La transe nous emporte, tout est effacé. Les chants s’élèvent, porteurs d’espoir, Ils racontent des luttes, des rêves, des mémoires. Et quand l’aube viendra, douce et profonde, Nos cœurs garderont l’écho de cet autre monde. 30Mars

Kapiten Ziko, le danseur sacré Personnalité : Kapiten Ziko était un maître de la danse sacrée. Il menait les cérémonies en dansant pour honorer les esprits et demandait leur bénédiction pour la communauté. Son charisme et ses talents étaient admirés de tous. 31Mars

Les guerriers de la lune Poème : Sous la lune claire, nos lances scintillent, Reflets d’argent dans l’ombre tranquille. Nos pas furtifs, légers comme le vent, Traversent la nuit, portés par le temps. Invisibles mais forts, nous veillons sans fin, Protecteurs secrets des chemins lointains. Dans chaque ombre, une promesse s’écrit, De défendre nos terres, de préserver la vie. Sous la lune claire, nos cœurs s’embrasent, Au rythme des tambours, l’honneur s’enflamme. Les guerriers de la lune, enfants de la nuit, Veillent éternellement, en silence, sans bruit. 01Avril

KALABANZA le Maître des Évasions Personnalité : Kalabanza est célèbre pour avoir orchestré des évasions massives d’esclaves. Il utilisait des itinéraires complexes dans la forêt, exploitant des che- mins cachés et des réseaux fluviaux pour tromper les chasseurs d’esclaves. Une légende raconte qu’il aurait libéré plus de 30 esclaves d’une plantation en utilisant une diversion où il déclencha un incendie pour attirer l’attention des colons. Lors d’une attaque hollandaise sur un village marron, Kalabanza au- rait ordonné à ses hommes de se couvrir de feuilles et de boue pour se camoufler dans la forêt. Les soldats incapables de les repérer, furent pris dans une embuscade. 02Avril

La vigilance des clans Histoire : Les clans alliés de Boni et Kodjo maintenaient des gardes en per- manence pour surveiller la forêt. Cette vigilance leur permettait de détecter les patrouilles ennemies à plusieurs kilomètres et d’as- surer la sécurité de la population ainsi que la mise à l’abri des vivres. Grâce à cette organisation, les guerriers étaient en mesure de dé- fendre efficacement leurs villages. 03Avril

Sous les branches du grand fromager Poème : Sous les branches du grand fromager, Ombre des anciens, refuge des guerriers, La forêt murmure des secrets oubliés, Des chants portés par les esprits de la rivière. Nous sommes enfants du vent et de l’eau, Nés des racines qui creusent profond, Nos pas suivent les traces de nos aînés, Libres, comme le fleuve qui jamais ne plie. 04Avril

Langa KIKONGO : Maître des plantes Personnalité : Langa Kikongo était connu pour sa maîtrise exceptionnelle des plantes médicinales de la forêt amazonienne. Il utilisait des remèdes pour soigner les maladies, guérir les bles- sures de guerre, et même pour renforcer spirituellement les guer- riers avant les batailles. langa Kikongo jouait un rôle clé dans la protection spirituelle des villages marrons. Il préparait des talismans (appelés obeah) 05Avril

Les femmes de Boni, héros des Marrons Histoire : Boni, célèbre chef des Marrons, partagea sa vie avec plusieurs femmes, chacune ayant marqué son histoire de manière unique. Héno, la plus jeune de ses épouses, lui donna un fils nommé Agoeroe(Agossu), perpétuant ainsi sa lignée. Léna de Lunenberg et Lucretia de Capoerica étaient des com- pagnes courageuses, qui n’hésitaient pas à accompagner Boni lors de ses raids, prouvant leur détermination et leur engagement à ses côtés. Yalo, autrefois proche de Boni, le trahit en entretenant une relation avec Askaan d’Ephrata. Découverts, les deux amants furent chassés de la communauté et trouvèrent refuge chez les Ndjuka. Parmi ses autres épouses, Flora de Du Peron, Swaantje, Pikiboesi, et Maria, fille d’un chef Ndjuka, jouèrent également des rôles impor- tants dans sa vie personnelle et dans la consolidation des alliances avec d’autres groupes marrons 06Avril

Askaan d’Ephrata : Le Juda Personnalité : Askaan d’Ephrata dirigeait un petit groupe composé d’une dizaine d’hommes et de quelques femmes. Pour assurer leur survie, ils décidèrent de rejoindre les Boni, où Askaan et sa bande prêtèrent allégeance au Gaanman Boni, intégrant ainsi la communauté. Cependant, en 1788, Askaan fut banni du village après que sa relation avec Yalo, l’une des femmes de Boni, fut découverte. Les deux amants, désormais rejetés, quittèrent le camp et allèrent s’ins- taller chez les Aukans, où ils trouvèrent refuge. En février 1790 Boni est mis en courant de la désertion d’Ephrata qui est passé du côté de l’ennemi, il fut affranchi et collaborait avec les colons. Il se pavanait dans le village d’Animbaw chaussures aux pieds(il était interdit aux esclaves de porter des chaussures). Il servira de guide aux soldats pour attaquer les villages Boni. 07Avril

Le Poids de la Trahison Poème : Pour une poignée d’or, un regard flatteur, Certains brisent le cercle, renient l’honneur. Ils vendent leurs frères, leurs chants, leur histoire, Pour goûter aux miettes d’un pouvoir illusoire. Le feu sacré vacille dans la nuit, Sous les pas traîtres qui fuient sans bruit. Les esprits pleurent, les anciens s’indignent, Le lien sacré devient ligne indigne. Le fouet qui frappe n’épargne personne, Même ceux qui s’agenouillent pour que l’oppression raisonne. Car dans les faveurs des colons trompeurs, Se cache le venin d’un avenir en pleurs. Trahir pour un instant de confort futile, C’est s’enchaîner à un destin fragile. Mais le peuple debout, dans sa dignité, Saura briser l’oubli, retrouver la vérité. Car la liberté, même dans la douleur, Ne se troque jamais pour des faveurs. Et les noms des traîtres, portés par le vent, S’effacent dans l’oubli des temps. 08Avril

Osolo le Vautour Spiritualité : Il est un esprit puissant et respecté, incarnant à la fois les forces de l’air et celles de la forêt. Aux côtés d’autres divinités comme Busunki (esprit de l’eau) et Amanfu (esprit de la forêt et du feu), spécialisé dans la guérison et la protection contre toutes formes de blessures physiques, notamment celles infligées par des armes blanches ou des armes à feu, ils offrent leur protection aux Bushinenge lors de leurs combats et luttes. 09Avril

La sagesse de Papa Tinga Personnalité : Papa Tinga, un ancien chef, était réputé pour son calme et sa sagesse. Il négocia plusieurs accords de paix avec les colons, permet- tant à son peuple de conserver leur autonomie dans les forêts du Suriname. 10Avril

Les tensions en interne Histoire : En avril 1784, un incident éclata au sein des Marrons. Un homme du village de Kodjo entretenait une relation avec l’une des femmes de Boni. Ce dernier, les surprenant ensemble, tua l’amant sur le coup. Furieux, les habitants de Kodjo, menés par leur chef, cap- turèrent onze habitants du clan de Boni qui se trouvaient de passage à Langatabiki. Toutefois, après réflexion, ces derniers furent relâchés, et le conflit semble avoir été résolu en interne, sans entraîner de représailles majeure. 11Avril

Les gouttes d’espoir Poème : Chaque goutte de pluie est une bénédiction, Un message des esprits bienveillants. Elle nourrit la terre et nos cœurs, Nous apportant espoir et renouveau. Elle caresse la terre, la réveille en secret, Glissant sur les feuilles, éclairant nos projets. Elle lave nos peurs, purifie nos douleurs, Et ranime les rêves cachés dans nos cœurs. Dans son sillage, la vie reprend son souffle, Les racines s’étirent, les fleurs se découvrent. Chaque goutte éclate en une promesse nouvelle, Un écho d’espoir dans l’éternel cycle naturel. 12Avril

Mama Sali, la chamane de l’eau Personnalité : Mama Sali était une chamane respectée pour sa connais- sance des esprits de l’eau. Elle menait des rituels pour s’assurer que les rivières restaient pures et que la pluie continuait de bénir les terres. 13Avril

Les enfants de Boni Histoire L’histoire ne précise pas le nombre exact d’enfants de Boni, mais certains d’entre eux sont connus. Agossu, premier lieutenant, il accompagnait son père sur tous les fronts, jouant un rôle clé dans les batailles. Beyman et Profijt, qui s’est retrouvé au cœur des stratégies colo- niales : Profijt fut capturé par le colon Stoeldman dans le but de forcer Boni à entrer en négociations. Enfin, Marietje complète cette liste d’enfants notables. 14Avril

KWAMINA Adyubi Personnalité : Il était un chef influent du groupe Ndjuka, appartenant au clan Dikan, et entretenait une relation fraternelle avec Boni, qu’il considérait comme son frère. À la mort de son frère Fabi Labi Beyman en 1764, il accéda au titre de Gran-Man du peuple Ndjuka, qu’il dirigea de 1764 à 1765 15Avril

Le retour des semences Poème : Les semences retournent à la terre, Portant les promesses du futur. Elles nourrissent la vie qui renaît, Et nous rappellent le cycle éternel. Elles dansent sous l’ombre des racines, Nourries par la pluie, par la lumière divine. Chaque grain, une histoire, un espoir discret, Un chant de vie que la terre recrée. Car tout retourne, tout se transforme, Dans ce cycle éternel où tout prend forme. Les semences, messagères du passé, Portent en elles l’éternité 16Avril

L’abattis Histoire : Les abattis sont créés en défrichant une portion de forêt, généralement en abattant des arbres et en brûlant la végétation (technique de l’agriculture sur brûlis). Les cendres enrichissent temporairement le sol, permettant de cultiver des plantes vivrières sur une période de 2 à 5 ans avant que la parcelle ne soit laissée en jachère pour se régénérer. On y cultive principalement : Le manioc (base de leur alimentation, utilisé pour produire le couac ou farine de manioc). Les bananes plantains, patates douces et ignames. Le maïs, le riz et des légumes comme les piments, les aubergines et les gombos. Les abattis des Bushinengué ne sont pas seulement une réponse pratique à leurs besoins alimentaires : ils incarnent leur capacité à s’adapter, à survivre et à préserver leur identité face à l’histoire de l’esclavage et de la fuite. 17Avril

Jonas le Futuboy de Boni Personnalité : Jonas était le futuboy de Boni c’est-à-dire l’homme à tout faire. Le 18 Avril 1776, Jonas se rendit aux colons et guida les redimusu au nouveau village des Boni-Aluku Mokomokobusi (foret de mokomoko). Il savait que Boni ne s’y trouvait pas car parti chasser. Mokomokobu- si comptait une cinquantaine de maisons. L’expédition fut couronné de succès, Jonas rentra au mois de Mai dans la troupe de Redimusi ,il devient éclaireur et emmena en juin les soldats saccager les dif- férents abattis des Boni . Après ces attaques les Gaanman Boni et Aluku décidèrent de tra- verser. 18Avril

Les pirogues : piliers de liberté et de survie Histoire : Ces embarcations, sculptées à partir de troncs d’arbres, symbo- lisaient non seulement un moyen de transport pratique, mais aussi un outil stratégique, culturel et spirituel. Durant le marronnage, les pirogues servaient principalement à tra- verser les rivières et les marais, qui formaient des barrières natu- relles entre les plantations coloniales et les zones où les Marrons établissaient leurs communautés. Elles permettaient de transporter des groupes armés de manière furtive, souvent de nuit, pour frapper les colons par surprise. Après les raids, les Marrons utilisaient les pirogues pour emporter vivres, armes et autres provisions volées, avant de disparaître dans la forêt ou sur les cours d’eau. 19Avril

Sous les tambours et le chant des pirogues Poème : Les tambours résonnent, vibrants, profonds, Écho des ancêtres, appel du fond, Chaque battement, un cri, un serment, De liberté gravé dans le vent. Le Tutu s’élève, mélodie guerrière, Annonce les flammes, la terreur des clairières. Les notes aiguës percent le silence, Signes des attaques, d’une ardente défense. Sous la brume, les ombres avancent, Le bois des pirogues danse en cadence, Chargées d’hommes, de forces sacrées, De femmes, d’armes et de rituels innés. Tambours et pirogues, héros silencieux, Témoins des batailles sous les cieux, Leurs chants, leurs traces, gravés à jamais, Racontent l’histoire des libres et des fiers. 20Avril

Mama Leni, la semeuse d’espoir Personnalité : Mama Leni était connue pour ses rites de plantation et de crois- sance. Elle guidait la communauté dans la préparation des champs et offrait des prières pour assurer des récoltes abondantes. 21Avril

Le Riz, un cœur battant Poème : Dans les champs baignés de soleil doré, Le riz murmure des chants sacrés. Grain après grain, il porte l’histoire, Mémoire fertile des luttes et des espoirs. Semé par des mains pleines de courage, Il pousse au rythme des âges, Symbole de vie, trésor partagé, L’or blanc des Marrons, précieux héritage. Dans les villages au cœur de la forêt, Le riz unit, nourrit et apaise, Lors des festins ou des jours austères, Il est le lien des frères et des mères. Le riz , humble et sacré, Est plus qu’un repas, une identité. Il porte les luttes, il porte la foi, Et nourrit l’âme de ce peuple-roi. 22Avril

L’attaque de Sambokondre et la fuite vers Alesikondre Histoire : Le groupe de Sambokwasi, basé au village de Sambokondre (le village de Sambo), se préparait à rejoindre les autres clans uni- fiés à Alesikondre. Le village comptait 65 cabanes et ses habitants emballaient leurs marchandises pour le voyage lorsque, en avril 1773, ils furent découverts par les rangers Redimusu . Les prisonniers capturés révélèrent que Boni leur avait envoyé du riz et des vivres pour les aider à se déplacer. Ils ajoutèrent également que plusieurs capitaines marrons influents, tels que Baron, Jolicoeur, Bonga et Suku, étaient présents dans le village. Cependant, à court de munitions pour se défendre, ces leaders furent contraints d’abandonner les provisions déjà préparées et de se retirer. Cette attaque marqua un tournant, forçant les autres groupes de Boni à migrer vers Alesikondre, consolidant ainsi cette nouvelle communauté comme un refuge central pour les Marrons en lutte. 23Avril

Les femmes gardiennes du riz Histoire : Les Bushinenge honorent souvent les femmes devenues ancêtres, reconnues pour leur rôle crucial dans la survie des communautés en fuite. Ces femmes, véritables gardiennes de la sécurité alimentaire, ont as- suré la pérennité de leurs peuples en dissimulant des graines de riz dans leurs cheveux lors de leur fuite. Aujourd’hui, certaines variétés de riz portent leurs noms, en hommage à leur courage et leur ingéniosité, et des chants ont été composés pour per- pétuer leur mémoire. Chez les Saramaka, on trouve le riz Seei (Alisi Seei), le Mayaya ou encore le Tyaka Majaja et le Ma Paanza Kwandjaa (à graines rouges). Chez les Matawai,le riz Ma Tjowa, Chez les Ndyuka, les variétés Sapali, Ana, et Baapa célèbrent également ces femmes héroïques. Sapali et Ana appartiennent au clan Misidjan et contrairement aux autres femmes qui était soit libérées lors des raids ou kidnappées, ses deux femmes Ndjuka se s’en enfuit à leur initiative. Les traditions témoignent de l’importance du riz non seulement comme source de vie, mais aussi comme symbole de résilience et de transmission culturelle. 24Avril

ABINI, le premier Gran-Man Saramaka Personnalité : Chef Saramaka du clan Matyau, il fut officiellement reconnu comme Gran-Man en 1762 pour avoir négocié et signé un traité de paix, malgré l’opposition du chef Ayako en 1750. Il est également connu comme le premier Marron à s’être converti au christianisme. Sa vie prit fin en 1767 lors de la bataille contre les Matawaï. 25Avril

Les Ombres des Chaines Poème : Sous le soleil brûlant, des corps plient, Des cris étouffés, des âmes qui supplient. Le poids des chaînes ronge la peau, Tandis que l’horizon s’efface sous le joug des bourreaux. Les fouets sifflent, lacérant le vent, Chaque coup un rappel de l’oppression d’antan. Des regards éteints croisent la terre, Mais dans chaque cœur, une lueur persévère. Les exécutions, théâtre de l’effroi, Suspendent des vies aux lois sans foi. Les corps tombent, mais l’esprit demeure, Un cri muet qui défie les heures. Car même sous l’ombre de la potence, Le souffle de la liberté avance. Les morts murmurent aux cœurs des vivants, Que la lutte continue, incessante, brûlante. 26Avril

Exécutions Histoire : L’esclavage en Guyane française est officiellement aboli le 27 avril 1848. Cependant, les Marrons avaient déjà reconquis leur liberté bien avant cette date, à travers leur lutte et leur mode de vie autonome. Le 27 avril, Atta et 32 chefs rebelles ont été exécutés publiquement. Atta, qui était considéré comme le plus cruel des chefs rebelles, et qui avait tué de nombreux Blancs, a été cruellement tué : il était attaché à un poteau, autour duquel il pouvait marcher. Avec des pinces chauffées au rouge, un morceau de chair a ensuite été arraché de son corps toutes les sept à huit minutes. Cette torture a duré plus de trois heures. Puis il a été lentement brûlé vif ; Il est mort après plus d’une demi-heure. 27Avril

Les racines de la sagesse Poème : Les racines plongent profond, Elles détiennent la sagesse ancienne. Elles nous rappellent d’où nous venons, Et les leçons que nous devons apprendre. Elles s’enroulent autour des vérités enfouies, Des leçons gravées dans la terre endormie. Chaque nœud, chaque fibre, un fragment d’histoire, Un écho du passé, un guide pour l’espoir. Elles nous rappellent nos origines sacrées, La force des ancêtres, leurs luttes affirmées. Dans leur silence, elles chuchotent nos devoirs, Nous enseignent à grandir sans jamais les décevoir. 28Avril

Mama Jina, la gardienne des vents Personnalité : Mama Jina était vénérée pour son rôle dans la communication avec les esprits du vent. Elle utilisait des chants et des prières pour apaiser les tempêtes et demander des vents favorables pour les voyages. 29Avril

AROKU Histoire : Village situé non loin de l’actuel Apatou, construite par Boni et ses frères d’armes. Fin mars1790,Boni est averti par le Gaanman Pamu ,chef Nd- juka que les colons guidé par son ancien compagnon d’arme Epharata risques d’attaquer Aroku. Il décident alors d’évacuer son village, pour pré- venir les différents chefs Il fit battre le signal d’alarme et de la retraite au tambour : Le gros tambour Apinti. Le 18 Avril les soldats arrivent au poste d’Armina. L’assaut fut donné et les attaques débutèrent du 26 au 30 avril. Le 30 avril à 09heures les soldats rentrent dans Aroku et tuèrent les hommes qui n’avaient pas eu le temps de fuir et fit prisonniers les femmes. Les soldats en confiance prirent le village suivant Bakamongo ensuite ce- lui des Kapiten Basa,de Sambokwasi et Koki.Le 14 et 15 Mai se fut autour des villages de Puja et Kormantin Kodjo. Toute la région d’AROKU était au mains des colons,la troupe avait réduit en cendres 14 villages . Après le saccage de leurs lieux de vie, les boni migrèrent vers le sud ,près du saut Pedrosungu (pedro s’est noyé),il s’y installèrent et le nomma Ingi Pule Seton (la Pierre que l’Indien lança). 30Avril

La Moisson du Renouveau Poème : Sous le ciel immense, la terre murmure, Portant en son sein des promesses d’azur. Les abattis vibrent, fruits de nos mains, Récompense sacrée des efforts anciens. Le manioc danse dans les champs dorés, Les bananes murmurent aux vents apaisés. Chaque graine semée, chaque goutte versée, Offrent aujourd’hui des festins à partager. Les tambours résonnent, les chants s’élèvent, La récolte est là, comme un souffle qui relève. C’est le cycle éternel, le retour de la vie, Une promesse tenue, un futur qui fleurit. 01Mai

Alabi le Gran-Man lettré ( 1743-1820) Personnalité : Né en 1743 à Munyawoyo Kiiki, Alabi était le fils d’Abini, premier Gran-Man des Saramaka. Baptisé en 1771, il reçut une éducation auprès des missionnaires de l’Église Morave, qui lui apprirent à lire et à écrire. Il contribua également à l’élaboration d’un dictionnaire saramaka-allemand avec ces derniers. À la mort de son père en 1775, Alabi, jugé trop jeune, ne put accéder au titre de Gran-Man. Cependant, en 1783, il fut élu Gaanman de sa tribu, devenant un leader influent et respecté. Il occupa cette position jusqu’à sa mort en 1820. 02Mai

Les cérémonies de passage Spiritualité : Les cérémonies de passage marquent des étapes importantes dans la vie des Bushinenge,telles que l’entrée dans l’âge adulte, le mariage, ou encore la fin de vie. Chaque étape est célébrée avec des rites complexes pour s’assurer que l’individu soit guidé par les esprits à travers les transitions de la vie. 03Mai

L’attaque de la plantation de Groot-Marceille Histoire : Il était courant que les Marrons attaquent leurs anciennes planta- tions, souvent motivés par un désir de vengeance envers le maître de l’exploitation. Le matin du 4 mai 1774, colons et esclaves furent pris de court par l’arrivée spectaculaire d’un groupe de Marrons. Accompagnés de leurs tambours, ils annonçaient les hostilités en jouant du Tutu, sous une pluie battante. Parmi eux se trouvaient Suku, un Marron du village de Tesisi, et Aluku, tous deux ayant autrefois appartenu à cette plantation. 04Mai

Kapiten Dagu, le chef invaincu Personnalité : Kapiten Dagu, chef de guerre Ndyuka, est célèbre pour avoir re- poussé plusieurs tentatives des colons de pénétrer dans les terres des Bushi Nenge. Stratège et guerrier redouté, il est devenu une figure emblématique de la résistance marronne. 05Mai

Le chant du feu Poème : Il naît d’une étincelle, fragile lumière, Un souffle, un souffle, et il devient fier. Il embrase les bois, murmure des secrets, Contes de cendres, mémoire des forêts. Compagnon fidèle des peuples en lutte, Gardien des nuits, des âmes en déroute, Autour de lui, les rires s’élèvent, Le feu réchauffe, il console et rêve. Il porte la guerre, il porte la paix, Il est la force qui jamais ne se tait. Dans les clairières où grondent les tambours, Le feu veille, éclatant toujours. 06Mai

Anani, le sage conteur Personnalité : Anani, conteur respecté du peuple Bushi Nenge, était un gardien de la tradition orale. Ses récits, transmis de génération en généra- tion, sont des trésors de sagesse et d’enseignement. Anani était aussi un maître de l’art de la parole, capable d’ensorceler son auditoire. 07Mai

Les Basias des plantations Histoire : Sous le régime de l’esclavage, le basia occupait une position de chef de chantier. Il était chargé de répartir les tâches entre les esclaves et de superviser le travail, que ce soit dans les champs ou à la scierie. En plus de cette responsabilité, il avait ses propres tâches à accomplir et devait régulièrement rendre compte de ses activités à son maître. Tout esclave souhaitant quitter la plantation pour rendre visite à un membre de sa famille sur une plantation voisine devait obtenir l’ap- probation du basia. Par ailleurs, une désertion massive d’esclaves était quasiment im- possible sans son consentement préalable, tant son rôle était central dans l’organisation et le contrôle des esclaves. 08Mai

Kwaku ETJA-Gran-Man ( 1775-1783) Personnalité : Appartenant au clan Nasi(lo), il devient gaanman Saramaka à la mort d’Abini car l’héritier du chef était trop jeune . Il était contre l’idée de devoir remettre au colons ses frères évadés 09Mai

Les langues oubliées des Bushinenge : un héritage africain Histoire : Parmi les trésors linguistiques méconnus des Bushinenge, on compte sept langues rarement évoquées : Amanfu, Kumantie, Papa, Loanga, Anklibenda, Akoopina et Ampuku. Ces langues ont été directement rapportées d’Afrique par les premiers esclaves déportés. Au fil des siècles, elles ont été enrichies par l’ajout de mots provenant des six grandes communautés Bushinenge, dans le but de faciliter la communication et renforcer l’unité entre les clans 10Mai

Les voix oubliées Poème : Au cœur des forêts, dans l’ombre des rivières, Résonnent des langues, échos de lumière. Amanfu murmure, souffle ancestral, Kumantie chante, mélodie vitale. Loanga danse sous les arbres géants, Anklibenda conte les récits du vent. Akoopina, douce, apaise les âmes, Ampuku réveille le feu et les flammes. Ces mots venus des terres lointaines, Portés par des cœurs, brisés mais pleins de peine, S’enrichissent des liens, des voix de leurs frères, Tissant des ponts entre les clans et les frontières. Oh, langues perdues, trésors des mémoires, Vous êtes les racines, les branches de l’histoire. Dans vos syllabes dort une humanité, Un appel au respect, à la diversité. 11Mai

Mama Kulu, la tisseuse des étoiles Personnalité : Mama Kulu était une artisane renommée pour ses tissus tissés à la main, symbolisant les étoiles . Elle croyait que chaque motif qu’elle créait racontait une histoire sur les relations entre les hommes et les esprits célestes 12Mai

Les libations : Un pont entre les vivants et les ancêtres Personnalité : Les libations permettent d’invoquer les esprits des ancêtres pour demander leur guidance, leur protection ou leur bénédiction. Puissant symbole de mémoire ,les libations sont considérées comme un acte de connexion spirituelle, de respect et de gratitude envers les forces invisibles ou les êtres qui veillent sur les vivants. L’eau, le rhum ou des décoctions locales sont fréquemment utilisés pour ces rituels. 13Mai

Les libations, souffle des ancêtres Poème : Sous l’ombre épaisse des arbres géants, Les Marrons s’arrêtent, le cœur battant. Leurs mains tremblantes, remplies d’eau ou de rhum, Versent sur la terre le chant des hommes. Les libations coulent, sacrées et sincères, Dialogue silencieux entre vivants et mystères. Un liquide offert, une prière murmurée, Pour guider leurs pas dans la forêt sacrée. À chaque goutte qui embrasse le sol, Un lien se tisse, un rôle se consolide. Les ancêtres veillent, dans les rivières, le vent, Portant la liberté dans chaque battement. Les libations dansent sous la lune complice, Éclats de mémoire, rites de justice. Elles rappellent aux Marrons, dans leur exil amer, Qu’ils sont les fils d’un sol, d’un ciel, d’une mer. 14Mai

Les échanges stratégiques entre Boni et Okanisi Djuka Histoire : Les échanges entre les Boni et les Okanisi Djuka portaient prin- cipalement sur des produits de première nécessité et des outils essentiels à la survie en forêt. Grâce à leurs relations avec les colons, les Djuka avaient accès à des objets en métal tels que des haches, des couteaux et des ustensiles de cuisine, qu’ils échangeaient ensuite avec les Boni. De leur côté, les Boni confiaient leurs fusils défectueux à certains Dju- ka, qui les faisaient réparer au Suriname, renforçant ainsi leur capa- cité de défense. 15Mai

Les esprits combattants (Feti Obia) Spiritualité : Avant chaque bataille, les chefs marrons s’engageaient dans une préparation spirituelle minutieuse, incluant la création de feti obia pour se protéger et attirer la réussite. Boni, fervent adepte de ces pratiques, était accompagné dans ses rituels par son Obiaman, Dyaki Atoomboti. Les hommes partant à la chasse portaient systématiquement un Obia Bwi, un talisman en forme de brassard attaché au bras. Ce talisman, connecté au monde des esprits, avait la capacité d’indi- quer la direction du danger. Celui qui le portait était ainsi guidé par une présence spirituelle, ren- forçant sa sécurité et sa vigilance. 16Mai

Les gardiennes de la liberté Poème : Elles marchaient sous la lune, silencieuses et fières, Des femmes en fuite, dans l’ombre des clairières. Leur cœur battait fort, mais jamais elles ne pliaient, Portant l’espoir d’un peuple à libérer. Dans leurs cheveux, des graines de survie, Du riz, des trésors pour nourrir la vie. Chaque pas un défi, chaque souffle un combat, Elles avançaient pour ceux qu’elles ne voyaient pas. Elles étaient mères, sœurs, filles et guerrières, Des mains fatiguées, mais des âmes lumières. Au bord des rivières, dans les forêts profondes, Elles bâtissaient des foyers, défiant le monde. 17Mai

Mama Asha, la protectrice des jeunes filles Personnalité : Mama Asha était connue pour son travail avec les jeunes filles du village, les préparant à devenir des femmes fortes et indépen- dantes. Elle leur enseignait l’importance de l’autonomie tout en respectant les traditions ancestrales. 18Mai

L’attaque de Maartenszorg Histoire : Le 19 mai 1773, les Marrons menèrent une attaque sur le domaine de Maartenszorg, situé dans le district de Patamacca. Cette opération fut dirigée par Kwami (de Wried), un lieutenant de Boni, qui coordonna l’assaut avec son groupe 19Mai

La guerre entre Okanisi et Boni Histoire : Le 20 mai 1791, les yonkuman s’engageait devant le chef de poste hollandais Basschal à suspendre toute coopération et tout parte- nariat avec les Boni-Aluku.Kapiten Kwasimaba déclara que les Oka- nisi n’accueillerait plus de Boni sur leur terre. Tous ressortissant sera livré au bakra (blanc).Les Okanisi installèrent un poste de contrôle sur le Maroni afin d’interdire la navigation au Boni-Aluku. Cette décision fut motivée par l’arrêt des livraisons de marchandises et de cadeaux de la part des colons, un privilège essentiel auquel les Yonkuman refusaient de renoncer. 20Mai

Frères d’ombres, frères de lutte Poème : Dans les profondeurs de la forêt sacrée, Ombres furtives par l’histoire sculptées, Les tambours résonnent, porteurs de colère, Quand frères de sang se font adversaires. Djuka et Boni, unis par la fuite, Liés par le vent, par l’eau qui s’agite, Mais le poids des colons, sombre héritage, Divisa leurs cœurs, brisa leur partage. Les Yonkuman, gardiens des faveurs, Craignaient de perdre ces fragiles lueurs, Tandis qu’Aluku, libre et insoumis, Rêvait de plaines loin des compromis. Oh, frères d’ombres, que dit la forêt ? Elle murmure aux cœurs, elle veut la paix. Car des cendres du feu, des larmes des rivières, Renait l’espoir, mémoire des terres. 21Mai

L’épreuve d’Arabi et Piti : tensions entre Boni et Ndjuka Histoire : Le 22 mai 1792 les Kapiten Okanisi, Arabi et Piti, furent capturés et assignés à résidence par Agossu et les yonkuman Boni dans un village secret, dissimulé derrière les chutes de Pampungron (Abattis de Potiron). Arabi était venu rencontrer les Boni sous prétexte de récupérer sa femme et ses enfants, mais ses véritables intentions étaient de les remettre aux colons. Les Boni, soupçonnant la ruse, refusèrent de lui rendre la femme, qui appartenait à leur communauté. Agossu, furieux contre les chefs Ndjuka, leur reprocha d’avoir livré trop de Marrons aux colons. Il exprima sa colère et son désir de ven- ger ses pairs en attaquant les Ndjuka. Toutefois, Boni et Kodjo déci- dèrent de libérer Arabi et Piti, à la condition qu’ils ne révèlent pas la position du village aux colons. Cet accord fut symboliquement scellé par le dringi sweli, (boire le serment). 22Mai

Kapiten Kani, le visionnaire de la paix Personnalité : Kapiten Kani était un leader visionnaire qui a prôné la paix et la diplomatie entre les différents clans Bushinenge. Il croyait que l’unité du peuple était la clé pour résister aux menaces extérieures. 23Mai

Boni face aux esprits de la forêt Ndjuka Spiritualité : Selon les récits, Boni, accompagné de son tutu et obiaman Dyaki Atoomboti, projetait d’attaquer la ville Aukan Afo Amelisigron. Ce- pendant, leur progression fut entravée par les esprits de la forêt, qui s’opposaient à leur avancée. Parmi eux, l’esprit Gangasukosu inter- vint en envoyant un troupeau de cochons sauvages pour leur barrer la route, rendant leur mission impossible. 24Mai

Mama Tana, la sage des rêves Personnalité : Mama Tana était reconnue pour sa capacité à interpréter les rêves. Elle enseignait que les rêves sont un langage utilisé par les an- cêtres pour communiquer avec les vivants, et elle aidait à déchiffrer leurs messages. 25Mai

L’origine du clan Yakubi chez les Boni-Aluku Histoire : En mai 1731, des guerriers menèrent une attaque sur la plantation Vinkenvries, située le long de la rivière Cottica. Ils s’emparèrent de toutes les armes et marchandises présentes sur place. La plantation appartenait à Marcellus Jacobij (appelé localement Marceille Yaku- bi). Askaan de Marceille (Aluku), un Marron issu de cette plantation, transmit le nom Yakubi, qui devint par la suite l’un des sept matriclans (Yakubi Lo) formant la communauté des Boni-Aluku. 26Mai

Les lignées perdues, les familles retrouvées Poème : Dans les chaînes du passé, nos noms effacés, Nos lignées brisées, nos racines arrachées. L’esclavage, cruel vent d’oubli, A dispersé nos ancêtres dans l’infini. Qui suis-je ? De quel sang suis-je né ? Quelle terre m’appelait avant d’être captif, brisé ? Les mémoires se voilent, les voix se taisent, Mais nos cœurs battent encore, malgré la détresse. Dans la nuit sombre, nous avons forgé, Des liens de sang, des familles recréées. Nos mains, unies dans la douleur, Ont bâti des foyers, illuminés par l’espoir et la ferveur. Nos noms perdus renaissent dans les chants, Nos clans s’élèvent, forts et vibrants. Aluku, Ndjuka, Saramaka, Des familles créées dans l’écho des rivières et du bois sacré 27Mai

Jolicoeur, le chef marron en quête de justice et de liberté Personnalité : D’après les récits, avant de décapiter son ancien maître, Jolicoeur lui rappela les abus subis, notamment le viol de sa femme. Après cet acte de vengeance, il trouva refuge auprès de Boni et devint un chef respecté, prenant la tête de nombreux raids contre les plan- tations. Le 28 mai, Jolicoeur, à la tête d’un groupe de Marrons, mena un raid audacieux sur la plantation Nieuw-Roosenbeek, située le long de la Boven-Commewijne. En réponse, le commandant Oorsinga conclut qu’une nouvelle stra- tégie était nécessaire pour atteindre Buku, bastion des Marrons. Il re- commanda à Paramaribo l’envoi d’une seconde patrouille, cette fois en empruntant le ruisseau Cassipera pour tenter d’atteindre Buku. 28Mai

Kosay, un exemple de résilience et d’organisation marronne Histoire : Malgré les attaques constantes, les Marrons s’établissaient dans la forêt, cherchant à créer une société autonome. Le village de Ko- say en est un exemple remarquable, abritant des figures telles qu’Asi- kan Sylvester, Boni et Aluku. Le village comptait 32 maisons et était entouré de 15 hectares d’abat- tis où l’on cultivait du manioc (kasaba) et des bananiers. Une forge y fonctionnait, équipée d’une centaine de kilos de quin- caillerie, incluant des barres, crochets et clous. Les habitants possé- daient des biens tels que des lampes en cuivre, des fers à repasser, des pots à eau (près de 200), des pipes en terre, des hamacs, ainsi qu’environ 700 poulets. En 1768, le soldat Jacot et sa troupe découvrirent le village. Ils mirent le feu aux maisons et récupérèrent les biens des Marrons, détruisant temporairement cette organisation résiliente, mais pas l’esprit in- domptable des habitants. 29Mai

Mama Zela, la gardienne des chants sacrés Personnalité : Mama Zela était la gardienne des chants sacrés utilisés lors des rituels importants. Elle connaissait chaque mélodie et chaque parole par cœur et veil- lait à ce que les chants soient transmis fidèlement aux générations futures 30Mai

Les chants du crépuscule Poème : Le crépuscule tombe doucement, Enveloppant la forêt d’un manteau apaisant. Nos voix s’élèvent avec l’obscurité, Portant nos âmes vers l’éternité. Chaque chant est une prière sacrée, Un murmure aux esprits du passé. Sous les étoiles, nos cœurs vibrent, Unis par les récits que la nuit délivre. Le vent emporte nos mélodies lointaines, Traversant les collines et les plaines. Dans l’ombre, l’histoire prend vie, Les chants du crépuscule, gardiens de l’infini. 31Mai

Les plantes, alliées des âmes enchaînées Poème : Dans l’ombre lourde des plantations, Les esclaves trouvaient des consolations, Dans les herbes, les racines et les fleurs, Elles portaient la vie, apaisaient les douleurs. Le manioc nourrissait les corps meurtris, Le vétiver chassait les mauvais esprits. La citronnelle, douce amie des nuits, Offrait ses bras aux rêves enfouis. Les feuilles dans les mains devenaient pouvoir, Des talismans pour braver le désespoir. Mêlées à des chants et des invocations, Les plantes tissaient des liens d’évasion. Les ancêtres parlaient dans le vent des forêts, Guidant les esclaves vers des secrets cachés. Chaque racine, un espoir enraciné, Chaque fleur, une promesse à murmurer. 01Juin

GOON MAMA, la Divinité de la Terre-Mère Spiritualité : GOON MAMA est l’essence même de la Vie et de sa perpétuation. Fondement du monde, elle a donné naissance à deux plantes sacrées, SINGAAFU (plante herbacée dont la tige est comestible et dont il existe plusieurs variétés )et MALEMBELEMBE (plante au large feuille), qui marquent l’origine du règne végétal. On l’honore à travers des offrandes alimentaires pour attirer l’abondance et la prospérité. 02Juin

Papa Yali, le grand guérisseur Personnalité : Papa Yali était connu pour ses dons de guérisseur. Ses compé- tences allaient au-delà de la médecine, car il possédait une connaissance profonde des plantes, des prières et des rituels. Il soi- gnait à la fois le corps et l’âme, avec une sagesse qui lui venait des ancêtres. 03Juin

Kodjo Kormantin, le Guerrier Indomptable Histoire : En 1759, lors des négociations de paix entre les colons et le peuple Okanisi-Ndjuka, Kodjo Kormentin marque les esprits par son ap- parence imposante et sa prestance guerrière. Peint en rouge de la tête aux pieds, vêtu en combattant, il se dresse fièrement, semblable à un demi-dieu, incarnant la puissance et la dé- termination de son peuple. À ses côtés, une soixantaine de guerriers armés l’accompagnent, exécutant une chorégraphie guerrière, sym- bole de force et de résistance. Malgré cette démonstration impressionnante, Kodjo Kormantin et les siens n’ont pas signé le traité. 04Juin

Le Courage des Mères Poème : Dans la nuit lourde de larmes et de rage, Sous l’ombre des cendres, sous l’écho des orages, Les chaînes brisées dans un souffle de feu, Ils fuyaient l’enfer vers un monde plus bleu. Les hommes, guerriers aux cœurs en tempête, Craignaient le pas lent, l’enfant qui s’arrête. « Il nous ralentit, il faut l’abandonner, Ou c’est la mort qui viendra nous prendre ! » Mais les femmes, piliers aux âmes d’acier, Ont levé la voix comme tonnerre insurgé. « Nous avons porté ces vies dans nos chairs, Nous les porterons encore, au-delà des fers ! » Dans leurs bras, le sang de leurs racines, Leurs enfants, promesses d’aurores divines. Elles ont marché, défiant l’impossible, L’amour plus grand que le pas difficile. Dans la jungle aux murmures d’espoir, Elles ont caché leurs fils dans le noir, Leur corps, rempart contre l’oubli, Leur souffle, prière aux esprits endormis. 05Juin

Mama Siba, la protectrice des enfants Personnalité : Mama Siba, respectée pour son amour et sa dévotion envers les plus jeunes, était une figure maternelle pour tout le village. Elle était responsable des rites de passage pour les filles et transmet- tait les connaissances essentielles de la vie aux futures générations. 06Juin

SANGAAFU, Gardienne de la Vie et du Sacrés Spiritualité : Le SANGAAFU est une plante essentielle à l’équilibre du monde vé- gétal, liée au Malembelembe , son rôle est multiple dans la culture des Bushinenge, tant sur le plan spirituel que pratique. Lors des naissances, son usage est sacré : le placenta ou le fœtus est enterré sur un lit de Malembelembe, tandis que la mère est purifiée par des infusions de SANGAAFU. En rituel, il se présente sous différentes formes : • Macérations pour des cérémonies spirituelles, • Feuilles servant de nappes pour les offrandes aux esprits de la terre, • Plante entière utilisée comme élément décoratif pour marquer un espace sacré. Le SANGAAFU joue aussi un rôle de survie en forêt, servant d’aliment de secours pour ceux qui s’égarent. Lors des funérailles ou des rites d’exorcisme, il prend une dimension mystique. Débarrassé de ses feuilles et de son bulbe, peint de noir et de blanc, il permet de «séparer» le PAATI (spectre ou esprit d’un défunt) de notre monde. Plante de vie, de passage et de protection, le SANGAAFU demeure un pilier du lien entre l’humain et les forces invisibles de la nature. 07Juin

Papa Fana, le maître des masques Personnalité : Papa Fana était un maître sculpteur connu pour ses masques ri- tuels. Chaque masque qu’il fabriquait avait un lien particulier avec un esprit ou un ancêtre et était utilisé dans des cérémonies importantes. 08Juin

AKAADJO, L’Offrande Sacrée à la Terre Fertile Personnalité : L’AKAADJO est une boisson sucrée à base de maïs, dédiée à la plus grande divinité de la Terre, gardienne de la fertilité des sols (goon mama). Avant d’entamer les travaux agricoles, elle est invoquée à travers des rituels où l’on dépose diverses offrandes alimentaires, parmi les- quelles l’AKAADJO, mais aussi du tafia . Cette boisson symbolise le lien sacré entre l’homme et la terre nour- ricière, un hommage essentiel pour assurer des récoltes abondantes et la prospérité du peuple. 09Juin

La mort de Jolicoeur Histoire : Le lieutenant Lepper, déterminé à venger l’attaque de l’exploitation de Maarenszorg survenue le 19 mai 1773, s’enfonça dans la forêt le 8 juin avec ses soldats pour traquer les Marrons. Après deux jours de marche, ils furent encerclés par les Marrons qui surgissaient des arbres, habiles et disciplinés, suivant rigoureusement les ordres de leurs chefs. Ce jour-là, à 8h30, le lieutenant Lepper fut abattu par balle. Les échanges de tirs entre les deux camps s’intensifièrent et durèrent toute la journée du 10 juin 1773. Au cours de cet affrontement, Joli- coeur, frère d’armes de Boni, fut tué. Sa mort fut un coup dur pour Boni, qui le pleura avec une grande douleur. Les Marrons, victorieux, capturèrent sept soldats blancs. Pour leur exécution, Boni remit cinq prisonniers à Baron et Askan d’Ephrata, qui les firent fusiller, tandis que les deux autres furent confiés à Kodjo, dont le fils Arili les décapita. Après cet affrontement sanglant, le clan de Boni prit la décision de quitter Alesikondre, devenu vulnérable et bien trop connu des colons. 10Juin

Mama Luma, Gardienne des Remèdes de la Nature Personnalité : Mama Luma possédait une connaissance profonde des plantes médicinales et était une guérisseuse respectée. Elle transmettait avec sagesse l’idée que la nature offre tout le néces- saire pour soigner et préserver la vie. 11Juin

Les Chefs Marrons, Frères d’Acier Poème : Ils étaient lions, ils étaient rocs, Forts comme les fleuves, libres comme l’aube. Dans la nuit dense des grands bois profonds, Ils se dressaient, esprits et démons. Chacun portait sa voix, son feu, Un nom sculpté dans l’écho des cieux. L’un était sage, l’autre impétueux, L’un rêvait paix, l’autre guerre en jeu. Leur sang bouillonnait sous mille désaccords, Chacun son royaume, son tambour, son sort. Ils débattaient, ils criaient, ils brisaient les lances, Mais quand l’ombre des fers menaçait leur danse, Ils devenaient tempête, vent et tonnerre, Unis par le cri de la terre-mère. Leurs rancœurs tombaient, leurs poings s’élevaient, Une seule armée face aux maîtres d’acier. Et si parfois l’orgueil dressait des murailles, Si les mots se heurtaient comme lames de bataille, Leur serment restait, plus fort que le temps : Vivre libres ou mourir en combattant. 12Juin

L’union des Marrons pour la liberté Personnalité : Mi-juin 1773, l’exploitation forestière du colon Smit, située dans le district de Patamacca, fut attaquée. Parmi les Marrons ayant mené l’assaut se trouvaient Boni, Baron et Kormatin Kodjo. Bien que séparés géographiquement, les différents clans de Marrons maintenaient des liens fraternels et une communication active, unis- sant leurs efforts pour œuvrer ensemble à la conquête de leur liberté. 13Juin

Kapiten Ayo, le diplomate Personnalité : Kapiten Ayo était un diplomate respecté pour sa capacité à négo- cier la paix entre les différentes tribus et clans. Grâce à son leadership, de nombreux conflits furent évités, et la stabi- lité fut maintenue dans les territoires Bushinenge. 14Juin

Akantamasi, les Esprits des Termitières Spiritualité : Les Akantamasi sont une catégorie d’esprits ou de divinités qui résident dans les termitières. Leur présence est sacrée, et toute perturbation de leur demeure peut entraîner des conséquences spi- rituelles. Si, lors d’un brûlis après un défrichage, un cultivateur détruit acciden- tellement une termitière, l’esprit qui l’habite peut manifester sa ven- geance en infligeant une maladie. Ces afflictions, bien que diverses, ne sont jamais mortelles. Pour se libérer de leur influence et rétablir l’équilibre, il est nécessaire d’effectuer un rite de réconciliation, comprenant : o Wasi : un bain de purification. o Paima : une offrande ou une compensation pour ré- parer l’offense. Les Akantamasi communiquent à travers la langue Kumenti, utilisée pour transmettre leurs volontés et interagir avec les vivants. Respecter leur présence est essentiel pour préserver l’harmonie entre le monde des esprits et celui des hommes. 15Juin

Mama ZOLA la gardienne des secrets de la terre Personnalité : Mama Zola connaissait les mystères de la terre et était une sage- femme respectée. Elle veillait à ce que les savoirs liés à l’agriculture et à la médecine traditionnelle soient transmis avec soin. 16Juin

Les Chants Kormantins, Voix de Mémoire et de Résistance Histoire : Lors de l’attaque d’une scierie dans la région de Patamacca, les es- claves racontaient que, bien que l’incendie ait couvert l’assaut des esclaves révoltés d’un voile de fumée, les voix des femmes et des enfants s’élevaient en chants Koromantins. Bien plus que de simples mélodies, ces chants sont des véhicules de mémoire, de spiritualité et de transmission culturelle. Ils rythment la vie communautaire et sont profondément ancrés dans les pratiques rituelles et sociales des Bushinenge. Thèmes abordés dans les Chants Kormatins • Hommage aux ancêtres : récit de leur force et de leur bravoure. • Résistance et liberté : célébration de la fuite des es- claves et de la fondation des villages marrons. • Respect des esprits et de la nature : chants en l’hon- neur des rivières, des forêts et des esprits protecteurs. • Transmission des savoirs : proverbes et enseigne- ments sous forme chantée. • Rituels de guérison : paroles porteuses d’énergie pour purifier et soigner. Ces chants sacrés ne sont pas seulement un moyen d’expression : ils sont une force spirituelle, un appel aux ancêtres et un héritage vivant, résonnant à travers les générations 17Juin

L’Héritage dans la Danse et le Chant Poème : Ils ont marché pieds nus sur des terres volées, Le cœur battant au rythme des chaînes brisées. Le vent murmurait leurs prières secrètes, Le tambour résonnait, mémoire parfaite. Dans la danse, la force des ancêtres, Un cri, un saut, l’histoire renaît. Leurs pieds frappent la terre en promesse, Un serment scellé dans l’ombre épaisse. Le chant s’élève, profond, envoûtant, Il traverse le temps, fier et puissant. Mélodie d’exil, mélodie de feu, Souffle d’Afrique battant dans leurs vœux. Les mains battent le rythme sacré, Les hanches balancent, âmes enchaînées. Mais sous chaque pas, une liberté, Un monde ancien jamais oublié 18Juin

Mama Sara, la conteuse de la nuit Personnalité : Mama Sara racontait des histoires fascinantes au coin du feu, lorsque la nuit tombait. Ses récits parlaient des esprits de la nature, des héros du passé, et des leçons de vie tirées des erreurs des anciens. 19Juin

MATO, Contes et Chants Spiritualité : Les Mato sont des contes souvent narrés lors du Booko Dei, la cé- rémonie de levée de deuil, où la communauté se rassemble pour honorer la mémoire des défunts. Ces récits sont contés tout en parta- geant le Kasaba Wataa (boisson à base de manioc). Le héros principal de ces histoires est souvent Anansi, l’araignée ma- licieuse et rusée, figure emblématique de la tradition orale. Mais le récit n’est jamais linéaire : il se transforme en une véritable comédie musicale, où les participants interrompent le conteur par le procédé du Koti a Toli («couper l’histoire»), en insérant leurs propres anec- dotes. Ce moment de partage s’achève toujours dans la joie et l’unité, avec des chants et des danses, faisant des Mato bien plus qu’un simple récit : un rituel vivant où la parole devient musique et mouvement, perpétuant ainsi la tradition des Bushinenge. 20Juin

Peuple de l’Ombre et du Feu Poème : Ils sont nés dans la fuite, forgés dans l’exil, Fuyant les chaînes, les coups inutiles. La forêt, immense, les prit sous ses bras, Offrant refuge à ceux que l’on traqua. Dans l’ombre des arbres, loin des bourreaux, Ils bâtirent des vies, ils dressèrent des mots. Pas de roi, pas de maître, mais des lois gravées, Dans le sang, dans la terre, dans l’âme des aînés. Les anciens parlaient, la mémoire en éclat, Chaque conte une règle, chaque danse un combat. La justice coulait comme l’eau des rivières, Portée par les conseils sous la lune claire. Les femmes tissaient des liens et des songes, Gardiennes des âmes, des rythmes et des ondes. Les hommes chassaient, protégeaient, juraient, Que plus jamais ils ne se laisseraient enchaîner. Un peuple qui s’aime et qui se souvient, Ne plie ni ne rompt sous le poids du destin. Ils ont fait de la forêt un royaume sacré, Où les lois des ancêtres ne seront jamais effacées 21Juin

Kapiten Duma : Le Gardien des Traditions et de l’Identité Bushinenge Personnalité : Kapiten Duma fut un leader engagé, dont le combat ne se limita pas à la quête de liberté physique, mais s’étendit à la préservation des traditions et de l’identité culturelle des Bushinenge. À travers ses actions et ses révoltes, il lutta pour que les rites, les cou- tumes et la mémoire ancestrale survivent aux épreuves du temps et aux tentatives d’assimilation. Véritable gardien du savoir et des pra- tiques spirituelles, il assura la transmission des valeurs fondamen- tales à son peuple, garantissant ainsi la pérennité de leur héritage culturel. 22Juin

Manenge Obia, le Charme des Guerriers Spiritualité : Le Manenge Obia est un talisman de protection destiné aux guer- riers. Utilisé pour les préserver des blessures en combat, il agit contre les attaques par fusil, lance ou flèche. Ce puissant charmé rituel existe sous plusieurs variantes, chacune adaptée aux besoins spécifiques du combattant. Il est directement lié au culte Kumanti, qui invoque les esprits protecteurs et guerriers pour renforcer et sauvegarder ceux qui l’honorent. 23Juin

Digweti, Chef Ndyuka et Architecte de la Paix Personnalité : Digweti fut un chef Ndyuka ayant joué un rôle clé dans l’organisa- tion des villages après la signature des traités de paix avec les colons au XVIIIème siècle. Reconnu pour ses talents de médiateur et son sens aiguisé de la jus- tice, il a contribué à structurer les communautés marronnes, garantis- sant l’équilibre et la cohésion entre les différents clans. 24Juin

Le témoignage de TERESA, captive des marrons Histoire : Teresa, ancienne esclave de la plantation du colon Smit, avait été capturée lors de l’attaque menée par les Marrons de Boni. Parvenant à s’échapper, elle fut interrogée pour obtenir des informa- tions sur ses hôtes après son court séjour dans la forêt. Elle décrivit les tensions auxquelles elle avait assisté, notamment entre Boni et son frère d’armes, Baron. Contrairement à Boni, qui privilégiait des raids près des plantations, Baron souhaitait s’éloigner pour établir une société marronne indé- pendante. Après son audition, Teresa fut rendue à son maître. 25Juin

Les Malédictions Ancestrales Spiritualité : Dans la tradition Bushi Nenge, une malédiction peut frapper un li- gnage lorsqu’une offense grave est commise envers une divinité ou un défunt. Trois grandes forces spirituelles peuvent exercer leur courroux : •Papa Gadu : une malédiction survient si un ancêtre maternel a tué un serpent, créature sacrée. •Ampuku : leur colère se manifeste lorsqu’un arbre qui leur sert d’abri est abattu. Pour apaiser ces esprits, des offrandes telles que du rhum, de la bière et du riz leur sont présentées. •Akantamasi : une sanction spirituelle peut frapper quiconque détruit une termitière habitée par ces divinités. Ces malédictions, profondes et invisibles, ne peuvent être levées qu’à travers des rituels de réparation et des offrandes spécifiques, témoi- gnant du respect dû aux forces mystiques qui régissent l’équilibre du monde. 26Juin

Attaquer pour se défendre Histoire : Le 27 juin 1772, les Marrons menèrent une attaque audacieuse contre la plantation de Poelwijk. Ce raid, orchestré par Boni, avait pour objectif principal de s’emparer des armes et des munitions né- cessaires à la défense stratégique de Buku. Au cours de cette opération, ils récupérèrent 21 fusils, un canon de douilles pour fusil pivotant, ainsi qu’une boîte remplie de munitions et de poudre. En plus de ces précieuses ressources, un grand nombre d’esclaves de la plantation décidèrent de rejoindre Boni et trouvèrent refuge à Buku, renforçant ainsi la communauté marronne et leur lutte pour la liberté. 27Juin

Kapiten Yala, le sage conseiller Personnalité : Kapiten Yala était connu pour ses conseils avisés et son sens du jugement. Il a joué un rôle clé dans la gestion des conflits internes au sein des villages Bushinenge et était respecté pour sa capacité à trouver des solutions justes et équitable. 28Juin

Gran Man DIFOU Histoire : Election du Gran-Man Difou le 29 juin 1937, successeur de Gran- Man Awensaï Difou était un homme jeune, actif et intelligent, largement soutenu par les jeunes et particulièrement apprécié des Bonis pour son calme, sa pondération et sa popularité. Sa date de naissance reste inconnue. Fils de Papa Lomi, originaire du village de Loka du clan Lape, et de Ma Deede, issue du village de Boniville, il accède au titre de gaanman en 1937 grâce à sa mère, membre du clan Dikan.Difou s’éteint en 1965 29Juin

Le Cri des Enchaînés Poème : Les fers aux poignets, le dos en sang, Le fouet siffle, implacable, violent. Mais dans nos cœurs, un feu brûlant, Une promesse : briser le temps. Nous étions ombres sous leur empire, Silencieux, brisés, privés de rires. Mais l’aube s’est levée sur notre rage, Et le vent porte un nouvel orage. Dans la nuit, un tambour résonne, Un signal, un ordre, la terre frissonne. Nos pas s’élancent, sans peur, sans chaînes, Nos voix s’élèvent, nos âmes saignent. Les flammes dansent sur les plantations, Leurs palais de cendres tombent sans pardon. Les maîtres fuient, le règne s’efface, Sous notre rage, ils perdent leur place. Nos cris déchirent l’air en furie, Échos d’ancêtres jamais soumis. Chaque coup rendu est une prière, Chaque victoire, un hymne à la terre. Et même si la mort nous frôle, Si le sang coule sous les étoiles, Nous marchons, libres, droits et fiers, Enfants d’Afrique, enfants de fer 30Juin

KETI KOTI (1863) Histoire : Keti Koti, signifiant «les chaînes sont brisées», est une jour- née de commémoration majeure pour les descendants des Noirs Marrons et des esclaves du Suriname et de la Guyane. Elle symbolise la fin officielle de l’esclavage dans ces anciennes colonies néerlandaises et représente un moment clé dans l’his- toire du Suriname et de ses peuples, marquant leur résilience, leur mémoire et leur quête de liberté. 01Juillet

Le chant des guerriers Poème : Les tambours résonnent dans la vallée, Les guerriers dansent, leurs esprits libérés. Leurs chants portent loin, vers les étoiles, Un hymne de liberté, puissant et royal. Le vent soulève la poussière dorée, Vestige des luttes, des chaînes brisées. Le feu crépite, témoin silencieux, Des âmes fières, des cœurs audacieux. Chaque battement est un cri d’honneur, Un écho profond venu d’ailleurs. Les ancêtres veillent, invisibles guides, Leur force coule dans leurs fils intrépides. Sous la lune, les ombres dansent, Leurs corps vibrent, ivres d’espérance. Car tant que le rythme éclate dans la nuit, Leur liberté jamais ne s’enfuit. 02Juillet

Papa Oba, le sage des rituels Personnalité : Papa Oba était le grand maître des rituels et des cérémonies. Sa connaissance des traditions et des rites ancestraux était inégalée. Il guidait son peuple avec une sagesse empreinte de respect pour les esprits et la nature. 03Juillet

Kwami et la Paranoïa Sanglante de 1774 Histoire : En juillet 1774, le village de Kwami (De Wried) est découvert par les colons. Convaincu d’avoir été trahi par l’un des siens, Kwami sombre dans la paranoïa et croit à un complot dirigé contre lui. De plus en plus méfiant, il se persuade que certains membres de son peuple pratiquent le wisi (magie noire) pour le nuire. Dans un accès de folie et de vengeance, il exécute 28 personnes, accusées à tort de trahison et de sorcellerie. À la suite de ce massacre, le village est réduit à huit survivants. Ceux-ci, terrifiés et démunis, cherchent refuge auprès du Gran- Man Boni et rejoignent la tribu Boni-Aluku. 04Juillet

Le grand feu du solstice Poème : Un brasier s’élève dans l’ombre de la nuit, Dessinant nos visages sous son éclat doré. Il porte en lui la promesse d’un nouveau jour, Guidant nos pas vers un avenir illuminé. Les flammes dansent, emportant le passé, Brûlant nos peines en cendres légères. Elles chuchotent aux vents étoilés, Le chant ancien des âmes guerrières. Autour du feu, nos voix s’élèvent, Mêlant nos espoirs aux étincelles d’or. Chaque crépitement est un rêve qui s’achève, Chaque lueur, un serment plus fort. Le solstice murmure son doux présage, L’aurore approche, radieuse et fière. Nous avançons, portés par son message, Unis sous la flamme, enfants de la lumière. 05Juillet

Zam-Zam, Gardienne du Savoir Personnalité : Zam-Zam est une figure emblématique de la résistance mar- ronne, reconnue pour son savoir ancestral et son rôle es- sentiel dans la transmission des connaissances spirituelles et médicinales. Experte en guérison traditionnelle, elle était une conseillère res- pectée au sein des villages marrons, guidant son peuple face aux défis de la survie en forêt. 06Juillet

Le massacre de Cafesoca une Tragédie sur l’Oyapock Histoire : En juillet 1841, un groupe de douze Boni, composé de neuf hommes et trois femmes, entreprend un voyage vers l’Oyapock sans l’autorisation du gouverneur français. À l’aube du 7 juillet 1841, alors qu’ils atteignent Cafesoca, un ra- pide de l’Oyapock, ils sont brutalement accueillis sous une pluie de tirs. Le chef du fort justifie cette attaque en affirmant que les Boni projetaient d’attaquer la garnison. Lors de cet affrontement inégal, le Gran-man Googo et deux autres compagnons sont assassinés. Les survivants, traqués, disparaissent dans les eaux tumultueuses du saut, à l’exception d’Adyuba, une femme capturée et envoyée à Cayenne pour y être interrogée. 07Juillet

Le Cri des Boni Poème : Ils sont venus à l’aube, lames en main, Brisant le silence des sentiers lointains. Le feu a dévoré nos cases de bois, Nos chants étouffés sous leurs lois. Nous avons fui sous l’ombre des feuilles, Le cœur battant comme un tambour de deuil. Chaque rivière, chaque montagne, Gardait nos larmes, portait nos bagnes. Nos guerriers tombaient, fiers et debout, Leurs esprits veillaient, invisibles, partout. Nous avons erré, d’îles en rivières, Fuyant l’acier, défiant la guerre. Ils voulaient briser nos âmes rebelles, Nous renvoyer aux fers, aux chaînes cruelles. Mais le sang des Boni est fait d’éclairs, De feux ardents, de rêves de terre. Et même traqués, nous étions libres, Car l’espoir survit sous les cendres vives. Aujourd’hui encore, nos pas résonnent, Et nos tambours rappellent à l’homme, Que jamais l’oppression ne pourra éteindre, Le feu sacré des cœurs à défendre. 08Juillet

Redi Musu Histoire : Edi Musu est le nom populaire des Chasseurs Noirs, fondés le 9 juillet 1772 à Paramaribo. Le corps a été créé pour com- battre les marrons qui ont causé de grands dommages par leurs raids sur les plantations. Le gouvernement achetait des esclaves aux propriétaires de plantations pour équiper le corps et on promettait à ces es- claves qu’ils seraient libérés après avoir rempli leur contrat. Le corps fut dissous en 1862. 09Juillet

Kofi, le meneur de la révolte (1743-1827) Personnalité : Kofi était un meneur charismatique,chef de Kwinti qui a orchestré plusieurs révoltes contre les colons. Sa stratégie et son leadership ont inspiré de nombreux guerriers, et il est célébré comme un héros de la résistance marronne. 10Juillet

Agédéonsu, la Divinité de la Fertilité Spiritualité : Le peuple Okanisi Ndjuka vénère une divinité de la fertilité connue sous le nom de Agédéonsu ou N’djuka Gadu. Ce dieu ancestral, d’origine africaine, plus précisément du Togo, joue un rôle central dans les croyances spirituelles des Ndjuka. Son culte est principalement assuré par des prêtres apparte- nant au clan Dikan (Dikan Lo), qui perpétuent les rituels et les traditions. 11Juillet

Début des négociations de paix avec les Ndujkas Histoire : Le 12 juillet 1759,la cour de Police missionna deux esclaves de confiance Kofi et Charleston afin qu’ils remettent aux chefs Okanisi une lettre avec des propositions concrètes sous formes d’articles d’un traité de paix. Les chefs Okanisi accepta d’ouvrir les négociations et en guise de bonne foi cessèrent les attaques des plantations. 12Juillet

Le Pacte des Cendres et du Sang Poème : Ils sont venus sous un ciel de plomb, Le pas lourd, le regard profond. D’un côté, l’acier, les armes dressées, De l’autre, des cœurs qui refusent de plier. Trop de sang avait nourri la terre, Trop de cris portés par les rivières. Les tambours ne battaient plus la guerre, Mais un appel à taire la misère. Les anciens ont parlé, voix de rocs, Chaque mot pesait comme un choc. Les maîtres, enfin, ont tendu la main, Fatigués de traquer, las de destins. Un pacte fut écrit dans l’éclair et le vent, Ni victoire, ni défaite, juste un serment. « Nous ne serons plus chasseurs ni proies, Nous marcherons sans fers, sans lois. » 13Juillet

Mama Titi, la guérisseuse des femmes Personnalité : Mama Titi était une guérisseuse renommée qui se concen- trait sur la santé des femmes et des enfants. Ses remèdes et ses conseils étaient respectés, et elle jouait un rôle crucial dans la préservation de la santé et du bien-être de la communauté. 14Juillet

La Chute de Gadu Sabi et l’Exil des Bonis Histoire : En juillet 1774, dans la région de Locusboom, les Black Chas- seurs, sous les ordres de Stedman, lancent une offensive et s’emparent de trois villages : Gadu Sabi, New Tessissi et Maka- maka. Ces villages forment un complexe fortifié, dont le cœur straté- gique est Gadu Sabi («Dieu sait»), situé sur la crique Barbacuba. Face à l’attaque, les Bonis, refusant de se soumettre, orchestrent leur fuite. Ils rassemblent leurs provisions et mettent le feu à leurs propres villages, empêchant ainsi l’ennemi d’en tirer profit. Poussés à l’exil, ils trouvent refuge en territoire français, où ils s’installent sur la crique Sparouine, poursuivant leur quête de liberté et de survie sur une nouvelle terre. 15Juillet

Les Gardiens de la Liberté Poème : Ils ont levé leurs voix comme des tempêtes, Déchirant la nuit, défiant les baïonnettes. Leurs pas ont tracé des chemins d’espoir, Portant un peuple loin du désespoir. Boni, le stratège aux mille combats, Rêvant d’un monde où nul ne cèdera. Kodjo, fidèle, l’ombre du chef, Maniant l’épée comme un dernier serment. Zam-Zam, mère et gardienne du feu, Apprenant aux siens les secrets des cieux. Kaïman, le lion, l’âme guerrière, Face aux colons, il ne baissa jamais la lumière. Leurs noms résonnent dans les tambours, Leurs pas dansent encore dans les cours. Car un chef ne meurt jamais vraiment, Tant que son peuple marche librement. 16Juillet

Kina Dei, le Jour Sacré de Repos Spiritualité : Le Kina Dei est une journée de repos dédiée à la divinité lo- cale. Chaque semaine, ce jour impose des restrictions sur certaines activités et comportements, en signe de respect aux forces spirituelles. Le vendredi, notamment, il est interdit de travailler la terre, mar- quant une pause sacrée dans les activités agricoles et rappe- lant l’importance des traditions et des équilibres spirituels dans la vie des communautés. 17Juillet