FR Life 2026 Final

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Rivista LIFE/1

Magazine VIE/2 PUISER ensemble à la source du CHARISME « Chaque sœur et chaque frère qui reçoit le charisme est appelé à lui donner vie en soi ; celui-ci ne doit pas rester quelque chose à préserver de manière statique, mais devenir une force vitale qui coule de manière créative et libre. Comme nous l’a rappelé le pape François, « il s’agit de rester fidèle à la source des origines, en s’efforçant de la repenser et de l’exprimer en dialogue avec les nouvelles réalités sociales et culturelles ». Chaque institut est un corps vivant dans lequel l’énergie charismatique circule à travers chaque cellule et chaque membre — dont chacun, à son tour, la porte et l’exprime C’est cette énergie qui doit animer la mission que vous menez et éclairer le chemin qui s’ouvre devant vous, afin qu’elle puisse ensuite être transmise comme un héritage vivant aux générations futures, qui sont, à leur tour, appelées à s’en éprendre et à en faire la source de leur propre service » Le pape Léon XIV – 29 janvier 2026

Magazine VIE/3 Chères sœurs, Chers amies et amis, Au cœur de chaque personne réside un désir irrépressible: celui d'une vie épanouie, d'une vie qui vaille la peine d'être vécue. C’est de ce désir que naissent nos choix, et c’est pour cela que nous souffrons parfois, car nous ne le voyons pas se réaliser ; nous le voyons blessé, nous le retrouvons dans une réalité différente de celle que nous avions imaginée, en raison des aléas de la vie ou des limites que nous portons tous en nous. Dans l'Évangile selon saint Jean, un épisode nous confronte à la plus grande vulnérabilité humaine, là où ce désir de vie semble s'écrouler sans espoir : la mort de l'ami Lazare. Face à cet événement douloureux, Jésus est profondément ému et pleure. Nous voyons également le désespoir de Marthe : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort… », ainsi que la douleur des proches et de la foule. Mais nous pouvons aussi percevoir la force intérieure de Jésus, qui affirme son identité : « Je suis la Vie et la Résurrection… Crois-tu cela ? » Marthe a confiance ; elle s'en remet à la parole de Jésus. Et Lazare reviendra à la vie grâce à lui. (cf. Jn 11, 1-45) CROIS-TU CELA ? Dès ses origines, notre charisme s'enracine dans la force du mystère pascal, mystère de mort et de résurrection. C'est à partir de ce charisme vivant que les premières sœurs ont rendu grâce à Dieu pour tout le bien accompli grâce à l'éducation chrétienne, malgré les sacrifices, la pauvreté, les incompréhensions et le fait d'aller à contre-courant. C'est en puisant dans ce charisme que tant de sœurs ont quitté leur patrie, traversé des océans et relevé les défis de l'inculturation et de la mission dans des mentalités totalement différentes. C’est grâce à ce charisme que tant de sœurs poursuivent encore aujourd’hui leur mission de témoignage de l’Évangile, malgré les persécutions religieuses ou idéologiques, malgré la diminution de leurs effectifs, de leurs forces et de leurs certitudes. Malgré tout, elles croient en la force de la vie et en la foi en Jésus et promeuvent la Espérance grâce à la collaboration créative de nombreux laïcs. Comme tout charisme, le nôtre recèle une vitalité inépuisable. Nous avons une confiance profonde en la valeur de chaque personne et en son potentiel. Aider ceux que nous rencontrons à découvrir la beauté de la foi chrétienne et la valeur inestimable de la vie humaine, fondée sur les valeurs de l'Évangile, est une vocation merveilleuse — une vocation à laquelle il faut se consacrer de tout cœur et dont il faut tomber amoureux. Le Christ est l’espérance «contre toute espé- rance » une espérance qu’il faut embrasser et partager. Y croyons-nous ? Avec vous, à la source de notre charisme de l’Espérance source de Vie… Supérieure générale

Magazine VIE/4 CONTENU DE LA REVUE À L’ÉCOUTE DE LA PAROLE PARTAGE D’EXPÉRIENCES NUOVEAUX HORIZONS DE LA MISSION SYNODALITÉ ET ESPÉRANCE Que nous dit la Parole de Dieu au sujet du charisme ? Écoutons et méditons ce passage de l’Écriture afin de puiser dans la Sagesse qui vient de Dieu, et d’être éclairés et transformés par elle. pp 6-8 pp 10-50 pp 51-57 pp 58-61 Grâce au ministère de diverses sœurs, nos provinces et nos maisons nous offrent l’occasion de découvrir comment notre charisme continue de susciter l’espérance dans le monde d’aujourd’hui. Le rôle des femmes consacrées revêt une valeur inestimable au sein de l’Église et de la société. De nouveaux horizons s’ouvrent pour la mission et la réflexion, notamment la revitalisation des espaces inutilisés dans nos maisons. L’espérance ouvre des chemins… Expériences de synodalité inter- provinciale au sein de nos provinces, de notre maison et de nos continents. C’est un parcours précieux : faire naître ensemble une vie nouvelle et de l’espérance, en puisant dans notre charisme commun.

Magazine VIE/5 UN CHARISME QUI FAIT L’HISTOIRE PRÉSENCE CRÉATIVE DES LAÏCS MARCHER AVEC L’ÉGLISE NOTES & REMERCIEMENTS pp 62-63 pp 64-70 pp 71-74 pp 75 Il y a cent vingt-cinq ans, quatre sœurs européennes ont débarqué sur la côte chilienne, plus précisément dans la ville de Rio Buono. Le courage, ancré dans la beauté de notre charisme, a permis à une vie abondante de s'épanouir. Notre mission sur tous les continents n’est possible que grâce à la collaboration et à l’expertise des laïcs qui nous aident à rendre notre engagement au sein de la société d’aujourd’hui plus pertinent et plus efficace. En tant que Sœurs de la Sainte-Croix, nous sommes appelées à être attentives au cheminement de notre Église, en participant activement aux voies qu’elle emprunte. Nos conseillères générales en discutent avec nous. Le magazine « VIE » constitue un outil précieux de communication, de partage et de formation pour l’ensemble de la Congrégation ainsi que pour ceux qui collaborent avec nous. Tout cela est rendu possible grâce aux contributions inestimables de nombreuses personnes. « Nous devons préserver le don de la communication comme la vérité la plus profonde de l’être humain, vers laquelle toute innovation technologique devrait également tendre » Le pape Léon, 24 janvier 2026

Magazine VIE/6 LES CHARISMES D’ISRAËL. FIGURES CLÉ DE L’ANCIEN TESTAMENT ENTRE COMMUNION ET MISSION L’Ancien Testament constitue le fondement des dons de l’Esprit. En son sein, l’action de Dieu n’est pas une force abstraite, mais elle touche de près des personnes concrètes afin de réaliser des projets précis au cours de l’histoire. Le concept de « charisme » — compris dans la Bible comme l’action de l’Esprit de Dieu, appelé Ruah en hébreu — confère à une personne des capacités extraordinaires dans deux buts fondamentaux : édifier la communion au sein du peuple et répandre le salut dans le monde. En observant certains grands personnages bibliques, on découvre qu’un talent ou une vocation particulière n’est jamais un privilège personnel. Au contraire, il s’agit d’une responsabilité envers les autres, visant à rassembler la communauté et à l’orienter vers le projet de salut universel. Moïse : le charisme du guide et la structuration de la communion La figure de Moïse représente l’archétype du leader charismatique de l’Ancien Testament. Son charisme ne réside pas dans une aptitude innée — comme il le dit lui-même, il a « la bouche lourde et la langue pesante » (Exode 4,10) — mais dans la présence totale de l’Esprit qui le transforme en médiateur de l’alliance. Le charisme de Moïse s’exprime principalement dans deux directions : • La dimension missionnaire s’exprime dans son engagement à libérer le peuple de l’esclavage égyptien. Moïse affronte le pharaon non par ambition personnelle, mais en tant que messager divin chargé de racheter les opprimés. Sa mission consiste à renverser les logiques humaines du pouvoir, pour faire place à la justice et à la seigneurie de Dieu dans l’histoire. • La dimension de communion devient évidente et fondamentale au cours du difficile voyage dans le désert. Face aux mécontentements et aux rébellions incessants du peuple, Moïse agit en tant que guide spirituel et médiateur. Il se pose en élément de cohésion et parvient à maintenir l’unité de la communauté, en l’empêchant de se désagréger dans les moments de crise. Un récit essentiel pour comprendre comment les différentes capacités et les dons spirituels se complètent mutuellement, plutôt que de s’exclure, se trouve dans le livre des Nombres 11, 24-29. Accablé par le poids du gouvernement, Moïse reçoit l’ordre de rassembler soixante-dix anciens. Dieu « retira une partie de l’Esprit » qui reposait sur lui et la déposa sur les soixante- dix, qui se mirent alors à prophétiser. Lorsque Josué exprime sa jalousie face à cet élargissement du don, Moïse répond par des paroles prophétiques : « Si seulement tout le peuple du Seigneur était prophète ! ». À L’ÉCOUTE DE LA PAROLE

Magazine VIE/7 Le charisme personnel de Moïse n’engendre pas de centralisation, mais se divise pour favoriser une communion coresponsable, anticipant ainsi la structure du corps communautaire. Débora : le charisme prophétique et la cohésion des diversités Dans le Livre des Juges, l’action de l’Esprit se manifeste dans des contextes de profonde fragmentation sociale et politique. À une époque où « il n’y avait pas de roi en Israël et où chacun faisait ce qui lui plaisait » (Juges 21,25), la figure de Débora se détache comme un exemple de charisme résolument orienté vers la communion et la libération nationale (Juges 4-5). Dans le récit biblique, Débora est une prophétesse et une juge. Son charisme n’est pas lié à la force des armes, mais à une profonde sagesse spirituelle et à des paroles capables de toucher les consciences. • Elle est porteuse de paix et d’union. Sous son palmier, à Rama et à Béthel, les tribus d’Israël, divisées et dispersées, trouvent un point de repère. Grâce à ses conseils, Débora apaise les esprits et résout les conflits internes, unissant le peuple avant même d’affronter les menaces extérieures. • Elle guide vers une mission commune. Lorsqu’il s’agit de libérer le peuple du joug du roi de Canaan, son charisme prophétique bouscule les dirigeants paresseux ou craintifs. Elle fait appel à Barak, elle incite les différents groupes à moins penser à eux-mêmes et à s’unir pour une mission commune. Le célèbre Cantique de Débora (Juges 5) célèbre précisément ce moment : le charisme d’une seule personne parvient à inspirer toute une communauté. Là où les différents groupes hésitaient, les paroles charismatiques de Débora réveillent l’identité d’un peuple uni sous une seule foi et une seule mission Élie : le charisme de la vérité et le rassemblement du peuple Dans le contexte d’une monarchie divisée, le charisme prophétique revêt les traits d’une contestation du pouvoir corrompu et d’un rappel radical à l’identité originelle. Élie le Tishbite incarne le charisme du zèle pour le Dieu vivant à une époque d’apostasie totale, orchestrée par le roi Achab et la reine Jézabel (1 Rois 17- 19). Le charisme d’Élie agit en vue de la communion du peuple d’Israël, qui s’était détourné du vrai Dieu pour suivre les cultes païens de Baal : • La réconciliation dramatique sur le mont Carmel [1 Rois 18]. Face à un peuple divisé et indécis, qui « boite des deux pieds », Élie ne recherche pas son propre succès, mais souhaite uniquement ramener le peuple vers Dieu. En reconstruisant l’autel du Seigneur qui avait été démoli, en utilisant précisément douze pierres « selon le nombre des tribus des fils de Jacob » (1 Rois 18, 31), le prophète accomplit un geste d’unité. Il utilise son don pour reconstruire symboliquement la communion perdue des douze tribus d’Israël autour du seul culte authentique.

Magazine VIE/8 • Une mission au-delà des frontières. Le charisme d’Élie ne se limite pas au seul peuple d’Israël. En se rendant chez la veuve de Sarepta de Sidon (1 Rois 17), il démontre que sa mission s’adresse à tous. Le miracle de la farine et de l’huile qui ne s’épuisent jamais est un signe d’espérance universelle : la bénédiction divine est destinée à apporter vie et salut à tous les peuples, y compris aux nations païennes. L’entrelacement des destins de Moïse, de Débora et d’Élie constitue un parcours progressif et fascinant, capable de lier le charisme individuel à la destinée collective. Chacun d’eux a en effet accompli une mission spécifique qui, partant d’un appel personnel, s’est transformée en une action salvatrice pour l’ensemble de la communauté. • Moïse : guide et intercesseur. Homme de loi et guide spirituel, Moïse a le grand mérite de ne pas centraliser le pouvoir. Un exemple extraordinaire de cela est le moment où il transmet une partie de son esprit aux soixante-dix anciens d’Israël, créant ainsi une communauté responsable et unie. Sa plus grande mission reste celle de libérer son peuple de l’esclavage et de le guider vers la Terre Promise. • Débora : sagesse et réconciliation. Prophétesse et femme d’une grande intelligence, Débora se distingue par son équilibre et sa sagesse. Sa contribution la plus précieuse a été de favoriser l’union et la réconciliation des tribus divisées, jetant ainsi les bases d’une identité commune. Son objectif historique et spirituel était de délivrer son peuple de l’oppression des Cananéens. • Élie : purification et zèle prophétique. Animé d’un grand amour pour Dieu, il se bat de toutes ses forces pour défendre la vraie foi. Pour la communauté, Élie reconstruit l’autel avec les douze pierres, un geste symbolique qui rappelle à tous l’unité et l’alliance retrouvée. Sa mission vise à éradiquer l’idolâtrie et à annoncer la vérité aux peuples. En résumé, le parcours spirituel proposé par ces trois figures se déploie en trois étapes fondamentales : la libération et la fondation guidées par Moïse, la cohésion et la réconciliation opérées par Débora, et la purification de la foi réalisée par Élie. L’examen de ces profils montre que, dans l’Ancien Testament, le charisme n’élève jamais l’individu au-dessus de la communauté, mais l’intègre dans la dynamique du salut du peuple. Moïse doit renoncer au monopole du don ; Débora n’agit qu’en mobilisant le bras opérationnel de Barak ; Élie fait l’expérience, dans le silence de l’Horeb, que l’œuvre de Dieu se poursuit à travers le reste fidèle et la consécration de son successeur Élisée. Conclusion Les charismes personnels dans l’Ancien Testament ont contribué à guider l’histoire du salut. Ils ont permis de dépasser des règles trop rigides et d’insuffler une nouvelle énergie aux communautés qui s’étaient endormies. La véritable valeur de ces dons ne se mesure pas à l’aune de l’affirmation de soi de l’individu, mais à celle de sa capacité à régénérer les liens, à unir les personnes et à les pousser toutes vers une mission universelle. Ainsi, l’Ancien Testament prépare le terrain à la révélation néotestamentaire, où la grâce multiforme de Dieu se manifestera dans la plénitude des charismes du Saint-Esprit, distribués à chacun pour le bien de tous et pour diffuser l’Évangile jusqu’aux confins de la terre. Sr Giuseppina Donati Expert en Écriture Sainte - Casa Italia À L’ÉCOUTE DE LA PAROLE

Magazine VIE/9 « Chaque CHARISME naît pour offrir de l’ESPÉRANCE au monde et pour rendre VISIBLE un visage particulier de l’ÉVANGILE » card. Timothy Radcliffe

Magazine VIE/10 INTRODUCTION Nous souhaitons écouter nos sœurs des différents continents qui partagent leurs expériences missionnaires au nom de leur province ou de leur maison. Il s’agit d’une mission inspirée par la nouveauté toujours vivante de notre charisme, qui s’incarne dans des cultures et des sociétés diverses, suscitant l’espérance. « Je crois que pour ne pas nous égarer, il faut se raconter, “se revêtir” d’histoires pour protéger sa vie. Nous tissons non seulement des vêtements, mais aussi des récits : en effet, la capacité humaine à “tisser” conduit à la fois aux tissus et aux textes… Les histoires laissent leur empreinte en nous ; elles façonnent nos convictions et notre comportement ; elles peuvent nous aider à comprendre et à exprimer qui nous sommes. » Pape François, 24 janvier 2020 Journée mondiale des Communications Sociales

Magazine VIE/11 DES SIGNES ENCOURAGEANTS D’ ESPÉRANCE Nouvelles de la Province du Nord de l’Inde L’Église et la société dans le nord et le nord-est de l’Inde, région où se situe la Province de l’Inde du Nord, présentent un tableau complexe, marqué à la fois par des défis importants et par des signes d’espérance encourageants. La région se caractérise par une grande diversité sociale, culturelle et religieuse ; le christianisme représente moins de 2 % de la population dans la plupart des États du nord, mais constitue la majorité dans plusieurs États du nord-est. Cette diversité offre des opportunités uniques de témoignage, de dialogue et de service, tout en posant des défis sociaux, politiques et pastoraux. L’Église s’engage principalement dans : • L’éducation par le biais d’écoles et d’établissements d’enseignement supérieur. • Les services de santé, en particulier au sein des communautés rurales et marginalisées. • Le développement social, l’autonomisation des femmes et la prise en charge des groupes marginalisés. • Le dialogue interreligieux et la promotion de la paix. • L’identité tribale et la préservation culturelle dans le Nord-Est. • La formation des responsables et l’organisation commu- nautaire. Les principaux défis auxquels l’Église est confrontée sont les suivants : • La polarisation religieuse. • Les lois anti-conversion. • La violence et la persécution. • Les conflits ethniques et politiques dans le Nord-Est. • Les défis liés à la jeunesse, tels que le chômage, la migration, la toxicomanie et la dépendance aux technologies numériques. • Les inégalités économiques ; les problèmes environne- mentaux. Malgré les défis auxquels l’Église est confrontée, il existe des signes d’espérance significatifs. La participation dynamique des jeunes, un leadership autochtone engagé, la collaboration œcuménique, des ministères sociaux efficaces et les efforts continus en faveur de la paix et de la réconciliation témoignent de la résilience de l’Église. En restant attachée au service empreint de compassion, au dialogue, à la justice et au développement humain global, l’Église est bien placée pour continuer à apporter une contribution constructive tant à la région qu’à la nation. Nord de l’Inde Guidées par l’Espérance, nous transformons des vies à travers notre ministère de l’éducation et des soins de santé

Magazine VIE/12 Nour croyons que l’éducation est notre outil le plus puissant : elle permet de former des enfants qui deviendront de futurs citoyens responsables, capables de bâtir la nation et de vivre dans la dignité. Nous sommes au service d'une population diversifiée, marquée par des origines religieuses variées, des divisions politiques et des disparités économiques. Dans des régions où certains enfants n’ont jamais vu de salle de classe, les sœurs de la province du Nord de l’Inde apportent l’espérance et perpétuent ainsi le rêve de Mère Bernarda. Notre parcours a commencé en 1979 à Piplera, un village isolé et sous-développé, où l'analpha- bétisme était généralisé. Depuis ces modestes débuts, notre présence s’est développée pour devenir un lycée à part entière. Conscientes que « les besoins de l’époque sont la volonté de Dieu », les Sœurs de la Province du Nord de l’Inde ont lancé une éducation non formelle au sein du Centre communautaire Jeevan Jyothi de Khairabad afin d’intégrer les personnes marginalisées dans une vie digne. Aujourd'hui, cet établissement s’est épanoui pour devenir un établissement d’enseignement formel. Pour Mère Bernarda, l’éducation est un don de bonheur, offert sans rien attendre en retour. « C’est dans les moments de détresse que l’on apprend à avoir véritablement confiance en Dieu. » Mère Bernarda Notre foi a été véritablement mise à l'épreuve à Kaleeth, un village du Jammu-et-Cachemire situé à seulement 8 km de la frontière pakistanaise, où les habitants vivent sous la menace constante de la guerre et du terrorisme. Nous avons partagé leurs angoisses et sommes restés à leurs côtés. En mai 2025, alors que le conflit faisait rage, nous avons eu la chance de participer à l’Opération Sindhoor. Nous avons ouvert les portes de notre école et de nos cœurs, faisant l'expérience de la grâce de Dieu et de la providence divine en apportant de l'espérance à une situation désespérée moyennant des gestes de service. Nous ravivons sans cesse la flamme de l'Espérance qui ne déçoit jamais Nord de l’Inde

Magazine VIE/13 La mission de soins de santé de notre province opère dans deux réalités très différentes, conciliant les zones fertiles du nord-est de l'Inde avec les défis considérables du nord du pays. Dans le nord, exercer en tant que minorité représente de rudes difficultés. Nos établissements sont confrontés à des problèmes critiques liés à leur viabilité financière et opérationnelle à long terme. L’écosystème global des soins de santé est profondément compromis par la présence généralisée de praticiens non qualifiés et de leurs pratiques cliniques, ce qui fausse les normes sanitaires de la communauté. Par conséquent, attirer et fidéliser des médecins et des professionnels de santé qualifiés, ainsi qu’un personnel dévoué et à l’écoute des patients pour nos centres isolés et animés par une vocation missionnaire reste un combat constant et épuisant. À l'inverse, notre ministère dans le nord-est de l'Inde offre un environnement bien plus favorable, où l'ouverture de la communauté permet à nos services de s'épanouir plus naturellement. Malgré ces obstacles systémiques profonds, des signes encourageants d'espérance nous soutiennent. La confiance profonde que les patients marginalisés accordent à nos sœurs reste inébranlable. Nos cliniques sont des havres essentiels de soins authentiques, de qualité et d'harmonie interconfessionnelle, brisant ainsi les barrières sociales. La résilience de ceux que nous soignons, associée à l’impact durable de notre présence auprès des plus vulnérables, prouve que la compassion du Christ transcende toutes les limites structurelles et ravive sans cesse une flamme d’espérance qui ne déçoit jamais. Soeurs Hema et Victoria Kavungal Nord de l’Inde

Magazine VIE/14 LE CHARISME AU SERVICE DE LA VIE Une MISSION PROPHÉTIQUE D’ESPÉRANCE parmi les plus pauvres et les marginalisés Expériences missionnaires dans la Province Inde Centrale « Les besoins de l’époque sont la volonté de Dieu. » Ces paroles de notre fondateur, le père Théodose Florentini, continuent de nous guider, nous les Sœurs de la Sainte-Croix, en nous appelant à renoncer au confort et à marcher aux côtés de ceux qui sont oubliés, exclus et privés de perspectives d’avenir. Inspirées par ce charisme, nous avons embrassé cette mission à Hussenpuram et dans les villages environnants de Srikakulam, dans l’État d’Andhra Pradesh. Nous remercions notre supérieure provinciale, Sœur Shiny Jose, pour son leadership visionnaire. C’est grâce à son courage d’emprunter la « voie la moins fréquentée » que nous pouvons être une présence compatissante auprès des personnes marginalisées, en vivant avec elles et en partageant leurs joies et leurs difficultés. Chaque jour, nous rencontrons des enfants en situation de décrochage scolaire, des femmes vulnérables, des familles de migrants, des personnes âgées négligées et des jeunes filles en quête d’éducation et de dignité. Sur leurs visages, nous reconnaissons la souffrance et l’espérance du Christ. Notre réponse consiste à les accompagner et à les rendre autonomes. INDE CENTRALE

Magazine VIE/15 Grâce à des cours de soutien, nous aidons les enfants à retourner à l’école. Des programmes de couture permettent aux femmes d’accéder à l’autonomie financière, tandis que des cours d’informatique, destinés en particulier aux jeunes filles, leur ouvrent les portes de l’éducation, de l’emploi et de la confiance en soi. L’accompagnement pastoral, qui passe par des visites familiales, la prière, la catéchèse et la formation à la foi, reste au cœur de notre ministère, offrant espérance et guérison à ceux qui sont accablés par les épreuves de la vie. Notre mission s’étend au développement communautaire global avec de camps médicaux, la distribution de vêtements et de chèvres aux familles pauvres, ainsi que de programmes de sensibilisation à la santé, à l’éducation, aux droits constitutionnels, à la gestion responsable de l’environnement et à la protection de l’enfance. Nous nous engageons tout particulièrement à prévenir la traite des êtres humains en éduquant les communautés, en promouvant une migration sûre et en protégeant les femmes et les enfants vulnérables. Voire des vies transformées — qu’il s’agisse d’enfants retournant à l’école, de femmes reprenant confiance en elles ou de familles redécouvrant l’espérance — renforce notre conviction que la Croix est un signe non seulement de sacrifice, mais aussi de résurrection. Soutenues par la prière, la vie communautaire et la spiritualité de la Sainte-Croix, nous poursuivons notre chemin avec foi et courage. Comme nous le rappelle Robert Frost : « J’ai des promesses à tenir, et des milles à parcourir avant de dormir. » À Hussenpuram, notre charisme n’est pas seulement proclamé, mais vécu, apportant l’espérance, la dignité et l’amour compatissant du Christ à ceux qui sont en marge de la société. Seours Archana, Inna M. et Maria INDE CENTRALE Sur leurs visages, nous reconnaissons la souffrance et l’espérance du Christ. Notre réponse consiste à les accompagner et à les rendre autonomes.

Magazine VIE/16 INDE CENTRALE En tant qu'enseignante, j'ai pris conscience que l'éducation ne se résume pas à suivre un programme scolaire ou à préparer les enfants aux examens. Pour moi, enseigner est une mission d'espérance. Chaque enfant qui entre dans ma classe apporte avec lui une histoire unique, des capacités différentes et un potentiel caché. Ma vocation est d'accompagner chacun d'entre eux grâce à une approche holistique qui touche non seulement l'esprit, mais aussi le cœur, le caractère et l'âme. Au cours des quatre dernières années, j’ai pu constater à quel point un simple mot d’encouragement pouvait redonner confiance à un enfant, comment des conseils prodigués avec patience pouvaient transformer un échec en détermination, et comment une classe bienveillante pouvait devenir un lieu où les enfants se sentent en sécurité, valorisés et aimés. Ces moments me rappellent que l’éducation consiste à transformer des vies, et non pas simplement à transmettre des connaissances. Comme le disait si bien dit Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. » Ces mots me rappellent que chaque leçon enseignée avec patience et amour a le pouvoir de transformer des vies. Les encouragements d’un enseignant peuvent remplacer la peur par la confiance, l’échec par la détermination et le doute par la foi en ses propres capacités. En tant qu’éducateurs, notre plus grande réussite ne se mesure pas aux résultats aux examens, mais aux vies que nous façonnons et aux valeurs que nous transmettons. Chaque enfant qui quitte la salle de classe avec confiance, intégrité et le désir de servir l’humanité porte en lui la lumière de l’espérance. En effet, l’éducation ne se contente pas de préparer les enfants à une carrière ; elle les prépare à une vie qui a du sens et à un monde meilleur. Chaque sourire de compréhension, chaque geste de gentillesse et chaque pas vers la maturité que je vois faire à mes élèves renforcent ma conviction que l’éducation est l’instrument d’espoir le plus puissant qui soit. En tant qu’enseignants, nous ne connaîtrons peut-être jamais pleinement l’impact des graines que nous semons, mais nous continuons à les planter avec foi et amour. Pour moi, l’éducation n’est pas simplement une profession : c’est une vocation qui me permet d’allumer la flamme de l’espérance dans le cœur de chaque enfant. Seour Prasanna Manchu ÉDUCATION: Allumer la flamme de l’ESPÉRANCE

Magazine VIE/17 CONSTRUIRE DES COMMUNAUTÉS ENRACINÉES DANS L’ÉVANGILE Sud INDIE Dans ces États, l’Église, continue d’être un phare d’espérance grâce à ses ministères pastoraux, ses établissements d’enseignement, ses services de santé, son engagement social et ses programmes de formation à la foi. Prêtres, religieux et collaborateurs laïcs travaillent ensemble avec dévouement, s’efforçant de bâtir des communautés enracinées dans l’Évangile et à l’écoute des besoins de notre époque. Cependant, la société connaît actuellement de rapides mutations sociales et culturelles. De nombreuses familles et de nombreux jeunes sont confrontés au chômage, à la précarité financière, à la migration, à la dépendance, à des problèmes de santé mentale et à l’affaiblissement des liens familiaux. L’Église rencontre des difficultés à nourrir une foi plus profonde chez la jeune génération et nous sommes confrontées à un déclin alarmant des vocations religieuses. Au milieu de ces réalités, nous observons de nombreux signes d’espérance. Les familles continuent de chérir la foi, les jeunes participent généreusement à des initiatives bénévoles et les fidèles laïcs collaborent activement à la mission de l’Église. À travers nos ministères dans les domaines des soins de santé, de l’éducation, des services sociaux, de la pastorale et de l’accompagnement des pauvres et des marginalisés, les Sœurs de la Sainte-Croix s’efforcent d’être des compagnes pleines de compassion. Nous trouvons l’espérance dans l’esprit croissant de synodalité, où religieux, clergé et laïcs cheminent ensemble dans le dialogue, la participation et la responsabilité partagée de la mission de l’Église. Inspirées par le charisme de notre Congrégation et par le message de notre Assemblée générale, nous restons engagées à proclamer l’amour compatissant de Dieu par un service humble. En tant que Sœurs de la Sainte-Croix, nous poursuivons avec joie notre mission de promotion de l’espérance, confiantes que « l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Romains 5, 5). Seour Melveena Chempakasseril La province du Sud de l’Inde, qui comprend les États de Kerala et de Tamil Nadu, exerce son ministère dans une région riche en foi, en diversité culturelle et dotée d’un solide héritage chrétien. Ces deux États sont tota- lement différents en termes de langue, de culture et de coutumes.

Magazine VIE/18 « Je me suis confié en ton amour inébranlable ; mon cœur se réjouira de ton salut. » (Ps 13, 5) Prendre soin de nos sœurs âgées et malades est devenu l’une des expériences les plus enrichissantes de ma vie religieuse. Le charisme de notre Congrégation nous invite à reconnaître la dignité de chaque personne, en particulier celle des plus vulnérables et des plus dépendantes. En accompagnant nos sœurs âgées, j’ai compris que l’espérance ne se transmet souvent pas par des gestes extraordinaires, mais par une présence fidèle, une écoute patiente, des soins attentionnés et une compagnie bienveillante. Chaque jour, elles me rappellent qu’une vie vécue pour Dieu reste belle, féconde et pleine d’espérance, même dans la faiblesse. Beaucoup de nos sœurs âgées portent le fardeau de la douleur physique, de la solitude et des limites liées au vieillissement. Passer du temps avec elles m’a appris que ce sont souvent les petits gestes qui en disent le plus long. Les préparer à la Sainte Messe, prier ensemble, partager des repas, chanter des cantiques, fêter des anniversaires ou simplement écouter leurs souvenirs m’ont apporté des moments de joie inestimables. Leur gratitude pour ces simples marques d’amour ravive sans cesse en moi la flamme de notre charisme. Grâce à elles, j’ai découvert que le véritable ministère commence par une présence totale auprès d’une autre personne et qu’il engendre l’espérance dans leur désespoir et la joie dans leurs déceptions. Le plus beau cadeau de ce ministère a peut-être été d’accompagner nos sœurs alors qu’elles se préparent à la vie éternelle. De nombreuses conversations tournent autour de l’amour inébranlable de Dieu, du pardon et de la promesse de la résurrection. Chaque sœur âgée que j’accompagne est également devenue mon enseignante. Leur persévérance, leurs sacrifices, leur fidélité et leur acceptation joyeuse du dernier voyage de la vie me poussent sans cesse à approfondir ma propre vocation. Grâce à ce ministère, j’ai appris que l’espérance s’épanouit partout où l’amour reste fidèle. En accompagnant nos sœurs âgées au crépuscule de leur vie, je rencontre le Christ vivant et je découvre à nouveau que le charisme de notre Congrégation continue de rayonner comme une douce lumière d’espérance pour celles qui se préparent à rencontrer le Seigneur. Seour Vinaya Plasanal Compagnons d’espérance au crépuscule de la vie Grâce à ce ministère, j’ai appris que l’espérance s’épanouit partout où l’amour reste fidèle. Sud INDIE

Magazine VIE/19 Inspirées par notre charisme : redonner l’espérance aux personnes marginalisées Le charisme de notre Congrégation nous appelle à devenir des signes de l’amour compatissant de Dieu auprès de ceux qui se sentent oubliés, rejetés et blessés par la vie. Au cours de mon ministère auprès d’enfants en situation de vulnérabilité, j’ai pris conscience que l’espérance naît souvent lorsqu’on se sent accepté sans être jugé et que l’on découvre que l’on est valorisé et aimé. Chaque personne qui entre dans notre foyer porte en elle une histoire unique faite de souffrance, de perte et de rêves brisés. Ces rencontres me rappellent sans cesse que l’amour de Dieu rejoint les personnes là où elles se trouvent et les guide doucement vers la guérison, la réconciliation et une vie nouvelle. Une jeune fille, en particulier, a transformé ma compréhension de cette mission. Ayant perdu ses deux parents, qui se sont suicidés, alors qu’elle était encore très jeune, elle a grandi sans l’amour et la sécurité auxquels tout enfant a droit. Plus tard, elle a été abandonnée après être tombée enceinte et a eu le sentiment que son avenir était définitivement anéanti. À son arrivée dans notre foyer, elle portait en elle de profondes blessures émotionnelles, de la peur, de la honte et un douloureux sentiment de désespoir. Grâce à un accompagnement psychologique, à un soutien patient, à l’éducation, à la prière et au soutien bienveillant de notre communauté, j’ai peu à peu été témoin d’une magnifique transformation dans sa vie. En faisant l’expérience de l’acceptation et des encouragements, elle a redécouvert sa dignité d’enfant bien-aimée de Dieu. Elle a terminé ses études secondaires (Plus One et Plus Two) avec d’excellents résultats et s’est courageusement lancée dans des études supérieures. Son parcours m’a appris que le véritable espoir ne naît pas en éliminant immédiatement toutes les difficultés, mais en marchant fidèlement aux côtés d’une autre personne jusqu’à ce qu’elle retrouve confiance en elle et croie en ses propres possibilités. Cette expérience continue d’approfondir ma vocation. Chaque fois que je vois quelqu’un reprendre confiance, redécouvrir la foi et recommencer à rêver, je vois le charisme de notre Congrégation prendre vie. J’ai appris qu’aucune blessure n’est incurable, qu’aucune personne n’est irrécupérable et qu’aucun avenir n’est sans espérance lorsque nous devenons des instruments de l’amour compatissant de Dieu. Soeur Shiny Thomas Sud INDIE

Magazine VIE/20 L’ESPÉRANCE NE DÉÇOIT L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs Le témoignage émouvant de nos Sœurs au Sri Lanka qui, inspirées et fortifiées par notre charisme, ont fait naître l’espérance parmi des personnes marquées par la douleur et le deuil. Les vents qui ont balayé Nuwara Eliya ont non seulement secoué les arbres, mais aussi ébranlé les fondements de notre communauté. En tant qu’enseignante au Sri Lanka, j’ai toujours connu le charisme de notre Congrégation, qui s’articule autour du témoignage du mystère pascal — la mort et la résurrection de Jésus-Christ — et met l’accent sur l’espérance, la transformation et le service aux pauvres. Pourtant, lorsque les récentes pluies torrentielles ont provoqué des inondations et des glissements de terrain dévastateurs, ce charisme est sorti des pages pour s'incarner dans la boue. Il est devenu une nécessité vitale. La tempête a laissé derrière elle un profond sentiment de peur. Les routes étaient bloquées, les maisons endommagées et bon nombre de mes élèves ne pouvaient pas venir à l’école. Lorsqu'ils sont enfin revenus, ils portaient en eux un silence lourd et apportaient avec eux des récits de pertes et d'inquiétudes quant à l'avenir. Pourtant, en tant que Sœurs de la Sainte-Croix, nous sommes là, pour témoigner et offrir l’espérance. SRI LANKA

Magazine VIE/21 Au cours de ces jours difficiles, mon cœur était serré. En regardant leurs visages, j’ai pris conscience d’une vérité profonde : notre mission ne pouvait se limiter aux manuels scolaires et aux cours. Nous étions appelées à accompagner ces enfants avec une profonde compassion. Un charisme en action Inspirées par notre charisme, nous avons transformé nos salles de classe en lieux sûrs. Nous avons écouté les élèves, prié avec eux et les avons aidés à trouver la paix. Mais nous ne pouvions pas rester enfermées. Avec les sœurs et l’ensemble de la communauté scolaire, nous sommes allés à la rencontre des familles touchées. Nous n'avions pas de solutions grandioses face à la destruction, mais nous étions là. J’ai appris que le simple fait d’être là, de partager leurs difficultés, devenait un signe puissant de l’amour de Dieu. Signes de la présence de Dieu Cette expérience a ravivé en moi la flamme de notre charisme. Au milieu des décombres, j’ai vu des miracles de grâce ; j’ai vu l’espérance renaître simplement parce que les gens avaient choisi de se serrer les coudes. Les véritables signes de la présence de Dieu se trouvaient dans la belle résilience des enfants, la générosité discrète des voisins et le dévouement de notre communauté scolaire, qui reflètent tous notre mission commune. Notre mission éducative contribue à créer une espérance qui ne déçoit jamais, car elle est enracinée en Christ. En nourrissant la foi et le courage chez les jeunes, nous les aidons à surmonter les épreuves de la vie. Par notre service quotidien, nous continuons à vivre notre charisme et restons des instruments d'espérance pour les personnes que nous servons. Soeur Rency Lambert SRI LANKA

Magazine VIE/22 SRI LANKA Le ministère de la santé au Sri Lanka a débuté en 1930, lorsque les premières Sœurs de la Sainte-Croix sont arrivées à la demande de l’évêque de Jaffna pour exercer leur ministère à l’hôpital de Kayts. Bien que largement connues sous le nom de « Sœurs enseignantes de la Sainte-Croix », elles furent invitées à exercer la profession d’infirmières, conformément à la mission des sœurs en Inde. Grâce à leur identité unique, à leur engagement inébranlable et à leur écoute des besoins de la communauté, elles ont insufflé un esprit d’innovation et d’excellence dans le domaine des soins de santé. Leur ministère, marqué par le dévouement et la compassion, a posé des fondations solides dont bénéficient encore aujourd’hui d’innombrables personnes. Aujourd’hui, notre mission s’accomplit à travers nos hôpitaux, notre école d’infirmières, nos maisons de retraite et nos programmes d’action sociale. Au sein de nos hôpitaux, notre objectif est de fournir des soins holistiques qui prennent en compte tous les aspects de la vie. Grâce à une application responsable des connaissances et des technologies médicales contemporaines, nous nous efforçons de rendre visible l’amour guérisseur de Dieu. Par le biais de notre école d’infirmières, nous donnons aux futures infirmières les moyens de devenir des professionnelles de santé compétentes, compatissantes et dotées d’un sens éthique solide, qui se consacrent au service et respectent profondément la dignité inhérente à chaque personne. Nous leur donnons les moyens de répondre de manière dynamique aux exigences en constante évolution des soins de santé modernes. Notre ministère auprès des personnes âgées au sein de nos maisons de retraite est une expression essentielle de notre engagement en faveur de l’espoir et de la dignité humaine. Nous offrons des soins attentifs, une compagnie enrichissante et un environnement bienveillant, constituant ainsi un refuge pour ceux et celles qui, sans cela, risqueraient de se retrouver confrontés à la solitude et à l’abandon. "LE SEIGNEUR DÉTOURNERA DE TOI TOUTE MALADIE" Deutéronome 7,15 Soeur Immaculate Joseph & Soeur Baptista Pathinathar

Magazine VIE/23 « Nous sommes tous des vies en chemin, en qui Dieu continue d’inspirer Ses rêves à travers les prophètes d’hier et d’aujourd’hui pour libérer l’humanité… Le Seigneur ne fait pas de bruit, mais Son Royaume germe et grandit aux quatre coins du monde » Le pape Léon XIV

Magazine VIE/24 Une communauté pleine d’espérance pour la mission : voilà notre cadeau ! Un rougequeue a couvé ses œufs dans un petit panier dans notre garage ; tous les oisillons ont quitté le nid, forts de leur nouvelle vigueur — à l’exception d’un seul qui est resté derrière, incapable de voler pour l’instant. Depuis trois jours, les parents volent près de la porte du garage, appelant sans cesse — de l’aube jusqu’au crépuscule… Ils parlent la langue que leur petit comprend, lui apportant de la nourriture et l’appelant sans relâche — protégeant l’espace contre les dangers potentiels — attendant et espérant que le cœur de leur petit s’éveille, que ses ailes deviennent assez fortes pour voler et le porter… Ils attendent, ils appellent, ils partagent sa souffrance…Une merveilleuse image d’accompa- gnement spirituel. Des personnes viennent — fatiguées, désorientées, se sentant perdues, ne sachant pas comment continuer ; portant souvent un passé brisé et un cœur blessé — des blessures parfois visibles même dans leur posture physique…quels que soient leur mode de vie, leur appartenance religieuse, leur place dans la société ou la nature de leur quête. Elles pénètrent dans un espace de calme et de silence, s’aventurant timidement dans la prière. Elles attendent et espèrent entrer en contact avec l’espace sacré au plus profond de leur cœur, libérées des attentes et des opinions des autres. Elles attendent et espèrent découvrir la vie grâce à leur propre force intérieure, pour trouver ce qui résonne véritablement en leur être. Nous voulons être proches de ces personnes en quête, en questionnement, en sachant profondément ce qu’est cet « attrait » — qui peut toucher leur cœur et leur esprit : « la Parole de Dieu ». Aider à découvrir la Parole des Écritures jusqu’à ce qu’elle devienne une expérience vécue — voilà ce que je recherche ; c’est là que le Seigneur est présent — « Je peux voler »… « Je suis porté sur les ailes des aigles vers LUI, ramené à moi-même, ramené à la vie » (Exode 19, 4) ; telle est notre mission. Revenons encore une fois à l’histoire des oiseaux : depuis trois jours, ils crient, et ils n’abandonnent pas…Pour notre cheminement avec les personnes, cela signifie « partager leur souffrance – compassio » (le Mystère pascal). Ces personnes comptent sur nous pour croire avec elles – nous croyons que Dieu transforme toutes les histoires de souffrance et toutes les quêtes en histoires de salut – et que nous, en tant qu’accompagnatrices et en tant que communauté, « brûlons » de passion pour cela. Sr. Elisabeth M. Sauter SUISSE Répondre à la SOIF DE DIEU présente dans chaque CŒUR VIVRE NOTRE CHARISME EN SUISSE AUJOURD’HUI

Magazine VIE/25 SUISSE Depuis plus de 175 ans, nous sommes présentes dans des institutions sociales, des écoles, des hôpitaux et des paroisses, où nous nous consacrons à l'éducation des filles et des femmes. Au sein de nos propres communautés, les sœurs ont également occupé diverses fonctions administratives et ont pris soin des sœurs âgées et malades. Nous sommes profondément reconnaissantes pour cette période de notre histoire. Pour nous, sœurs de la Province suisse, la situation a considérablement évolué ces dernières années. Nous avons vieilli et notre communauté s'est considérablement réduite (nous sommes 130 sœurs, dont la moyenne d'âge est de 87 ans). Nous ne pouvons plus nous définir en énumérant nos réalisations et nos succès. Nous sommes de plus en plus renvoyées à nous-mêmes, ayant besoin d'aide et de soutien de l'extérieur. Dans cette situation particulière, nous sommes appelées à repenser notre mode de vie, nos relations et notre vie communautaire. Nos communautés sont composées de nombreuses personnes, et nous nous efforçons de considérer cette réalité non pas comme un fardeau, mais aussi comme une source d'enrichissement. Cette perspective exige de l'honnêteté, du courage et de la volonté de supporter les tensions. Cet objectif nous met aujourd'hui pleinement au défi. Nous croyons que c’est dans cette quête que notre mission et notre vocation résident. Nous vivons notre vocation avant tout au sein de notre propre communauté, en allant les unes vers les autres de manière plus consciente, en prêtant véritablement attention à nos consœurs, en partageant, en écoutant, en supportant les conflits et en cherchant ensemble des solutions. Si nous adoptons une attitude positive, celle-ci rayonnera vers ceux qui nous entourent et prendra un caractère missionnaire. La prière communautaire quotidienne nous aide grandement à cet égard. Nous prions pour nous- mêmes ainsi que pour les besoins et les difficultés de l’Église et du monde. Nous sommes reconnaissantes de pouvoir compter sur d’excellents collaborateurs externes pour de nombreuses tâches. Nous souhaitons leur accorder notre confiance et les traiter avec respect et bienveillance. Bien entendu, nous ne nous retirons pas pour autant du monde extérieur. Nous chérissons nos rencontres quotidiennes avec les membres du personnel, les villageois, les élèves de l’école cantonale locale et ceux qui viennent se recueillir sur la tombe de Mère Bernarda. Nous prêtons une oreille attentive aux personnes dans le besoin, que ce soit lors de rencontres en personne, au téléphone ou par correspondance. Nous partageons la vie des demandeurs d’asile hébergés dans notre centre « Maria vom Berg » Dans cette maison, les sœurs aident les réfugiés à apprendre l’allemand, les accompagnent à leurs rendez-vous médicaux, les écoutent et leur offrent leur temps et leur attention. Ce sont les choses simples qui prennent pour nous un sens nouveau. La mission que Dieu nous confie aujourd’hui exige le silence, la méditation, la prière et l’acceptation de notre propre vulnérabilité. Au cœur de cette mission se trouve l’espérance qui guide toutes choses vers le bien, y compris notre avenir. Soeur Ursula M. Niedermann L’Esprit de Dieu continue de toucher nos vies et de transformer nos communautés. RECONNAISSANTES POUR LE PASSÉ, NOUS VIVONS PLEINEMENT LE PRÉSENT. NOUS ACCUEILLONS L’AVENIR AVEC ESPÉRANCE.

Magazine VIE/26 Nous participons autant que possible à la vie paroissiale ; nous siégeons également au conseil pastoral. Nous nous entendons bien avec la coopérative qui travaille à nos côtés ; nous vivons dans une ambiance familiale, nous nous entraidons, nous nous écoutons et, ensemble, nous avons le sentiment d’être en mission. Le cœur de la mission, c’est la prière. Dans l’adoration quotidienne, devant Lui, nous essayons d’être un signe de présence et d’intercession parmi les gens. ÊTRE EN MISSION chaque jour de notre vie Malgré notre petit nombre et nos forces déclinantes, nous avons le sentiment d’être en mission. Nous continuons à participer, avec simplicité et amour, au cheminement de l’Église en Italie. Nous sommes une petite communauté. Nos forces ne sont plus ce qu’elles étaient autrefois, mais le désir de vivre la mission que le Seigneur nous a confiée reste inchangé. Nous nous en remettons à Lui, qui nous donne sérénité et paix. La collaboration avec les laïcs est positive ; avec la commission de catéchèse, nous nous occupons de la formation des catéchistes, et par le biais de l’apostolat biblique, nous essayons d’aider les personnes à découvrir la Parole de Dieu comme une lumière et une force pour la vie. ITALIE Sœur Agnese et les sœurs de la Casa Italia

Magazine VIE/27 Vivre la MISSION avec ESPÉRANCE en tant que personnes âgées La présence de personnes âgées dans notre région de la Valteline est importante ; nous sommes fréquemment en contact avec elles, non seulement au sein de notre communauté religieuse, mais aussi en ville, où se trouvent de nombreuses maisons de retraite et des personnes âgées seules. Dans ce contexte, nous ressentons le besoin de nous engager dans la mission en demandant au Seigneur le don de la sagesse et de l’espérance, pour nous et pour ceux qui vivent à nos côtés, mais aussi pour les personnes auxquelles nous rendons visite régulièrement. Une expérience que nous vivons chaque semaine se déroule dans une maison de retraite située à proximité de la communauté. C’est toujours une rencontre avec une vie fragile, mais riche ; une vie qui attend et qui apporte la sérénité, une vie qui engendre l’ESPÉRANCE car elle est toujours avide de relations humbles : une poignée de main, un sourire, un geste de proximité, un peu d’attention… C’est une vie qui échappe à la solitude. La prière, la lecture commune de l’Évangile, le chant, le dialogue animé par les bénévoles, l’écoute de l’histoire de chacun, rendent ces rencontres familières, favorisent la connaissance et la fraternité, et aident les résidents à se sentir moins seuls et à faire partie d’une communauté plus large. Pour les résidents, c’est un moment privilégié et attendu. Pour moi, c’est un chemin inscrit dans notre charisme, au sein duquel nous sommes appelées à susciter L’ESPÉRANCE qui ne déçoit pas, car Dieu nous précède toujours par son Amour. Et là où une personne âgée est accueillie dans la dignité, là l’Esp fleurit l’Espérance fleurit. Sœur Anna Rabbiosi ITALIE

Magazine VIE/28 CULTIVER L’ESPÉRANCE, inspirées par notre Charisme Offrir des bénédictions et des conseils à travers la Parole de Dieu dans la Province Allemande Je me consacre à l’accompagnement spirituel depuis 30 ans. Je mène à bien cette mission à travers des entretiens individuels réguliers et programmés, ainsi que par l'organisation de diverses retraites spirituelles. C'est notre charisme d'espérance et de vie qui m'a conduite à suivre cette formation et qui continue de me guider dans ce service aux autres. Mon expérience m’a montré que, dans un espace de confiance, d’acceptation et d’écoute active, les personnes peuvent grandir et devenir davantage elles-mêmes. Elles sont encouragées à porter un regard plus attentif sur leur vie ordinaire et quotidienne. Cela concerne leurs relations, leurs décisions et leur cheminement personnel avec Dieu. Mon accompagnement spirituel vise à aider les personnes à ne plus se contenter d'une existence superficielle, en les encourageant à percevoir la vie dans une perspective plus large et plus profonde. Dans ce contexte, il m’importe de les guider vers le discernement spirituel. De nombreux retraitants renouent ainsi un lien plus profond à leur « sens et à leur raison d’être », et trouvent un meilleur équilibre ainsi qu'une orientation plus claire dans la vie, en particulier lors de situations limites ou à des tournants décisifs. J’accompagne de plus en plus de personnes ayant connu des « ruptures » dans leur vie et ayant perdu l’espérance. C'est notamment lors de retraites individuelles avec un accompagnement personnalisé d'au moins six jours que je constate comment la joie de vivre renaît chez de nombreux retraitants, comment l'espérance en l'avenir se renforce et comment la transformation et la guérison s'opèrent par la grâce de Dieu. Grâce aux exercices spirituels, beaucoup d’entre eux réapprennent à adopter une approche positive de leur propre vie, malgré leurs blessures. Mon accompagnement spirituel vise à aider les personnes à ne plus se contenter d'une existence superficielle, en les encourageant à percevoir la vie dans une perspective plus large et plus profonde. Province Allemande

Magazine VIE/29 DÉCOUVRIR LE TRÉSOR PRÉSENT EN CHAQUE PÈLERIN Ils font l’expérience de la puissance de la Parole de Dieu, avec son message joyeux et cela est un grand don pour moi. Le fait de constater que les gens sont prêts à aligner leur vie sur celle de Jésus-Christ, à se laisser inspirer par lui et à rester à ses côtés tout au long de leur parcours de vie me motive sans cesse à partager notre charisme avec les autres. Je sais que je dois être une sœur de la Sainte- Croix, contemplative, qui médite régulière- ment et vit en profonde communion avec la Trinité divine, pour pouvoir offrir un accompagnement qui apportera la bénédiction de Dieu aux autres. Soeur Chiara Hoheneder Depuis la fin de l'année 2024, j'ai réorienté mon action des ministères « internes » vers les ministères « externes » : des domaines où une vie nouvelle jaillit, tant pour les autres que pour moi-même. Cette réorientation se concrétise par un poste à temps partiel rémunéré au sein de la paroisse et du service des pèlerinages, ainsi que par des activités pastorales bénévoles auprès de l’association d’accompagnement en fin de vie et dans l’accompagnement des pèlerins. La formation intensive de base et avancée en « accompagnement pastoral » m’a fourni des outils précieux pour mener des entretiens centrés sur la personne. Le principe fondamental consiste à encourager l’exploration de soi, en reconnaissant que la solution et le trésor se trouvent au cœur même de la personne à qui je m’adresse ! Province Allemande

Magazine VIE/30 Une dame, bénévole et dévouée de notre province, a trouvé chez nous un refuge spirituel après le décès de son mari. Nous avons pris plaisir à échanger nos réflexions tout en suivant ensemble une formation de bénévoles en soins palliatifs. J’ai attiré son attention sur diverses possibilités, telles que le bénévolat pour l’accompagnement des pèlerins, les cours bibliques ou la catéchèse. Ces activités l’aident de plus en plus à trouver une nouvelle place dans la vie, qui lui apporte du sens, de la joie et de l’espérance. C'est un échange mutuel entre elle et notre communauté ! Dans le cadre de mon travail au sein de l’association d’accompagnement en fin de vie, je suis témoin de la joie de cette dame lors de mes visites. Un moment décisif dans l’établissement de ce lien a été celui où je lui ai offert une petite crèche faite à la main qu’une sœur m’avait donnée. Ce geste a profondément touché cette femme, qui en est aux premiers stades de la démence ; sa propre crèche, qu’elle n’avait pas pu emporter avec elle lors de son emménagement en maison de retraite, lui manquait énormément. Elle évoque souvent ce moment providential et me considère comme un lien avec Dieu. Elle partage avec confiance ce qui l’habite et le partage lui donne un sentiment d’identité. Depuis dix ans, je suis bénévole pour accompagner les pèlerins sur le site sacré d’Altötting. Il s'agit d'un ministère d'accueil destiné aux pèlerins qui portent leurs « sacs à dos » remplis de soucis et de gratitude jusqu'à la Mère de Dieu, et qui, s'ils le souhaitent, peuvent également les partager avec nous. Des conversations similaires ont également lieu au sein de l’équipe. Chaque lundi de Pentecôte, j’organise des services d’accueil pour environ 350 pèlerins qui voyagent à pied dans l’enceinte de notre maison provinciale. Lorsqu’ils récupèrent leurs bagages, les pèlerins sont ravis de déguster une glace et de faire de belles rencontres avec nos sœurs. Soeur Manuela Kollmannsberger Province Allemande

Magazine VIE/31 UN SIGNE D’ESPÉRANCE pour les migrants Répondant aux besoins de notre époque, nous œuvrons pour la justice et la paix en Angleterre. Notre communauté se trouve au nord de Londres, une ville où vivent de nombreuses personnes issues de différentes origines ethniques. Notre paroisse, où nous célébrons la messe, est multiculturelle et rassemble des personnes venues de nombreux pays différents, dont certaines sont arrivées en Angleterre en tant que réfugiées, elles ou leurs parents. Les communautés de la plupart des églises catholiques de nos villes en Angleterre présentent les mêmes caractéristiques. Inspirées par le charisme de la Sainte-Croix et par ces paroles du père Théodose : « Les besoins de notre temps sont la volonté de Dieu », nous avons rejoint le groupe paroissial « Justice et Paix ». Chaque troisième lundi du mois, nous participons à une veillée de prière devant le ministère de l'Intérieur, près du Parlement, pour commémorer et honorer la mémoire des réfugiés qui n'ont pas atteint leur destination. Ils ont quitté leur foyer et leur pays pour fuir des lois injustes, de la persécution, la pauvreté et les conflits liés à leur origine ethnique ou à leur religion. On sait qu'ils ont été exploités au cours de leur périple, pour des sommes colossales, et que leur seul moyen de transport par mer consistait en des canots pneumatiques surchargés et inadaptés. Chaque mois, de nombreux hommes, femmes et enfants perdent la vie. Lors de la veillée, nous écoutons une lecture de l'Évangile, nous réfléchissons, nous prions en intercession et surtout, nous lisons à haute voix les informations concernant ceux qui ont entrepris leur voyage, mais qui n'ont jamais atteint leur destination ! Ces faits concrets ont un impact profond : le 12 mai 2025, trois femmes et trois enfants originaires d’Érythrée, deux hommes du Soudan, quatre personnes d’Égypte et quatre du Pakistan, ainsi qu’un homme de 29 ans originaire du Pakistan qui avait été travailleur migrant en Arabie saoudite, se sont noyés lors d’un naufrage au large d’Alshad, près de Tripoli, en Libye. 5 ont survécu à cette tragédie … ANGLETERRE

Magazine VIE/32 Inspirées par notre Charisme, nous cultivons l’Espérance dans notre mission parmi les gens. Ce fait a eu un impact si profond que, au cours des trois derniers mois, nous avons décidé de partager avec nos paroissiens qui ne font pas partie du groupe « Justice et Paix », pour les mettre au courant de ces nouvelles. À la fin de la grand-messe dominicale, nous invitons tous ceux qui le peuvent à se rassembler sur les marches de l’église. Nous lisons alors à haute voix certains de ces faits, au bord d’une route très fréquentée, en espérant d’ouvrir les esprits de nos paroissiens, mais aussi de tous les passants. Sr Elizabeth O’Donohoe et Sr Bernie Morey L’éducation ne se limite pas à la transmission d’informations. Mère Bernarda en avait tiré cette conclusion ; elle concevait l’éducation d’une manière proche du modèle inégalé des Grecs. Ce point de vue est exprimé par Thomas d’Aquin. Dans son ouvrage « Le Maître », il soutient que l’éducation (ou l’apprentissage) implique le passage de l’intellect humain de son état de puissance à son actualisation et à son activité propre. [1] L’allégorie de la caverne de Platon, dans le livre VII de La République, illustre la nature humaine de manière particulièrement poignante. Platon affirme que les êtres humains naissent dans un état d’esclavage, c’est-à-dire que nous sommes asservis à nos sens physiques et donc incapables de bien penser. [2] C’est l’éducation qui libère l’être humain des empoisonnements de l’ignorance, lui permettant de se détourner des apparences pour se tourner vers les vérités de la raison. [3] ANGLETERRE

Magazine VIE/33 Dans le cadre de mon enseignement actuel de la philosophie, au sein d’une école catholique de Londres, je m’efforce d’aider les élèves à se détourner des apparences pour se tourner vers les vérités de la raison. [4] Un exemple permet d’illustrer ce propos. Platon expose sa théorie de la connaissance dans La République. La vraie connaissance implique une prise de conscience profonde de « ce qui est ». Cela signifie que la vraie connaissance correspond à ce qui est réellement vrai. L’ignorance désigne la prise de conscience et l’acceptation de « ce qui n’est pas ». En d’autres termes, de « ce qui n’est pas réellement vrai ». L’opinion désigne la prise de conscience de ce qui se situe entre la connaissance de « ce qui est » et l’ignorance de « ce qui n’est pas ». Je pose ensuite des questions pour aider les élèves à réfléchir à ce qui doit être approfondi dans les affirmations de Platon : Comment pensez-vous que Platon conçoive la connaissance, l’opinion/la croyance et l’ignorance ? Que signifient-elles selon vous ? Donnez cinq exemples d’énoncés que Platon classerait comme démontrant l’ignorance ; cinq exemples d’énoncés qu’il classerait comme démontrant la connaissance ; cinq exemples d’énoncés démontrant l’opinion. L’examen des notions de « vérité », de « connaissance », d’« ignorance » et d’« opinion » est plus nécessaire que jamais à notre époque, car certains politiciens et les médias jettent « un voile » sur la frontière entre la réalité et les illusions, entre ce qui est moralement juste et ce qui est moralement faux. L’enseignement de la philosophie est donc une forme de pré-évangélisation. Les éducateurs peuvent raviver la flamme. Des élèves m’ont confié qu’une dimension entière s’était ajoutée à leur foi catholique, grâce à un examen rigoureux des réalités ultimes, notamment l’existence de Dieu, la nature de la souffrance et la moralité humaine. Mère Bernarda et les sœurs fondatrices se sont consacrées à l’éducation des jeunes : ce faisant, elles ont promu la dignité des êtres humains dans leurs salles de classe. Mère Bernarda croyait que les êtres humains possèdent des dons qui doivent être développés. Cette conception de l’éducation est au cœur même de notre charisme. C’est sa réponse à la grande mission confiée par Jésus ; c’est en même temps sa réponse à Dieu le Père et Créateur, qui dépose des dons dans l’esprit et le cœur des êtres humains. En tant qu’enseignante, je cherche à coopérer avec Dieu le Créateur et le Père, et je Lui demande de bénir les efforts des élèves afin que tous puissent mener une vie humaine épanouie, issue de leur reconnaissance de Lui, notre Père céleste. Notre charisme est un don du Saint-Esprit, que Dieu nous a accordé pour notre service de l’Évangile dans le monde. Sr M.Finbarr Coffey Professeur de philosophie de niveau avancé à la Cardinal Vaughan Memorial School de Holland Park, à Londres _____________________________________ 1 Thomas d’Aquin « Le Maître », dans Écrits choisis, trad. Ralph Mclnerny (Londres, Penguin Books, 1998), p. 199. 2 Platon, « La République », dans Œuvres complètes, John Cooper (éd.) (Indianapolis, Hackett Publishing, 1977), p. 514a. 3 Plato, La République, 518c. 4 Plato, La République, 518c. ANGLETERRE

Magazine VIE/34 « Faites votre petite part de bien là où vous êtes ; ce sont ces petites actions de bien, mises bout à bout, qui remplissent le monde. » Desmond Tutu

Magazine VIE/35 Au Cap, nous sommes confrontées à de nombreux changements à différents niveaux, mais, à l’instar de Mère Bernarda, nous continuons à placer notre confiance en Dieu et en Sa Providence. Depuis le Chapitre provincial de décembre 2024, nous avons entamé un processus de discernement avec l’équipe de direction de la Congrégation afin de déterminer la nouvelle structure de gouvernance la mieux adaptée à notre réalité. Le vieillissement et la diminution du nombre de sœurs nous ont amenées à reconnaître que nous ne disposions plus de l'énergie ni des ressources nécessaires pour rester une province. Après plus d'un an de partage et de réflexion, nous avons choisi de devenir une « maison en collaboration avec l'équipe de direction de la Congrégation », mais uniquement « ad experimentum », afin de disposer de suffisamment de temps pour tester cette nouvelle forme de direction, tout en restant ouvertes à de nouvelles possibilités de vivre en tant que sœurs de la Sainte-Croix dans la région du Cap, en collaboration avec nos autres sœurs sur le continent africain. Les défis auxquels nous sommes confrontées sont nombreux, mais chacune d'entre nous continue de s'investir de son mieux, avec amour et engagement, dans divers domaines de la mission, puisant notre énergie dans notre charisme qui nous aide à vivre dans l'espérance et à l'apporter à celles et ceux que nous rencontrons. Un CHARISME que nous incarnons à travers notre histoire CAP

Magazine VIE/36 Nous sommes actuellement actives dans les domaines de l’éducation, de la pastorale et de l’accompagnement des femmes et des enfants victimes de violences, d’abus ou d’autres formes de détresse. Nous nous consacrons également à la prise en charge de nos sœurs âgées, qui soutiennent notre mission par leurs prières et le sacrifice inévitable lié au déclin de leurs forces, avec amour et simplicité. Lors de l'assemblée de mars 2026, nous avons médité sur le caractère unique de chacune d'entre nous, un caractère unique que Dieu aime et désire. Nous savons que nous sommes toujours précieuses aux yeux de Dieu, malgré nos imperfections. Il a été significatif de méditer ensemble sur l’invitation que Dieu a adressée à saint François d’Assise : « Va, et répare mon Église », car nous savons que chacune d’entre nous contribue à édifier l’Église et la société à la lumière de l’Évangile. Le message du Chapitre général de 2025 nous invite à trouver de nouvelles façons d'évangéliser la société actuelle, et nous souhaitons le faire avec ce que nous sommes et ce que nous avons. Nous sentons que c’est un « temps favorable » pour discerner ce que le Seigneur attend de nous aujourd’hui. « Les choses anciennes s’en sont allées » (les chiffres, les forces, les certitudes…), « des choses nouvelles sont arrivées » — nous dit l’Écriture. C'est vers cette « nouveauté », même si elle est « encore obscure » et mystérieuse, que nous voulons tourner notre regard, avec la certitude que le Seigneur sait faire « fleurir le désert ». Il est proche de nous et, avec lui, nous voulons poursuivre notre chemin dans cette espérance qui ne déçoit pas. Sœurs de la “Maison Cap” CAP Notre expérience missionnaire inspirée par notre charisme: Le mystère de la mort et de la résurrection Notre charisme de la Sainte-Croix nous invite sans cesse à contempler et à vivre le mystère de la mort et de la résurrection. Chaque jour, nous sommes confrontées à des situations où la souffrance, la perte, la peur et le désarroi semblent insurmontables. Pourtant, par la grâce de Dieu et par notre simple présence au milieu de son peuple, nous avons le privilège d’être témoins d’une nouvelle vie naissant du désespoir, de l’espérance remplaçant le découragement et de la dignité humaine retrouvée. C’est au sein de ce mystère pascal quotidien que notre mission trouve son sens le plus profond. Sœur Clarissa et moi avons la chance de vivre dans un township de couleur, Elsies River, au Cap. Dans notre petit couvent de deux chambres, de jeunes femmes viennent nous rendre visite pour en savoir plus sur notre mode de vie et sur la manière dont nous parvenons à équilibrer prière, ministère et vie communautaire.

Magazine VIE/37 CAP Vivre parmi les pauvres et être confrontées aux mêmes risques et dangers qu’ils rencontrent chaque jour nous a fait prendre conscience du fait que la pauvreté va bien au-delà de la privation matérielle. La violence en est l’un des fruits tragiques, qui prive les jeunes de leur vie à une fréquence alarmante. Pourtant, notre présence parmi ces personnes devient une source d’espérance et de transformation. À travers de simples relations de voisinage, en écoutant leurs histoires, en partageant de la nourriture et des vêtements donnés, et en proposant des opportunités d’emploi temporaire, nous cherchons à restaurer leur dignité et à leur offrir des signes concrets de l’amour et de la sollicitude de Dieu. Sœur Clarissa, qui a prononcé ses vœux temporaires, terminera son diplôme en sciences de l’éducation à la fin de cette année et commencera son ministère d’éducatrice l’année prochaine. Elle exerce également son ministère dans la paroisse en tant qu’évangélisatrice et, dès que ses études le lui permettent, m’accompagne au sanctuaire Sainte-Claire à Atlantis, situé à environ une heure de route de notre couvent. Cette année, le sanctuaire Sainte-Claire a célébré son septième anniversaire. Le sanctuaire propose un programme d’hébergement qui vient en aide aux femmes victimes et survivantes de violences conjugales et de violences liées au genre — un problème que notre gouvernement a qualifié de « crise nationale » et de « deuxième pandémie ». Le sanctuaire offre un foyer sûr et sécurisé, loin des auteurs de ces violences, tout en apportant un soutien spirituel, émotionnel et pratique. Nous dotons également ces femmes des ressources et des compétences nécessaires pour surmonter le traumatisme qu’elles ont subi et reconstruire leur vie. Lorsque la réunification avec leur famille et leurs proches n’est pas possible, nous les aidons à se préparer à une vie autonome. L’une des plus grandes bénédictions de ce ministère est d’être témoin de la rencontre profonde que ces femmes vivent avec Dieu au cours de leur cheminement vers la guérison et la plénitude. Leur foi renouvelée, leur estime de soi grandissante et leur courageuse détermination à embrasser un nouvel avenir constituent une source constante d’inspiration. J’ai également été profondément enrichie par le temps passé au sein de la Ligue des femmes dans les paroisses où j’ai été invitée à assurer un accompagnement spirituel. Les mots suffisent guère à exprimer la joie, la gratitude et le respect silencieux que nous éprouvons en voyant une nouvelle vie émerger d’une souffrance profonde. Ce qui rend cette transformation encore plus remarquable, c’est qu’elle s’opère dans le cadre d’un programme résidentiel de seulement trois mois — témoignage puissant de la grâce de Dieu à l’œuvre et de la résilience de l’esprit humain. Promouvoir la vie, susciter l’espoir et contribuer à la transformation de la société restent au cœur de notre mission, tout cela pour la plus grande gloire de Dieu. Soeur Mary Quimpo

Magazine VIE/38 DONNER PROTÉGER ET CULTIVER LA VIE Un charisme vivant au Lesotho LESOTHO Les écoles de la Sainte-Croix ont été fondées pour venir en aide aux enfants pauvres et issus de l’immigration, et cet esprit perdure aujourd’hui. Cela se traduit notamment par le fait que ces écoles accueillent tous les enfants, y compris les plus démunis, ceux qui rencontrent des difficultés scolaires, et même les non-catholiques. L’objectif est de donner et de protéger la vie. Au Lesotho, nous sommes confrontés à de multiples défis. De nombreuses communautés sont en proie à la pauvreté et beaucoup de familles sont dirigées par des enfants, ce qui rend difficile pour certains d'aller à l'école sans encombre. Un autre défi est la toxicomanie, notamment chez les hommes et les jeunes. Malgré ces difficultés, l’espérance demeure pour ceux qui continuent à prier et à chercher une relation avec Dieu. Un autre signe d’espérance est le soutien apporté par le gouvernement à travers l’enseignement primaire gratuit. Le charisme de ma congrégation m’inspire de diverses manières dans l’accomplissement de ma mission. Au cœur de ce charisme se trouvent la mort et la résurrection. Je peux affirmer avec fierté que, dans ma mission, j'expérimente à la fois la mort et la résurrection. À maintes reprises, je dois lâcher prise pour laisser la place à la croissance. Parfois, je dois laisser mourir mon ego en admettant que, en tant qu'enseignante, je ne sais pas tout. D'autres fois, je ressens la douleur de voir des élèves échouer au examens. Cependant, la plupart du temps, je consacre mon temps à aider les élèves qui ont besoin de plus de temps pour comprendre. Grâce à ces expériences, j’ai pris conscience de l’importance de croire en la seconde chance. Si un élève échoue, je ne dois pas le laisser tomber, mais redoubler d'efforts et reconnaître son potentiel. Cette prise de conscience me pousse à enseigner avec espérance, en particulier auprès des élèves en difficulté scolaire. Je m’efforce de les aider à progresser et, surtout, d’enseigner avec compassion. Je cherche à identifier les talents cachés chez les élèves qui peuvent rencontrer des difficultés scolaires. C’est déjà le cas grâce à mon implication dans des activités extrascolaires telles que le sport et le chant. Sr. Adelina Ts’ehla

Magazine VIE/39 LESOTHO En tant que Sœurs de la Sainte-Croix, nous nous engageons à promouvoir la vie et à autonomiser les personnes marginalisées par le biais de l'éducation, de la pastorale et des soins de santé. Le Mystère Pascal est notre source d’inspiration. Depuis 1908, les Sœurs de la Sainte-Croix de la province du Lesotho œuvrent dans des centres de santé, offrant des soins et un soutien empreints de compassion aux populations vulnérables. Encouragée par le message du chapitre général de 2025, sœur Albertina Nkunyane, conseillère professionnelle, consacre son ministère à l’accompagnement d’enfants marginalisés vivant avec le VIH et le sida. Elle leur transmet des compétences de vie, des repères moraux et la confiance nécessaire pour surmonter les obstacles et briser le cercle vicieux de la pauvreté. Pendant les week-ends et les vacances scolaires, sœur Albertina et son équipe aident les enfants à tisser des liens sains avec leurs pairs, à travailler en équipe et à adopter des comportements sociaux positifs. Elles leur offrent un espace sûr où ils peuvent s'exprimer librement, développer leur estime de soi et entretenir l'espoir malgré la stigmatisation et le rejet dont ils peuvent être victimes dans la société. En réponse à l'appel à l'écoute dans un esprit synodal et à l'adoption de nouvelles approches pastorales, le centre de santé de la Sainte-Croix est devenu bien plus qu'un simple établissement médical ; il est devenu un sanctuaire d'espérance. Ce charisme rappelle au personnel soignant que son identité fondamentale consiste à promouvoir la vie de manière holistique et à insuffler de l’espoir dans les situations de souffrance, notamment face aux défis posés par le VIH/sida, l’abandon des enfants et l’extrême pauvreté. Face à des défis systémiques tels que l'impact persistant du VIH/sida et de la malnutrition sévère, le centre de santé Holy Cross a réagi en se montrant solidaire des enfants marginalisés. Grâce à des programmes de formation professionnelle financés par le Peace Corps des États-Unis, ces enfants ont pu acquérir les moyens de prévenir la propagation du VIH/sida et de se construire un avenir meilleur. L’une de ces initiatives, baptisée « GAME CHANGER », s’est achevée par la remise de certificats aux enfants participants, en reconnaissance de leurs accomplis- sements. En répondant à l’appel à l’écoute dans un esprit synodal et à l’adoption de nouvelles approches pastorales, le centre de santé est devenu bien plus qu’un simple établissement médical ; il est devenu un sanctuaire d’espoir. Ce charisme rappelle au personnel soignant que son identité fondamentale consiste à promouvoir la vie de manière holistique et à insuffler une espérance qui ne déçoit pas (Romains 5, 5) en ancrant les soins cliniques dans l’amour permanent et inébranlable de Dieu. Pour les enfants marginalisés, souvent victimes de promesses non tenues, de la pauvreté et d'un abandon systémique, cette espérance théologique devient tangible grâce à un ministère centré sur le Christ, qui affirme leur dignité, leur apporte des soins constants et favorise une autonomisation qui transforme leur vie. En offrant un environnement aimant et solidaire, la clinique devient un point d’ancrage terrestre pour l’espoir. Cette continuité des soins aide les enfants à surmonter leurs peurs profondément enracinées de la négligence et du rejet, tout en leur démontrant qu’ils sont des membres précieux de la société, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Sr Sylvia Sekey MISSION PROPHÉTIQUE DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ : SOLIDARITÉ AVEC LES PERSONNES MARGINALISÉES

Magazine VIE/40 Inspirées par notre Charisme NOUS SOMMES PORTEUSES D’ESPÉRANCE SOINS AUX PERSONNES ÂGÉES dans la Province d'Afrique du Sud HONORER NOS AÎNÉS : AU CŒUR DE LA PRISE EN CHARGE « Lève-toi devant les personnes âgées, montre du respect envers les aînés » Lévitique 19, 32 Qui sommes-nous ? La Maison Sainte-Croix accueille différentes catégories de personnes âgées : des laïcs, des prêtres catholiques, des sœurs de Sainte-Croix et des sœurs issues d’autres congrégations. Cela nous permet de bénéficier d’une vaste expérience, d’une grande sagesse et de la beauté du vieillissement. Des personnalités variées, des rires et des défis. Nous honorons chacun d’entre eux en respectant leur dignité et leurs droits grâce à une approche holistique. NOS ACTIVITÉS QUOTIDIENNES ET NOS SOINS Soins quotidiens et santé physique Nous dispensons des soins centrés sur la personne qui améliorent la qualité de vie. Notre routine quotidienne comprend l’administration des traitements, une alimentation équilibrée, un soutien à la mobilité, des exercices physiques doux et une stimulation mentale pour chaque résident. Soins psychologiques et loisirs Nous créons un environnement adapté aux personnes âgées où chacun se sent libre et valorisé. La solitude est une réalité ; c’est pourquoi nous organisons des activités qui apportent de la joie et donnent un sens à la vie, notamment : jouer, écouter leurs histoires et honorer leur dignité, chanter et danser pour ceux qui le peuvent, des séances de contes pour partager sagesse et souvenirs. Des étudiants universitaires viennent deux fois par semaine pour animer diverses activités d’ergothérapie et des loisirs stimulants. Accompagnement spirituel Espérance et paix pour leurs dernières années. Un animateur spirituel vient chaque vendredi pour prier et apporter un soutien spirituel. Afrique du Sud

Magazine VIE/41 Vie sociale et célébrations Nous célébrons la vie ensemble ! Pâques, Fête de la Saint Croix), Anniversaires, Noël, la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, ainsi que des jours fériés importants tels que la Journée de la jeunesse, le Jour de l’indépendance, la Journée du patrimoine, la Fête des mères et la Fête des pères. Nous apprécions également les activités en plein air. Différents bienfaiteurs viennent de manière spontanée pour apporter leur soutien et passer du temps avec nos aînées. Prendre soin des personnes âgées est une bénédiction ; il y a plus de joie à donner qu’à recevoir (Actes 20, 35). L’ÉDUCATION : UNE SOURCE D’INSPIRATION Nos sœurs aînées sont les piliers de la prière dans notre province. Elles prient sans cesse pour nous. Leur présence, leur foi et leur confiance en Dieu sont palpables. Ce sont les gardien- nes de la sagesse, de la foi et de l'histoire de la paroisse. À travers leur vie et leurs récits, elles continuent à nous enseigner, à nous guider et à nous apporter leur bénédiction. Soeur Alice Matyatini Responsable Maison Sainte Croix, Afrique du Sud Le ministère de l’Éducation joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre et la promotion de ce charisme. À l’issue de chaque Chapitre général, son message est transmis aux responsables de toutes nos écoles lors de notre Conférence annuelle de l’Éducation de la Sainte-Croix, où se réunissent des représen- tants de chacune des neuf écoles. Ces responsables diffusent ensuite ce message au sein de leurs communautés scolaires respectives. La Province de l’Afrique du Sud compte neuf établissements répartis dans trois pays : la Namibie, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe. Nos élèves proviennent de communautés dont les conditions de vie vont de la marginalisation à l’aisance. Bien que chaque établissement évolue dans un contexte qui lui est propre, tous partagent la mission et l’éthique de l’Église catholique, exprimées à travers le charisme de la Sainte-Croix. Afrique du Sud

Magazine VIE/42 La Conférence sur l’éducation constitue également une occasion importante pour les responsables d’établissements de se réunir au sein d’une même famille de la Sainte-Croix. Ils partagent leurs bonnes pratiques, célèbrent leurs réussites, discutent des défis à relever et se soutiennent mutuellement en échangeant des idées et des ressources. Ainsi, le charisme de la Sainte-Croix devient une réalité vécue, inspirant et donnant aux responsables les moyens de transmettre cet esprit au sein de leurs établissements. Raviver la flamme L’une des expériences les plus inspirantes que j’ai vécues ces dernières années a été d’être témoin de la confiance profonde de notre province en la Providence divine, à travers la création d’une nouvelle école en Namibie destinée aux élèves des communautés d’Okongo. Malgré des ressources financières très limitées, la direction provinciale, soutenue par la générosité de bienfaiteurs que Dieu a mis sur notre chemin, a bâti cette école en un temps record. Elle a ouvert ses portes l’année dernière en tant qu’école de jour, avec seulement 19 élèves. Depuis, l’école a connu un développement qui a dépassé toutes les attentes. Des bâtiments supplémentaires ont été achevés et, cette année, l’école s’est agrandie pour inclure un internat qui accueille désormais 111 élèves. Ce parcours remarquable a ravivé en moi la flamme de l’espérance. Il a renforcé ma conviction que le charisme de la Sainte-Croix est non seulement vivant, mais aussi profondément d'actualité. Il nous rappelle que lorsque nous plaçons notre confiance en la Providence divine, des choses remarquables peuvent se produire. Générer une espérance qui ne déçoit pas Les parents nous confient régulièrement qu'ils choisissent nos établissements en raison de la qualité de l'enseignement que nous dispensons et de notre attachement aux valeurs évangéliques. Ils reconnaissent qu'une éducation à la Sainte-Croix ne se limite pas à la réussite scolaire, mais vise à former des jeunes animés par la foi, l'intégrité, la compassion et le sens du service. Par conséquent, l’une des principales responsabilités de nos chefs d’établissement est de cultiver et d'incarner ces valeurs évangéliques dans tous les aspects de la vie scolaire. Diriger une école aujourd'hui est à la fois un défi et une source de satisfaction. Les exigences peuvent parfois sembler écrasantes et les difficultés l’emporter sur les réussites. Pourtant, au milieu de ces défis, de nombreux signes d’espérance apparaissent. Les anciens élèves reviennent souvent soutenir et encourager leurs écoles, témoignant ainsi de l’impact durable d’une éducation « Sainte Croix ». De même, si le monde numérique offre des opportunités remarquables pour l’enseignement et l’apprentissage, il présente également des défis importants qui exigent sagesse, discernement et résilience. Malgré ces réalités, c’est un immense privilège de contribuer à l’éducation et à la formation des jeunes. Nous avons la chance de contribuer à faire d'eux des citoyens responsables qui apporteront une contribution positive à la société. Je crois fermement que, par nos écoles, nous participons à la mission de Jésus qui a dit : « Je suis venu afin qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance. » (Jean 10, 10) C’est cette mission qui continue de nous inspirer pour susciter une espérance qui ne déçoit jamais. Sr Flora Matavire Afrique du Sud

Magazine VIE/43 À LA RECHERCHE d’une vie meilleure Cultiver l'Espérance grâce à l'action pastorale auprès des travailleurs migrants dans la province de Zambie Le message du Chapitre général 2025, « Sœurs de la Sainte-Croix, source d’espérance – Une espérance qui ne déçoit pas », trouve un écho profond dans mon ministère auprès des travailleurs migrants. En tant que Sœur de la Sainte-Croix œuvrant au sein de Talitha Kum Zambie (TAKUZA), en collaboration avec le réseau international Talitha Kum, je vis cet appel au quotidien. Notre mission consiste à lutter avec courage et espérance contre l’exploitation, à accompagner les victimes de la traite des êtres humains et les migrants vulnérables, et à défendre la dignité que Dieu a donnée à chaque personne. Inspiré par Mère Bernarda, notre charisme de la Sainte-Croix nous appelle à reconnaître la dignité sacrée de chaque personne. Cet Espérance devient tangible lorsque je rends visite aux migrants en prison, que je facilite leur accès à la justice, que j’aide au rapatriement et que je milite en faveur d’une migration sûre. Je me souviens tout particulièrement de mineurs éthiopiens non accompagnés dont le rêve d’une vie meilleure s’est soldé par une détention. Ils ont abandonné l’école parce qu’on leur avait promis des emplois en Afrique du Sud et de l’argent facile. Zambie

Magazine VIE/44 Pendant leur transit, ils ont été abandonnés par les adultes qui les accompagnaient. Ils ont ensuite été interpellés par les agents de l’immigration car ils ne disposaient pas des documents requis. Le principal défi reste le manque de sensibilisation à la nécessité de disposer de documents en règle, de soins psychosociaux et de services adaptés aux enfants pour les mineurs migrants vulnérables, ce qui expose nombre d’entre eux au risque de traite, de maltraitance et d’exploitation. Jésus nous rappelle : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10, 10). Le pape François nous rappelle également que « les migrants sont nos frères et sœurs en quête d’une vie meilleure. » Répondre à cet appel exige une collaboration qui garantit la protection et l’accès à la justice pour les migrants. Cela nous invite également à investir dans l’éducation, à favoriser regroupement familial lorsque cela est possible, ainsi qu’à proposer des soins psychosociaux prenant en compte des traumatismes subis, afin que les enfants vulnérables puissent retrouver l’espérance et la dignité. Chaque geste d’accompagnement, de miséricorde et de défense des droits révèle la présence du Christ et renouvelle ma foi, m’inspirant à continuer de susciter un espoir qui, véritablement, ne déçoit pas (Romains 5, 5). Sr Ethel Munsaka Zambie

Magazine VIE/45 ÉDUQUER c’est croire en la RÉSURRECTION L’éducation, une mission sacrée L’éducation ne se limite pas au simple partage de connaissances. Elle consiste à former la personne dans sa globalité, c’est- à-dire l’esprit, le cœur et l’âme. En tant que jeune Sœur de la Sainte-Croix, je ne considère pas l’enseignement comme un simple métier. Il s’agit d’une mission sacrée ancrée dans notre charisme. Inspirée par la Croix du Christ, je crois que chaque élève qui m’est confié reflète l’image de Dieu et porte en lui une vocation unique. Notre charisme de la Sainte-Croix repose sur l’espérance et l’amour. Il m’appelle à me tenir au pied de la Croix avec courage, confiante que, même dans l’épreuve, la grâce de Dieu peut apporter une vie nouvelle. C’est ce qui façonne ma manière d’enseigner : éveiller l’espérance, renforcer la foi, cultiver la compassion et rechercher l’excellence chez chaque enfant. Éducation holistique Nous formons la personne dans sa globalité: l’esprit, le corps et l’âme. Dans la tradition de la Sainte-Croix, nous formons des élèves qui pensent de manière critique, agissent avec justice, aiment avec tendresse et vivent avec courage. Nos salles de classe sont des lieux où les questions sont les bienvenues, où l’effort est valorisé et où le caractère s’épanouit parallèlement aux compétences. Que ce soit à travers les mathématiques, la musique, les sciences ou le service, j’aide les élèves à comprendre que toute vérité ramène à Dieu. Une mission d’espérance Ce qui m’a d’abord attirée vers les Sœurs de la Sainte-Croix, c’est ma passion pour l’enseignement. Cette passion est aujourd’hui une réalité vivante, alors que je dispense une éducation holistique aux élèves de notre école. Enseigner dans l’esprit de la Sainte-Croix, c’est croire en la résurrection : croire qu’avec la grâce de Dieu, chaque esprit peut être éclairé, chaque cœur guéri et chaque vie peut porter ses fruits. Je prie pour que nos élèves repartent non seulement avec des diplômes, mais aussi avec la conviction qu’ils sont aimés, qu’ils comptent et qu’ils sont appelés à être des porteurs d’espérance dans le monde. Soeur Esther Monde Mwiya Être passionné par l’enseignement comme moyen de donner la vie… Zambie

Magazine VIE/46 « Le regard tourné vers l’HORIZON, nous marchons avec ESPÉRANCE, en nous installant aux frontières et en donnant la VIE » Plan CLAR Amérique du Sud 2026–2029

Magazine VIE/47 DONNER DE LA DIGNITÉ ET VALORISER LA VIE À TOUT ÂGE Le message du chapitre général de 2025 nous invite à promouvoir l’espérance auprès de cette population. C'est une grande satisfaction de pouvoir les accompagner dans les moments de douleur, de solitude, de souffrance et de vulnérabilité sociale. Nous les accueillons dans le but de valoriser et de promouvoir la vie, en favorisant leur réconciliation avec Jésus ressuscité qui les aime inconditionnellement. En tant que sœurs de la Sainte-Croix à la tête de ce groupe de 24 personnes âgées, nous avons également relevé le défi de vivre la synodalité. Nous avons créé des réseaux de collaboration au niveau régional afin d'offrir une meilleure prise en charge et de favoriser le bien-être physique, émotionnel et spirituel de ceux qui font partie de notre communauté. Sur le plan culturel, nous renforçons les liens avec la communauté locale en invitant les gens à faire connaissance avec les personnes âgées et à partager des moments avec elles lors d'activités artistiques, de danses, d'ateliers, ainsi que de thérapies individuelles et de groupe. Ces initiatives favorisent l’intégration, la rencontre et la valorisation de chaque individu. Nous cultivons également l’espérance au cœur de notre mission aux côtés des soignants qui prennent soin des personnes âgées et les accompagnent au quotidien. Nous cherchons à renforcer en eux la confiance, la vocation de service et l’espérance en eux-mêmes et en Dieu, grâce à des formations et à des parcours de formation dans le domaine de la santé qui encouragent la prise en charge des autres et de soi-même entre collègues. Sur le plan sacramentel, une pièce a été aménagée en chapelle où chacun peut se rendre librement, tant à titre personnel que communautaire. De plus, il leur est proposé de recevoir les sacrements de la réconciliation, de l'onction des malades et de l'eucharistie. Il convient de souligner qu'on prie le chapelet chaque jour, en offrant les intentions pour les vocations et pour notre congrégation. Soeur Carmen Ortega Cunco Expériences dans la province de Cunco

Magazine VIE/48 ÉDUQUER POUR RENDRE VISIBLE L’AMOUR DE DIEU Cunco Chaque jour, je remercie Dieu de m'avoir donné la chance de vivre le charisme des Sœurs de la Sainte-Croix à travers l'éducation. Dans chaque communauté éducative, je constate que notre mission va bien au-delà de l’enseignement ; nous sommes appelées à rendre visible l’amour de Dieu là où l’espérance semble s’affaiblir. C'est pourquoi j'ai le sentiment que je suis, et que nous sommes toutes, invitées à être de véritables sources d'espérance, et cela se répercute sur tous ceux qui entrent en contact avec notre mission : les enseignants, les familles, et bien sûr, nos élèves. Notre charisme éclaire mon engagement lorsque j’accompagne un élève qui a besoin de retrouver confiance en lui, lorsque des familles trouvent dans nos communautés éducatives un sentiment d’appartenance et un espace d’accueil, ou lorsque des éducateurs redécouvrent le sens de leur vocation. Ce sont des expériences simples, mais profondément transformatrices, qui nous rappellent que l’éducation est une voie privilégiée pour former des personnes, renforcer les communautés et annoncer l’Évangile par notre vie. Chaque communauté éducative, à partir de sa propre réalité et de son contexte, est le reflet de la présence de Dieu. En leur sein, on cultive des valeurs, on tisse des liens fraternels et on offre de réelles opportunités pour que les enfants, les jeunes et les familles découvrent qu'il est toujours possible de repartir à zéro et qu'il y a toujours des opportunités, il suffit de savoir les chercher. C’est là que l’esprit de notre congrégation continue d’influencer des vies et de transformer des communautés, grâce à la force silencieuse du service, de la proximité et de l’amour. Je ravive la flamme de notre charisme chaque fois que je vois s'épanouir ceux qui ont été accompagnés avec patience et confiance. Je constate alors que l’espérance ne déçoit jamais, car elle trouve son fondement en Christ. À la lumière de notre mission éducative, je rêve que nous continuions à avancer unies, en étant des sources d'espérance et en semant, avec joie et fidélité, des graines qui porteront des fruits abondants pour les générations présentes et futures. Soeur Yilda Vidal Poza

Magazine VIE/49 UN CHARISME qui devient réalité DANS LA VIE de nombreux jeunes Latino America « Le père Théodose disait : votre couvent, c’est le monde. » Il n'est pas facile de mettre en mots ce que j'ai vécu avec tant d'intensité au cours de ma vie religieuse. Le temps a passé et aujourd'hui, je partage mon expérience de mission. Notre Congrégation offre l'hébergement à 90 jeunes filles issues de familles paysannes des environs de Panguipulli, une commune où la population autochtone est très importante. C'est ici que notre charisme prend vie, imprégnant le cœur de ces jeunes filles qui, avec joie et dynamisme, ont peu à peu intégré les conseils et l'attention que nous leur avons prodigués. L’année a commencé par le regroupement des élèves par tranche d’âge, afin qu’elles puissent s’installer dans leurs différents modules aux côtés de leurs responsables. Notre souci a toujours été de leur préparer de bons repas, de mettre à leur disposition des dortoirs avec leurs lits respectifs, un chauffage, des toilettes et des douches. Les jeunes filles ont également pu bénéficier de la proximité, de l’affection, ainsi que d’un soutien spirituel et social, notamment celles qui n’en recevaient pas suffisamment chez elles, afin qu’elles considèrent l’internat comme leur deuxième foyer. Je les attendais toujours à l’entrée pour les saluer et leur demander comment s’était passée leur journée au lycée. La Congrégation m’accompagnait dans différentes activités de formation intégrale, notamment pour leur faire découvrir la vie et l’œuvre de nos fondateurs, ce qui les a motivées à s’intégrer en tant que communauté et à participer aux différentes rencontres et activités proposées par la Congrégation. Plusieurs d'entre elles ont pu poursuivre leurs études à l’université et dans des établissements d’enseignement supérieur. Je suis reconnaissante envers Dieu, car j’ai pu constater qu’en partageant notre vie pleine d’espérance, de joie et de simplicité, le charisme se renouvelle. Soeur María Garrido Bustos C'est ici que notre charisme prend vie, imprégnant le cœur de ces jeunes filles qui, avec joie et dynamisme, ont peu à peu intégré les conseils et l'attention que nous leur avons prodigués.

Magazine VIE/50 Le Mouvement des laïcs Sainte-Croix. Inspirés par le charisme de nos fondateurs, les laïcs souhaitent se nourrir de la Parole de Dieu et de notre spiritualité, afin d’insuffler la saveur de l’Évangile dans leur vie quotidienne. En accompagnant le Mouvement des laïcs Sainte-Croix, en partageant avec eux la foi en le Christ crucifié et ressuscité, fondement et source de notre vie et de notre mission, qui donne un sens à ce que nous sommes et à ce que nous faisons, j'ai pu constater que tout ce que je donne me profite en retour. En encourageant l’espérance des autres, on ravive la sienne, car en donnant, on reçoit ; en aidant les autres à s’éveiller, on s’éveille soi-même. … PARTAGER NOTRE CHARISME AVEC LES LAÏCS Latino America Partager notre charisme avec les laïcs du Mouvement, c’est les aider à s’approprier l’esprit de la Congrégation des sœurs de la Sainte-Croix, afin qu’ils soient, à l’image de nos fondateurs et des sœurs qui leur ont succédé, la présence du Christ qui transforme leur vie, celle de leur famille et celle de la société En découvrant notre spiritualité et notre charisme, les membres du Mouvement s’en trouvent motivés. Je suis impressionnée de les entendre parler de « notre charisme, notre spiritualité, nos fondateurs ». Ils participent à la mission évangélisatrice de notre Congrégation en transmettant le charisme de la Sainte-Croix aux communautés, par le témoignage, le service, la prière et l’accompagnement fraternel. C'est ce qu'ils apprennent lors des rencontres, des assemblées, des retraites et des visites des sœurs conseillères aux groupes, et qu'ils reproduisent à leur tour dans leurs milieux ecclésiaux, à commencer par leur propre famille. Ils savent qu’ils s’appuient sur le Christ et son Évangile, ainsi que sur l’exemple du père Théodose et de mère Bernarda, et sur la vie des premières sœurs. Dans ce chemin de partage, nous apprenons à porter la croix avec espérance, aider les autres à la porter, vivre le quotidien avec foi et joie, partager la foi en se soutenant mutuellement dans les bons comme dans les mauvais moments, servir l’Église à travers divers apostolats et animer la pastorale au sein de la paroisse. Un chemin d'espoir et d'avenir Sœur Mariela Sandoval

Magazine VIE/51 NOUVEAUX HORIZONS MISSIONNAIRES « C’est cet enracinement en Christ qui a conduit ceux qui nous ont précédés- des hommes et des femmes comme nous, dotés de dons et de limites semblables aux nôtres- à accomplir des choses qu’ils n’auraient peut-être jamais cru pouvoir réaliser, leur permettant ainsi de semer des graines de bonté qui, traversant les siècles et les continents, ont aujourd’hui atteint pratiquement le monde entier… » Le pape Léon XIV, 30 juin 2025

Magazine VIE/52 UNE ESP É RANCE SOLIDE POUR UN AVENIR TRANSFORM É Vingt-trois théologiennes venues du monde entier se sont réunies à Nemi, près de Rome, sous l’égide de l’UISG, après une année de dialogue en ligne. Titulaire d’un doctorat dans diverses disciplines, chacune d’entre elles s’est jointe à cette rencontre pour réfléchir à l’avenir de la vie consacrée à travers trois thèmes centraux : (1) La vie consacrée et le monde numérique ; (2) Les abus, le pouvoir et l’obéissance ; et (3) La synodalité. Ce colloque a créé un espace de dialogue intellectuel rare, libéré des rigidités traditionnelles, qui a permis d’échanger entre les cultures et les continents. Cette atmosphère a favorisé l’unité, l’encouragement et le soutien mutuel, renforçant la conviction que la vie consacrée reste un vecteur essentiel pour la diffusion du Royaume de Dieu. La vie consacrée et le monde numérique : S’inspirant du document de la Commission théologique internationale du Vatican, «Quo Vadis Humanitas ? » (Où vas-tu, humanité ?) et de Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, les participants ont examiné la manière dont l’intelligence artificielle, le transhumanisme et le posthumanisme remettent en question l’identité et la dignité humaines. Alors que la technologie était autrefois destinée à soutenir la vie humaine, l’intelligence artificielle tend aujourd’hui à remplacer les rôles humains, ce qui peut nuire à la société, en particulier aux plus démunis et aux plus vulnérables. Abus, pouvoir et obéissance : Les discussions ont mis en avant l’usage abusif de l’autorité au sein des instituts religieux, plutôt que les abus sexuels. Des études de cas ont révélé comment le pouvoir pouvait être exercé à des fins personnelles plutôt que pour le bien commun, ce qui posait de sérieux défis pour l’avenir de la vie consacrée. Synodalité : Les expériences partagées par des participantes de différents continents ont montré comment les pratiques synodales sont une source d’espérance et de renouveau. En favorisant la participation et le dialogue, la synodalité permet de lutter contre la rigidité hiérarchique et ouvre la voie aux jeunes générations qui souhaitent embrasser la vie religieuse.

Magazine VIE/53 Le symposium s’est ainsi transformé en un mouvement animé par l’Esprit, qui affirme que « les besoins de l’époque sont la volonté de Dieu ». En discernant les signes des temps, nous, femmes consacrées, sommes appelées à renouveler notre mission aux niveaux national, continental et international. Notre espérance collective n’est pas un simple optimisme, mais une conviction profonde que la vie consacrée, vécue avec authenticité, peut inspirer la société et l’Église vers un avenir plus humain. Notre vie consacrée doit être à la fois enracinée et transformante. L’enracinement dans les valeurs de l’Évangile, le charisme des fondateurs et les enseignements de l’Église garantissent la stabilité au milieu des turbulences sociétales. Pourtant, la transformation est tout aussi essentielle ; sans elle, la vie consacrée risque la stagnation. Ensemble, l’enracinement et la transformation créent un équilibre dynamique. Soeur Sandhya Manjaly Sud INDE Cultiver la VIE CONSACRÉE dans l’archidiocèse de Munich et Freising grâce à l’ESPÉRANCE de la Résurrection La profonde conviction de foi selon laquelle la mort n’a pas le dernier mot – mais bien la vie, car Jésus est ressuscité – me donne une grande espérance dans mon ministère au service de la vie consacrée au sein de l’archidiocèse de Munich et Freising. Certaines communautés âgées sont contraintes de vendre leurs maisons et d’emménager dans des maisons de retraite. Le fait que je les accompagne, que je les écoute et que je leur apporte des encouragements leur redonne l’espérance. Une communauté installée dans un couvent dédié à l’adoration perpétuelle ne compte plus aujourd’hui que trois sœurs, âgées respectivement de 88, 89 et 50 ans. Le Dicastère pour la Vie religieuse à Rome a révoqué l’autonomie de cette communauté et l’a confiée à notre archidiocèse. Chaque fois que je rends visite à ces sœurs, j’en retire moi-même un don. Les deux sœurs âgées ne se plaignent pas. Leur seul souhait est de trouver leur dernière demeure dans la crypte du couvent local et que la pratique de l’adoration se poursuive au sein du couvent. J’y découvre une profonde attitude d’espérance.

Magazine VIE/54 Avec l’accord de notre cardinal, je m’emploie à faire venir un groupe de sœurs des Philippines pour qu’elles s’installent dans ce couvent, afin que l’adoration et la vie monastique puissent se perpétuer. En collaboration avec mes collègues du service de l’urbanisme, nous réfléchissons à la manière dont ces grands bâtiments pourraient être aménagés et réaffectés. Cela exige du courage, de la confiance et une espérance tournée vers l’avenir. En avril, toutes ces sœurs sont venues passer un week-end à notre maison provinciale d’Altötting. Là-bas, elles ont bénéficié d’un accompagnement spirituel dispensé par Sœur Dr Sandhya Shency, membre de notre province du sud de l’Inde. Au cours de la messe dominicale, elles nous ont ravies, nous, les Sœurs de la Sainte-Croix, avec des danses et des percussions africaines, de la musique à la guitare philippine, de magnifiques chants, ainsi qu’une procession agrémentée de fleurs, de lumières et de danses, accompagnée de chants en malayalam. La diversité vivante de la vie consacrée au sein de l’Église universelle a également insufflé en nous une espérance nouvelle. Soeur Franziska Mitterer Province Allemande Un autre groupe important de religieuses est celui des sœurs originaires d’Afrique et d’Asie, dont la plupart travaillent dans le secteur de la santé. Grâce à des rencontres, des conversations et un soutien mutuel, elles sont encouragées à vivre leur vie religieuse avec joie, même dans une société très laïque comme celle de Munich.

Magazine VIE/55 La province suisse est confrontée à des défis de taille. En raison du manque de nouvelles vocations et de l'âge moyen élevé des sœurs (87 ans), une longue phase de planification menée par des professionnels a abouti à la décision d'ouvrir les ailes est et sud de la Maison mère à de nouvelles utilisations. Outre des logements abordables destinés aux personnes seules et aux familles, l’aile nord-est proposera un mode de vie en « cluster » (un modèle de logement partagé) qui accueillera ses premiers occupants au printemps prochain. À l'issue d'un processus de sélection en plusieurs étapes, nous avons trouvé une personne très motivée pour mettre en place cette communauté de type « cluster ». Elle a déjà commencé à recruter des personnes intéressées. La communauté disposera de 11 studios, ainsi que d'une cuisine commune, d'un salon, d'une buanderie et d'une salle de méditation. Les personnes intéressées se réuniront pour un premier atelier le 4 juillet. Voici quelques-uns des principes directeurs de la communauté : - Nous sommes des hommes et des femmes chrétiens, de confessions et de générations diverses, qui vivons sous un même toit et organisons notre vie quotidienne en plaçant Jésus-Christ au centre. » Nous continuons à exercer nos professions respectives. - Nous puisons notre inspiration dans l’œcuménisme vécu et les modes de vie communautaires, en cherchant Dieu dans ce lieu de prière et de vie en commun. Porteuses d’espérance au monde d’aujourd’hui LA VIE REBONDIT DANS LES ESPACES VIDES DE NOS MAISONS Un nouveau rêve pour les espaces de la Maison Mère à Menzingen

Magazine VIE/56 - Nous sommes attachés à la paix, à la réconciliation et à l’unité dans la diversité ; nous apprenons les uns des autres et nous nous encourageons mutuellement dans nos cheminements personnels. Les entretiens avec les personnes concernées ainsi que les principes directeurs de la communauté du groupe de logements montrent que notre héritage est perpétué jusqu’à nos jours par les résidents de ce groupe. Un lieu est en train de voir le jour où se rejoignent communauté et spiritualité et vie quotidienne. Nous, les sœurs, sommes ravies d’offrir un espace où de nouvelles formes de vie communautaire et de prière peuvent s’épanouir. Tout au long de ce processus, une déclaration de Sœur Simona Brambilla m’est restée très présente à l’esprit. Elle nous encourage à occuper une nouvelle place au sein de l’Église : « … nous voulons apprendre (…) à être ouvertes, à nous tenir aux côtés d’autres étoiles, et à être prêtes à habiter le ciel de la communauté. » Sr Ursula Wyss Province Suisse Il existe des lieux qui renferment une âme, des souvenirs, des expériences et des histoires de vie La beauté et la force d’un charisme capable de s’incarner dans nos maisons. Une expérience de « renaissance » à l’Institut de la Sainte-Croix à Sondrio, en Italie. Il existe des lieux qui recèlent une âme, des souvenirs, des expériences et des histoires de vie. L’un d’entre eux est l’historique Collège de l’Institut Sainte Croix de Sondrio, un espace créé pour protéger, éduquer et accueillir. Aujourd’hui, ces mêmes murs s’apprêtent à écrire un nouveau chapitre grâce à Ananthea, un projet de la coopérative sociale Apanthesis : une initiative d’économie civile profondément liée à l’identité spirituelle et à l’idéal originel des Sœurs de la Sainte-Croix, dont la mission a toujours été d’apporter la vie. Ananthea n’est pas seulement un lieu d’accueil ; c’est le fruit d’un parcours de prise en charge mutuelle, de relations entretenues et cultivées au fil du temps (né de la collaboration entre la coordinatrice Monia Copes et Valeria, aujourd’hui salariée de la coopérative et anciennement sa collègue à la Caritas de Côme). Le nom « Ananthea » (« fleurir ») est la promesse de ne pas laisser les espaces de bien-être s’éteindre, mais de trouver de nouvelles voies pour qu’ils continuent à être au service de l’être humain. Cet esprit se respire également dans le magnifique jardin intérieur, une oasis de paix qui pourra devenir un espace dédié aux hôtes de la maison.

Magazine VIE/57 Le cœur de la maison a commencé à battre durant l’été 2025, en accueillant 25 jeunes Ukrainiens dans le cadre du projet Caritas « C’est plus beau ensemble ». Aujourd’hui, la structure se prépare à endosser sa vocation définitive liée au tourisme social. En transformant une aile de l’Institut en maison de vacances à loyer modéré de 24 lits, Apanthesis offre une hospitalité inclusive, accessible et ouverte à toute personne en quête d’un séjour riche en valeurs humaines, tout en répondant avec souplesse aux besoins émergents de la Valteline. Protéger et accueillir ceux qui traversent le territoire est la manière la plus authentique de générer une nouvelle vie et de la stabilité. De plus, la réouverture des salles historiques pour les réunions des fondations locales fera de cet établissement un foyer permanent de synergies et d’idées au service du bien commun. Apanthesis est une coopérative sociale créée le 28 janvier 2004 avec un objectif précis : transformer l’assistance en accueil. Depuis l’ouverture de notre première communauté, le 15 février 2004, nous œuvrons chaque jour pour offrir dignité, soutien et chaleur humaine à ceux qui traversent des moments de fragilité. Nous croyons en une prise en charge qui ne se limite pas à la gestion des besoins, mais qui consiste à tisser des liens. Notre histoire est faite de visages, d’écoute et d’un engagement constant sur le territoire de Sondrio, où nous intervenons avec professionnalisme et dévouement. Monia Copes, Directrice de la coopérative & Valeria Giulaieva

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Magazine VIE/59 En réponse à l’appel du Chapitre général, qui nous invite à adopter un style de leadership synodal, enraciné dans notre charisme et guidé par le discernement spirituel, dans un climat de confiance mutuelle, de liberté intérieure et d’écoute attentive, nous nous sommes engagées à renforcer notre manière de cheminer ensemble. Cette invitation nous incite à promouvoir une communication réciproque entre les provinces d’Amérique latine et de Cunco afin de continuer à renforcer les processus collaboratifs qui favorisent la communion, ravivent notre charisme et consolident notre mission, tant au niveau communautaire qu’apostolique. En 2025, dans un climat d’espérance et gratitude, nos deux conseils provinciaux se sont réunis pour préparer la célébration des 125 ans de présence des Sœurs enseignantes de la Sainte- Croix en Amérique latine. Dans le cadre de ce processus, les deux provinces ont proposé des initiatives et des projets qui ont donné forme à un programme commun pour commémorer cet événement important. Les activités conjointes ont été l'occasion de se rencontrer, de partager des moments de joie et de renouveau. Cela a constitué un défi visant à renforcer notre sentiment d'appartenance et à poursuivre notre cheminement ensemble, dans un esprit de synodalité. Ce processus nous a invitées à ouvrir notre cœur, à cultiver une écoute attentive, à favoriser le dialogue fraternel et à accueillir avec respect la richesse de chaque province. Dans le cadre de ce cheminement, nous avons décidé d'organiser deux rencontres avec les supérieures des communautés des deux provinces : l'une à Nielol et l'autre à Cunco. Le thème central était le leadership dans une perspective synodale, sujet qui a suscité un vif intérêt et a donné lieu à un dialogue fraternel et à un discernement partagé. Ces rencontres ont été très enrichissantes et ont renforcé la communion entre les sœurs, tout en réaffirmant notre engagement à exercer un leadership toujours plus participatif, évangélique et ancré dans notre charisme. Nous avons organisé une rencontre avec les responsables laïcs, les directeurs et les représentants légaux de nos écoles et de nos établissements de santé, afin de réfléchir ensemble autour de trois axes : une vision commune, un leadership synodal et la construction de communautés au service de la mission. Cette rencontre a été accueillie avec beaucoup d'ouverture et de dialogue, débouchant sur un engagement concret au sein des communautés qu'ils dirigent. Nous, les deux provinciales, avons préparé ces rencontres avec dévouement et nous les avons accompagnées, ce qui nous a permis de renforcer notre leadership de manière très encourageante. Soeur Francisca Cossio e Sœur Gloria Poblete Muñoz MARCHER ENSEMBLE EN COLLABORATION SYNODALE

Magazine VIE/60 Le chemin que les deux provinces d’Amérique latine et Cunco ont fait ensemble, m’a permis d'apprécier cette expérience partagée. Ces rencontres ont été enrichies par l’ouverture d’esprit, la volonté de dialoguer et un sentiment commun de spiritualité. Je ressens le besoin de continuer à cheminer ensemble, avec une espérance et une joie renouvelées, pour nous accompagner dans la mission et raviver notre charisme. Soeur Valeska Quinan Sánchez, Conseillère, Province d’Amérique latine, Chili. RENCONTRES DE DIRECTION : SUPÉRIEURES ET ÉQUIPES DE DIRECTION SCOLAIRE DES PROVINCES DU CUNCO ET D’AMÉRIQUE LATINE Depuis plus d'un an, Sœur M. Pius Lesaoana, soeur de la province du Lesotho, collabore avec les Sœurs du Cap pour prendre soin des personnes âgées. Elle est également la formatrice de la jeune sœur Clarissa. Voici un article qu'elle a écrit avec Sœur Elizabeth, soeur de la Maison du Cap. Soucieuses de dépasser les barrières culturelles, elles expliquent comment leur mission commune peut susciter l'espoir au quotidien. UN MINISTÈRE SACRÉ QUI NOUS A ÉTÉ CONFIÉ PAR DIEU Le charisme des Sœurs de la Sainte-Croix, axé sur l’apport d’une vie nouvelle et d’une espérance à travers le mystère de la croix et de la résurrection de Jésus-Christ, nous appelle à promouvoir la vie partout où elle est menacée. Conscientes que la vieillesse peut être source de solitude, de fragilité, de perte de mémoire et d'un sentiment de perte d'autonomie, nous nous engageons à protéger la dignité de chaque sœur âgée et à affirmer que sa vie reste précieuse et féconde.

Magazine VIE/61 Nous sommes conscientes que prendre soin de nos sœurs âgées est un ministère sacré que Dieu nous a confié. Ce ministère exige de la patience, de la compassion, de la tendresse et un cœur aimant. Au fil des années, bon nombre de nos sœurs sont confrontées aux défis naturels du vieillissement : perte de mémoire, douleurs physiques, troubles auditifs et baisse de la vue. Ces changements peuvent ralentir leurs activités quotidiennes, mais ils n'entament en rien leur dignité ni la valeur inestimable de leur vie. Chaque jour offre une nouvelle occasion de les accompagner avec amour et respect : un simple geste de bienveillance, les aider dans leurs tâches quotidiennes (cuisiner, nettoyer leur chambre), les écouter attentivement, leur offrir un sourire rassurant et marcher à leur rythme ; tout cela devient une expression puissante de la présence compatissante du Christ. Nous sommes convaincues que, même si elles se déplacent lentement ou oublient des détails de leur vie familiale, elles continuent de nous inspirer par leur foi, leur persévérance et le témoignage de leur vie fidèlement consacrée à Dieu. Notre ministère va au-delà des soins physiques. Le soutien émotionnel est tout aussi important : prendre le temps de les écouter, les encourager et leur donner le sentiment d'être valorisées et intégrées leur apporte réconfort et joie. L’accompagnement spirituel demeure au cœur de notre service. Nous prions ensemble, lisons la Parole de Dieu, célébrons l’Eucharistie et pratiquons l’adoration une fois par semaine. Nous approfondissons notre relation avec Dieu, les aidant à comprendre que même dans les moments de faiblesse et d’échec, la grâce divine continue de les soutenir, emplissant leurs cœurs de paix et d’espérance. En prenant soin d’elles, nous sentons que, par ce ministère, nos sœurs aînées nous enseignent la patience, l’humilité, la gratitude et une confiance inébranlable en la providence divine. Leurs vies nous rappellent que chaque étape de la vie a sa beauté et son sens : nous croyons qu’elle portera du fruit. Prendre soin des sœurs âgées est l'une des expressions les plus authentiques de notre charisme, car elle reflète notre engagement à nous tenir au pied de la Croix pour promouvoir la vie et proclamer l'espérance de la résurrection. Soeurs Elizabeth W.& M.Pius Lesaoana

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Magazine VIE/63 Parler de la Sainte Croix à Rio Bueno, c’est aussi parler de ma propre vie. Depuis plus de 30 ans, j’ai grandi au sein de cette communauté où j’ai appris que l’éducation est un service et que l’Évangile prend vie dans l’amour, l’espérance et la générosité. Mes enfants ont également été formés ici et ont intégré les valeurs qui les accompagnent aujourd'hui. Au cours de ces 125 années, la Congrégation a accompagné des générations d'élèves et de familles, de l'ancien internat qui fut un véritable foyer pour de nombreuses jeunes filles, aux défis de l'enseignement mixte et de l'inclusion, en répondant toujours avec bienveillance et accueil. Tout cela a été possible grâce à la vocation et au dévouement des quatre premières sœurs qui sont arrivées dans cette ville et ont répondu avec courage à l’appel de Dieu pour semer l’espérance là où il était le plus nécessaire. Revenir aujourd’hui là où tout a commencé, c’est renouer avec les racines d’une mission qui suscite l’engagement, renforce l’identité et pousse à continuer de construire son héritage. Leur charisme et leur spiritualité m’ont profondément inspirée et m’ont amenée à considérer cette œuvre comme la mienne. C'est la Sainte-Croix qui m'a vue grandir, dès que j'ai franchi ses portes pour la première fois. C'est ici que j'ai été formée, accompagnée et accueillie ; c'est ici que j'ai découvert ma vocation de service. C’est ainsi qu’est né un amour profond que je ressens aujourd’hui comme le mien, un amour qui me pousse à prendre soin de cette œuvre, à la servir et à donner le meilleur de moi-même chaque jour. Je suis profondément reconnaissante, car la Sainte-Croix a marqué ma vie familiale, professionnelle, personnelle et spirituelle. Aujourd’hui, je célèbre ces 125 ans avec la certitude que la Sainte-Croix est une mission partagée et une part indissociable de ce que je suis. Gilda Pérez Bustos Ancienne directrice du Management et de la Leadership Parler des Sœurs de la Sainte-Croix à Rio Bueno, c’est aussi parler de ma propre vie

Magazine VIE/64 PRÉSENCE CRÉATIVE DES LAÏCS DANS LA MISSION Le Saint-Esprit, à travers les réalités concrètes de l’histoire, nous ouvre de nouvelles voies pour mener à bien notre mission grâce à une collaboration plus étroite avec les laïcs. Aux côtés des laïcs, nous souhaitons insuffler une vie nouvelle grâce au don spécifique et unique de notre charisme…

Magazine VIE/65 En tant qu’ancien élève, parent d’élève actuel et directeur laïc du De La Salle Holy Cross College, nommé par les Sœurs de la Sainte-Croix et les Frères de La Salle, j’ai eu la chance de découvrir le charisme de la Sainte-Croix sous de multiples angles. J’ai pu constater que son plus grand don n’est pas simplement l’éducation, mais une espérance qui se vit, dont on témoigne et qui, par la grâce de Dieu, se transmet d’une génération à l’autre. Aux yeux du monde, l’influence se mesure souvent au nombre d’abonnés, à la popularité et aux algorithmes. Les Sœurs de la Sainte-Croix ont enseigné à notre communauté d’autres définitions de l’influence et de l’héritage. Leur foi profonde, leur service humble et leur engagement inébranlable envers les autres continuent d’influencer et d’inspirer, offrant un exemple concret d’altruisme et de dévotion authentique à Dieu. À l’instar de saint François d’Assise il y a huit siècles, et de saint Carlo Acutis à notre époque, les Sœurs de la Sainte-Croix nous rappellent que la véritable influence se mesure à la vie que nous menons en nous rapprochant du Christ. La devise de notre école, « Soyez les premiers à vous mettre au service des autres », est plus qu’une simple aspiration : c’est ainsi que l’espérance se concrétise pour nos enfants. Je le constate lorsque nous nous réunissons pour la Sainte Messe, que nous récitons le chapelet, que nous célébrons les jours de fête et que nous incarnons les valeurs de l’Évangile dans nos attentes et nos activités quotidiennes. Je le ressens lorsque la prière et la compassion deviennent le cœur battant de notre école. Je le sais lorsque nos élèves sortent volontairement de leur zone de confort pour servir ceux qui se trouvent en marge de la société. Dans ces moments-là, les jeunes qui nous sont confiés découvrent que l’espérance grandit lorsqu’elle est partagée. Les écoles doivent sans cesse s’adapter et évoluer, mais elles ne doivent jamais négliger les racines d’où naissent leurs fruits. Face à tant de changements autour d’eux, les jeunes ont besoin de certaines constantes dans leur vie, qu’ils peuvent trouver chez les adultes en qui ils ont confiance et dans le caractère sacré de l’Église. L’ESPÉRANCE VÉCUE, TÉMOIGNÉE ET TRANSMISE AUX NOUVELLES GÉNÉRATIONS

Magazine VIE/66 En tant que gardiens de notre charisme, nous devons nous rappeler que les enfants apprennent la foi, la paix et l’espérance moins par nos paroles que par notre manière de vivre. Nous avons constaté à quel point un accompagnement sincère et la confiance créent un environnement où l’espérance est nourrie et peut s’épanouir. Il s’agit d’un environnement particulier qui va au-delà de l’éducation. Chaque prière dans notre école commence par : « Souvenons-nous que nous sommes en la Sainte Présence de Dieu. » Sa présence est notre espérance. Elle nous assure que la lumière est toujours plus forte que les ténèbres et que la persévérance naît de la foi. Si les jeunes quittent l’école avec d’excellents résultats mais ne découvrent jamais qu’ils sont des enfants bien- aimés de Dieu qui ne doivent jamais perdre l’espérance, avons-nous vraiment réussi ? Comme j’en ai fait l’expérience personnellement, le plus grand héritage et la plus grande influence d’une école de la Sainte-Croix résident peut-être dans le fait d’aider les enfants à voir le monde à travers les yeux du Christ, afin qu’eux aussi s’efforcent de devenir porteurs de cette même espérance pour les autres. Mr Neil Berndsen De La Salle Holy Cross College, Victory Park, Johannesburg, Afrique du Sud Le charisme de la Sainte-Croix se perpétue à travers les laïcs En tant que secrétaire de l’Association laïque de la Sainte-Croix au Sri Lanka, moi, Mme Santhanalnayaki Croos, j’ai une grande joie à partager nos expériences avec votre bulletin. Je vous écris depuis le magnifique village côtier de Thalvupadu, situé dans le district insulaire de Mannar, au Sri Lanka. L’Association laïque de la Sainte-Croix a été fondée au Sri Lanka en 2016. Aujourd’hui, notre association s’est développée et compte environ 150 membres répartis dans cinq diocèses. En tant que laïques engagées, nous sommes ravies de servir aux côtés des Sœurs avec un dévouement absolu.

Magazine VIE/67 Nous sommes très fières du fait que, même si bon nombre de nos membres sont d’un âge avancé, ils se portent toujours bénévoles pour servir avec enthousiasme. Riche en activités spirituelles profondes, nos réunions régulières comprennent le récit du chapelet, la lecture de l’Évangile et la méditation de la Parole de Dieu sous la direction des Sœurs de la Sainte-Croix. De plus, des services de prière préparatoires sont organisés dans divers couvents pendant les trois jours précédant la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Ce triduum s’achève par l’exposition du Saint- Sacrement et les bénédictions des Révérends Pères — une période de profonde dévotion qui reflète magnifiquement la vie exemplaire des Sœurs. Célébrer la Sainte Messe le jour de la fête à leurs côtés reste pour nous toutes un moment profondément inspirant. Au-delà de nos rassemblements spirituels, nous participons activement à l’œuvre apostolique. Nous nous rendons dans les hôpitaux, les maisons de retraite et au domicile des malades pour leur apporter du réconfort, discuter avec eux et prier à leurs côtés. Grâce aux modestes contributions des sœurs, de nos membres et de généreux bienfaiteurs, nous identifions et tendons la main aux personnes abandonnées, aux personnes âgées isolées et aux enfants orphelins. Sur chaque site, une sœur dévouée assure la direction et s’acquitte avec brio de ces responsabilités. De plus, le fait de nous rendre au domicile de patients atteints de cancer pour prier et passer un moment privilégié avec eux constitue un exemple inspirant de notre mission. Ces actions témoignent véritablement de notre ministère laïc. Ces activités nous touchent souvent profondément, nous aidant à transformer nos propres vies et à apporter de l’espérance à ceux qui l’ont perdu dans notre société. Afin de maintenir vivant le charisme des Sœurs de la Sainte-Croix, nous estimons qu’il est essentiel de: • Apporter un soutien psychologique et spirituel aux personnes touchées par la guerre et à celles qui sont aux prises avec une dépendance, en accordant une attention particulière aux jeunes et aux enfants. • Favoriser le dialogue interreligieux afin de promouvoir l’harmonie entre les différentes communautés. • Proposer une éducation morale afin de guider et d’ancrer la jeune génération. • Vivre en tant que témoignage joyeux afin d’attirer de nouvelles vocations vers la vie religieuse. Ensemble avec les Sœurs, nous travaillons sans cesse pour amener les autres tout près de notre Seigneur, Jésus-Christ. Mrs. Santhanalnayaki Croos

Magazine VIE/68 En tant qu’enseignante au lycée Bicentenario de Excelencia Politécnico de la Santa Cruz de Cunco, situé dans la région de l’Araucanie, au Chili, je tiens à souligner que le travail aux côtés des sœurs m’a permis de me rapprocher de la foi, ce qui n’aurait peut-être pas été possible dans d’autres circonstances. En effet, au départ, ma formation d'enseignante dans un établissement religieux nous rapprochait de Dieu. Depuis 1990, mon parcours au sein de cet établissement est l’expression constante d’une vocation et d’un engagement au service des autres, avec 36 ans d’expérience dans cette institution. J’ai commencé ma carrière en tant que professeure d’arts plastiques et j’ai également occupé des fonctions de direction, en coordonnant d'abord les filières d’artisanat, puis de design et de mode. Suite à la restructuration de ces domaines au sein du système éducatif, j'ai suivi une formation post-diplôme en « Technologie et Environnement » et j'enseigne actuellement la technologie et les arts visuels. En tant que collaboratrice laïque, ma philosophie éducative est axée sur la transformation sociale par le biais des valeurs fondamentales. Je crois fermement que l’éducation est l’outil principal permettant de changer la vie des jeunes les plus vulnérables, à condition que les familles s’engagent à transmettre des valeurs. Consciente que la structure familiale a évolué — où l'on voit aujourd'hui des grands-parents ou des frères et sœurs aînés assumer l'éducation des enfants —, notre rôle consiste à fortifier ces âmes vulnérables. Notre objectif est qu'ils ne restent pas prisonniers de la douleur, mais qu'ils voient en Dieu une source d'énergie capable de transformer la souffrance en objectifs clairs pour un avenir meilleur. À titre de suggestion, il serait opportun d'ouvrir notre action à la communauté dans laquelle nous sommes immergés en l'associant à nos réussites, et si nécessaire, de réduire les journées consacrées au contenu pédagogique afin que les élèves puissent profiter des activités de la congrégation et diffuser le message par des actions concrètes.On pourrait également contribuer à cette démarche en mettant l’accent sur le renforcement des valeurs familiales, car celles-ci constituent le pilier fondamental de la société et de la formation de nos jeunes. La mission que nous partageons avec les religieuses vise à étendre le Royaume de Dieu par le biais d’une éducation intégrale alliant excellence académique et valeurs évangéliques. Pour renforcer cet impact, il est essentiel d'intégrer les laïcs à des postes de direction et à la vie de la congrégation, en favorisant une foi cohérente et engagée. Enfin, je propose de privilégier la formation humaine au contenu technique, en travaillant avec de petits groupes d'élèves motivés pour qu'ils deviennent de véritables « agents de changement positif » dont la société a besoin. Mireya Arzola Escobar FORMER DE « VÉRITABLES ACTEURS DU CHANGEMENT » DANS LA SOCIÉTÉ

Magazine VIE/69 Nous sommes profondément impressionnés par le travail accompli par les Sœurs au cours des 182 dernières années. Il est remarquable de constater ce qu’elles ont bâti, la manière dont elles ont façonné des régions entières et le bien durable qu’elles ont laissé derrière elles. Poursuivre cette mission est un grand privilège et, en même temps, implique une responsabilité considérable. En tant que laïcs, notre tâche consiste à perpétuer l’œuvre des Sœurs et les institutions qu’elles ont fondées, en agissant en tant qu’intendants dans l’esprit et la philosophie qui les ont guidées. Cela s’applique à la gestion des actifs matériels (tels que les ventes immobilières judicieuses et les investissements de capital durables) et à leur développement responsable, ainsi qu’au respect des valeurs qui étaient chères aux Sœurs et qu’elles incarnaient elles-mêmes. Le lien qui nous unit, le personnel et les sœurs, est notre déclaration de mission. Elle consacre nos valeurs fondamentales et définit notre approche en matière de gestion des actifs, des personnes et du capital. C’est à l’aune de ces normes que nous sommes évalués, et elles continueront à guider nos actions à l’avenir. Thomas Odermatt Directeur général, Institut Menzingen À L’HÉRITAGE CHARISMATIQUE des Sœurs de la Sainte-Croix CULTIVER C’EST FAIRE PORTER DES FRUITS Depuis sept ans, j’ai le privilège d’occuper le poste de directeur général chargé des activités des Sœurs de la Sainte-Croix (Institut Menzingen). Mon rôle englobe la gestion et le développement de divers secteurs d’activité, notamment les soins aux personnes âgées, la gestion de la santé, l’immobilier, ainsi que la gestion du capital et des réserves foncières. À l’heure actuelle, l’organisation emploie plus de 130 personnes. La gestion et l’organisation des activités quotidiennes nécessitent une équipe de direction compétente, dont les membres assument ces tâches dans leurs domaines respectifs.

Magazine VIE/70 Je perçois les sœurs comme des femmes dotées d’une vision impressionnante, portées par le courage et une force tranquille mais palpable. Je suis profondément émue de voir comment, à une époque où l’éducation des femmes n’allait pas de soi, elles ont su créer des espaces où l’apprentissage, l’épanouis- sement et l’autonomie pouvaient s’épanouir. En agissant ainsi, elles ont non seulement façonné des vies individuelles, mais ont également contribué de manière significative à l’évolution du rôle des femmes au sein de la communauté. Je trouve particulièrement frappant que leurs actions soient toujours orientées vers le bien-être de la communauté. Elles ne se contentent jamais de traiter des questions ponctuelles ; elles tiennent compte du contexte plus large et visent à créer une valeur durable pour le plus grand nombre. Cette attitude me semble lucide, responsable et profondément humaine. Je suis également fascinée par leur ouverture à la nouveauté. Elles n'abordent pas le changement avec hésitation, mais avec une clairvoyance et un courage remarquables pour façonner activement l'avenir. Ainsi, elles allient naturellement la tradition à un esprit de progrès. Grâce à leur travail, elles continuent d'être de véritables pionnières pour les femmes modernes, actives et autonomes. Leur exemple m’inspire : il démontre l’immense pouvoir d’une éducation qui donne les moyens d’agir, du renforcement de la communauté et de la capacité d’aller de l’avant en gardant l’esprit ouvert. Seraina Rissi directrice St Franziskus- Menzingen Allier naturellement tradition et innovation Les sœurs n’abordent pas le changement à contrecœur, mais avec une remarquable clairvoyance et le courage de façonner activement l’avenir.

Magazine VIE/71 « Aujourd’hui, l’Église vous demande d’être des témoins privilégiés dans les différentes dimensions de votre vie, avant tout en marchant en communion avec toute la grande Famille de Dieu » Pape Léon XIV, Jubilé de la Vie Consacrée 2025

Magazine VIE/72 La technologie est un outil puissant, mais elle ne doit jamais se substituer à la sagesse, à la compassion, à la liberté et à la profondeur spirituelle, qui sont au cœur de notre humanité. Pour nous, sœurs de la Sainte-Croix, cette invitation soulève une question importante : comment raviver la flamme de notre charisme dans cette nouvelle réalité ? Nos fondateurs et fondatrices ont su répondre avec créativité et courage aux besoins de leur époque. Aujourd'hui, nous sommes appelées à faire de même. Les défis et les opportunités que présente l’intelligence artificielle ne doivent pas nous inciter à fuir par peur ni à adopter l’innovation sans discernement, mais à réfléchir à la manière dont notre charisme peut continuer à servir la mission de Dieu dans le monde. À une époque où beaucoup sont confrontés à la solitude, à la désinformation, à l'exclusion et à une perte de sens, notre vie consacrée doit témoigner de valeurs que la technologie ne peut engendrer : la communion, la compassion, la sagesse et l'espérance. Notre charisme se ravive chaque fois que nous plaçons la dignité humaine au cœur de notre mission, que nous favorisons des relations authentiques, que nous accompagnons les plus vulnérables et que nous créons des espaces où les personnes peuvent rencontrer Dieu et se rencontrer les unes les autres. Guidés par l’Esprit et inspirés par la vision d’une « Humanité magnifique », nous sommes encouragés à devenir des individus dotés d’un esprit critique, capables de promouvoir la culture numérique, la conscience éthique, la réflexion critique et une approche responsable des technologies émergentes. Comme nous y invite le pape Léon XIV : « Il ne s’agit pas d’un choix concernant notre avenir, mais notre présent, car l’intelligence artificielle et les autres technologies émergentes font déjà partie de notre quotidien ». Sr Betty Mukonkela Conseillère générale En avril, en tant que Conseil général, nous avons participé au webinaire « Un temps d’écoute sur la mission éducative de l’Église », un colloque international organisé par l’UISG, l’USG et le Dicastère pour la culture et l’éducation, qui s'est tenu à Rome le 30 avril 2026. Le conférencier principal était le cardinal José Tolentino de Mendonça, préfet du Dicastère pour la culture et l’éducation. À la lumière de cette encyclique, l’Église est invitée à mener une réflexion approfondie sur la place de la personne humaine à une époque de plus en plus marquée par l’intelligence artificielle et les technologies numériques. Le Saint-Père nous rappelle que tout progrès technologique doit rester au service de la dignité humaine, du bien commun et de l'épanouissement authentique de l'être humain. NOTRE CHARISME & MAGNIFICA HUMANITAS RÊVER DE NOUVELLES FAÇONS D’ÉDUQUER ET D’ÉVANGÉLISER

Magazine VIE/73 Au cours de ce symposium, les défis auxquels l'éducation est confrontée à notre époque ont été mis en évidence, notamment sur le plan spirituel. Parallèlement, nous avons été invités à prendre conscience que ces difficultés constituaient une occasion de cultiver la confiance et l’espérance en croyant en la force des charismes présents au sein de chaque congrégation et de l’Église. Un horizon de possibilités s'ouvre à nous si nous osons imaginer de nouvelles formes d'éducation qui répondent aux besoins actuels de la société : savoir écouter, renouveler les relations interpersonnelles, être une présence significative et prophétique, avoir une vision partagée, promouvoir l'éducation à la paix et à la culture de la vie intérieure. Nous sommes appelés à évangéliser par l’éducation, en traduisant de manière créative l’inspiration originelle de nos fondateurs dans un langage clair et compréhensible pour la société actuelle. Les écoles doivent être des lieux où l’Évangile est vécu et où sont créées les conditions permettant de transformer la vie des personnes, non seulement celle des élèves, mais aussi celle des laïcs avec lesquels nous partageons notre vie, notre vocation d'éducateurs et la transmission de notre charisme. Aujourd'hui, nous avons besoin d'imagination et de passion pour entreprendre de nouvelles choses et renouveler ce qui existe déjà. Nous vous invitons à partager avec les autres les échos, les idées et les aspirations que ce thème suscite en vous. Sr Orfilia Mendoza Conseillère générale Le pape Léon XIV invite les jeunes à ancrer leur vie dans une relation authentique et personnelle avec Jésus. Le véritable témoignage chrétien, observe-t-il, ne naît pas d'obligations extérieures ni d'une propagande idéologique rigide, mais s'épanouit organiquement d'une transformation intérieure qui jaillit de la communion et de l'amitié quotidiennes avec le Christ. Les jeunes sont privilégiés pour construire une culture de fraternité. On ne peut témoigner sans être en communion avec sa communauté. La mission d'évangélisation s'accomplit au mieux lorsque le témoignage individuel est nourri par le soutien mutuel de la communauté. Ainsi, chaque jeune a un rôle à jouer dans une Église qui chemine ensemble, écoute et accompagne. Les jeunes sont donc invités, dans la foi et l'espérance, à affronter les réalités du monde avec courage, créativité et un amour qui ne se contente pas du confort, mais qui agit. L'Église a toujours été appelée à réfléchir à la formation des jeunes et à les accompagner dans leur discernement vocationnel. Dans un contexte de tensions multiples : culture dominante, idéologies concurrentes, individualisme et pression de l'instabilité virtuelle et morale, la jeune génération d'aujourd'hui attire l'attention du monde entier. LES JEUNES : UN TÉMOIGNAGE PUISSANT D’ESPÉRANCE

Magazine VIE/74 En effet, l'un des cinq thèmes qui seront abordés lors de la rencontre convoquée par le pape Léon XIV à Rome, au Vatican, du 7 au 14 octobre 2026 – avec les chefs des Églises catholiques orientales et les présidents des Conférences épiscopales – est consacré à l'écoute des jeunes et à la manière de les guider dans la découverte de la valeur de leur vocation au mariage. En tant que femmes engagées de la Famille religieuse de la Sainte-Croix, nous puisons la force motrice de notre témoignage chrétien dans l'Espérance, qui fait naître une vie nouvelle là où les rêves de chaque jeune vulnérable sont brisés et blessés dans les moments difficiles de la vie. Nous souhaitons accompagner chaque jeune afin qu'il devienne « un témoignage fort qui suscite l'espérance ! » Sr Prisca Michael Conseillère générale Nos sœurs âgées deviennent nos maîtresses, nous révélant que la sainteté s’épanouit à travers la persévérance, le sacrifice et une fidélité discrète. Leurs mains fragiles ont porté des générations dans la prière, et leur témoignage fidèle continue d’attiser le feu de notre mission. Dans un monde qui mesure souvent la valeur à l’aune de la productivité et de la rapidité, nous sommes appelées à créer des communautés où chaque personne âgée est accueillie, écoutée et chérie. En marchant à leurs côtés, nous entretenons une relation vivante avec Dieu et les unes avec les autres, permettant ainsi à une vie nouvelle de s’épanouir en nous-mêmes, au sein de nos communautés et dans notre mission. Puisse cette Journée mondiale renouveler notre engagement à former une famille synodale qui ne laisse jamais personne de côté. Devenons des signes vivants de la promesse de Dieu et source d’espérance. « Je ne vous oublierai jamais. » En rendant hommage à nos grands-parents et aux personnes âgées, en particulier à nos sœurs aînées qui ont fait preuve d’un exemple extraordinaire, nous ravivons la flamme de l’amour, de la gratitude et de l’espérance qui maintient notre charisme vivant et rend visible la présence compatissante du Christ dans le monde d’aujourd’hui. Sr Robina Paulin Conseillère générale La Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées nous invite à redécouvrir une belle vérité au cœur de notre foi chrétienne : personne n’est oublié aux yeux de Dieu. Le pape Léon XIV nous rappelle que chaque personne âgée est gravée sur les paumes des mains de Dieu et enveloppée de son amour inébranlable. Leurs vies ne sont pas des récits fanés du passé, mais des chapitres vivants de la fidélité de Dieu, qui continuent d’inspirer l’Église par leur sagesse, leur prière et leur espérance. « JE NE T’OUBLIERAI JAMAIS » (Isaïe 49, 15)

Magazine VIE/75 Nos remerciements les plus sincères … Images publiées La plupart des photos et images publiées ont été fournies par les auteurs des articles. D’autres proviennent de Pixabay, un site proposant des photos libres de droits. Certaines ont été générées à l’aide des programmes ChatGPT et Copilot. « Nous sommes appelés non pas à défendre un héritage, mais à explorer un avenir. Notre charisme n’est pas un trésor à enterrer, mais une graine à semer dans la terre. » Card. Timothy Radcliffe * À toutes les sœurs des différents continents qui ont apporté leur contribution au nom de leur province ou de leur maison. * À tous les collaborateurs laïcs qui ont partagé avec nous leurs réflexions et leurs sources d’inspiration * À nos chères traductrices: Daniella Persia, Sr Antje Eichhorn OSB et Jennifer Neuhann * Aux correcteurs : Soeur Ursula Wyss, Soeur Margaret Donovan, Soeur Agnese Ambrosetti, Soeur Elia Cumiquir et Daniella Persia “VIE” MAGAZINE 2026 Rédacteur du magazine : Gouvernement Général des Sœurs de la Sainte-Croix

Magazine VIE/76 Sœurs de la Sainte Croix Génératrices d'Ésperance